ACCEPT : « Breaker » (c) 1981

ACCEPT : « Breaker » (c) 1981

Breaker
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Publié: 16/03/1981

Autant certaines légendes du hard avaient réussi un coup d’éclat dès leur 1er album album tels Black Sabbath, Iron Maiden ou Led Zeppelin … autant cela fut plus compliqué pour les Judas Priest, Scorpions ou Accept. Au sujet de ces derniers, leur 1er opus n’était pas mauvais mais disons qu’il n’était pas mémorable et sans véritablement d’identité forte. On entendait que le groupe se cherchait encore musicalement … ce dont leur maison de disques se rendit compte et décida de leur mettre la pression en leur demandant de composer du matériel plus accrocheur et soft .. il en résulta un disque bancal, « I’m A Rebel » que je trouve en dessous du 1er. Et c’est certainement ces difficultés et cette frustation de ne pas mettre sur micro sillions la musique qui leur tenait à coeur que les 5 allemands mirent les bouchées doubles bien aidés par Michael Wagener pour composer des titres qui allaient enfin définir la musique du groupe, à savoir un heavy metal aux guitares tranchantes tantôt speed, heavy et même quelques fois séducteur. Et la mutation ne s’arrêtait pas là car le chanteur Udo Dirkschneider adopta définitivement le type de voix qui allait faire sa légende, à savoir une voix éraillée comme si passée au papier de verre faisant passer Brian Johnson pour un chanteur à la croix de bois ! La grande force de ce 3ème album est sa cohésion, son équilibre, sa ligne directrice artistique enfin claire. Il y n’a pas tromperie sur la marchandise et nous les hardos nous nous y étions retrouvés … même au delà de nos espérances tant ce « Breaker » est un condensé de hard rock ou heavy metal survitaminé et surtout tellement accrocheur et addictif. Car la grande très force de ce LP sont ses compositions. Pas un seul temps faible et au contraire nous avons affaire ici à une succession de hits allant du nerveux « Starlight » servi en entrée avec ce riff remuant et entrainant de Hoffmann et Fischer, Udo qui ne prend pas de gant et met tout sur la table comme lors de ce refrain où il pousse sa voix comme un malade ….Et bien sûr ce heavy est illuminé par les parties de guitares tellement fambloyantes de Wolf Hoffmann comme lors de ce solo avec déjà des clins à la musique classique. Pas le temps de reprendre son souffe que l’hymne speed « Breaker » déboule menée par la pédale de double grosse caisse de Kaufmann, les riffs tranchant des 2 six cordistes, la basse très présente de Baltes et bien sûr cette voix unique d’Udo alors au sommet de son talent et aussi de son inspiration car pour moi, les lignes mélodiques du rouquin sont ici les meilleures qu’il ait jamais composées. Et tout l’opus est du même accabit enchainant les pépites heavy tellement aguicheuses qu’on y revient toujours encore 40 ans après telles « Run If You Can », le génial et sous estimé mid tempo « Feelings », le provocateur « Son Of A Bitch » (dont le refrain fut censuré dans quelques pays à la sortie de l’album), l’hymne heavy rock « Burning » si entrainant qui fera un malheur en concert durant les décennies qui allaient suivre, le plus soft mais tout aussi réussi « Midnight Highway » ..et même lorsque le groupe levait le pied, c’était avec une classe énorme et un feeling donnant le frisson comme sur la power ballade magnifique « Can’t Stand The Night » avec une prestation vocale d’Udo tout simplement incroyable poussant comme jamais sa voix … A chaque fois que j’écoute ce titre, j’ai les poils qui se hérissent ! Et puis il y a ce très beau moment acoustique tout en douceur qu’est « Breaking Up Again » durant lequel Udo cède le micro à Peter Baltes et sa très belle voix si mélancolique et touchante (la 3ème fois pour le bassiste après « Seawinds » sur le 1er album et « The King » sur « I’m A Rebel »). Un mot aussi aussi sur la production au top signée Wagener qui donnait enfin le son que méritait le groupe, à la fois clair et puissant, et aussi quelle pochette marquante et provocatrice qui nous a toutes et tous marqué lorsque nous étions ados.
En 10 titres, ACCEPT faisait enfin son entrée dans la cours des grands avec son 1er chef d’oeuvre et le 1er d’une trilogie légendaire qui allait marquer des générations de fans de musiques énervées et de Flying V (arff ce verso de la pochette ❤ ).
Un must !

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