ACCEPT : « Metal Heart » (c) 1985

ACCEPT : « Metal Heart » (c) 1985

Metal Heart
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Publié: 04/03/1985

Le 4 mars 1985 sortait « Metal Heart » d’ ACCEPT, avec sa pochette qui a marqué plus d’un hardos à l’époque ! (dont moi !!!)
Le groupe était alors au zénith de sa popularité et venait de sortir une trilogie imparable (« Breaker », « Restless & Wild », « Balls To The Wall ») les ayant propulsé parmi les leaders du heavy européen.
Leur dernière tournée les avait vu ouvrir pour les plus grands aux US (Iron Maiden) et en Europe lors des plus grands festivals (Monsters Of Rock en Angleterre et en Allemagne avec AC/DC en tête d’affiche) et leur « Balls To The Wall » avait décroché un disque d’or au pays de l’Oncle Sam. Le courbe de popularité soudaine des allemands ressemblait à celle d’un certain groupe de l’East End Londonnien et leur maison de disque pensa que c’était le moment de mettre le paquet sur leur poulain pour en faire les nouveaux Maiden ou Scorpions qui venaient d’exploser aux US en terme de popularité. Donc exit les prod faites maison et welcome un grand producteur pour le prochain album, Dieter Dierks artisan du succès récent de « Love At First Sting » .. et son mot d’ordre allait être efficacité, accroche et musique plus calibrée afin de faire succomber un max d’américains ! Et dès la 1ère écoute de « Metal Heart » on comprenait la démarche du groupe et du producteur : les angles avaient été arrondis, sur certains titres le groupe avait clairement levé le pied en vue de passer sur les ondes radios comme sur « Screaming For A Love Bite », « Midnight Mover » avec même un Udo hurlant bien moins sur les refrains, le son se voulait également moins heavy mais quelle sacrée qualité du son pour l’époque (il a un peu vieilli) … mais attention, cette acalmie n’était que légère car la musique d’Accept restait toujours heavy et on était très loin d’un hard FM, soyons clairs ! Ainsi le brûlot speed « Wrong is Right » déboule 200 km/h toutes guitares dehors avec un Udo hurlant de sa voix éraillée comme un malade, « Up To the limit » envoie la sauce dans un mid-tempo avec un riff costaud et entêtant avec une sacrée performance d’Udo à la fois charmeur et énervé avec toujours cette voix hérissant le poil (rarement il n’aura eu autant sa voix éraillée que sur cet album), « Too High To Get It Right » possède un groove incroyable et un côté assez rock dans les couplets à la AC/DC et puis ce refrain avec ces énormes choeurs qui sont présents sur tout l’album et étant l’une des grosses nouveautés pour le groupe). Le quintet varie également les ambiances comme sur l’inquiétant « Dogs On Lead », avec cette intro et cette basse entêtante, cette guitare en sons clairs (un p’tit air western), la voix d’Udo tout en retenu avant que la grosse artillerie arrive sur le refrain avec les guitares heavy et ces choeurs imposant encore une fois. Un titre magnifique, tout en dynamique entre couplets calmes et refrain énervé, et des interventions de guitare magnifiques et tout en touché de Hoffmann et que dire de ce petit break et cette montée un puissance avec Udo s’époumonant comme pas possible débouchant sur un sacré bon solo de Mr Wolf. L’un des meilleurs morceaux d’Accept, tout simplement. Et malgré cette volonté de produire une musique calibrée, les allemands balançaient un « Teach Us To Survive » des plus étonnant en free style avec ce côté ici à là un peu … jazz ..(ces parties de basse un peu foles) le tout sur un tempo soutenu, un Udo à la voix inquiétante et ce riff heavy … puis ce break totalement inattendu ambiance cabaret de Jazz … pour repartir la minute d’après sur tempo rapide avec Hoffmann balaçant un solo étonnant avec ici et là des sonorités de guitare en son clair . Un titre bien barré …. pour un album se voulant formaté marché US à l’image de l’excellent « Living For Tonite » simple, accrocheur sur lequel les allemands arrivaient à leur fin. Un titre devenu un classique et un incontournable en concert. Riff bougrement efficace, mid tempo entetant à la mélodie parfaite qui rentre dans votre cerveau pour ne plus le quitter. Mais le groupe était encore capable de nous embarquer dans des pièces heavy et épiques comme le magnifique « Bound To Fail » passionnant et tout sauf monocorde, avec des couplets mid tempo très accrocheurs contrebalancés par ce refrain bougrement heavy avec ce riff galopant et ses énormes choeurs encore une fois, et que dire de cette très belle partie instrumentale à partir de 3minutes très solennelle avec cette mélodie de guitare et ses choeurs grandioses concluant l’album de la plus belle des façons.
Et puis il y a bien sûr le title track « Metal Heart », hymne parmi les hymnes heavy metal, avec cette intro devenue légendaire avec cette guitare sonnant comme une sitare et ces choeurs appuyés, ce riff si bien trouvé à la fois heavy et entrainant ..et bien entendu ce solo de Hoffmann emprunté à la « Lettre à Elise » de Beethoven et se fondant tellement bien dans cette pépite de heavy.
L’écoute de ce magnifique album peut sembler déroutante car d’un côté il répondait aux exigences du groupe et surtout de leur producteur, à savoir produire une musique plus aguicheuse tout en gardant la patte heavy d’Accept mais de l’autre certains titres montraient une envie du groupe d’expérimenter soit dans des ambiances sombres ou inquiétantes, soit dans des incurtions musicales dans d’autres styles (jazz, classique) …. et c’est peut être pour ça qu’au final « Metal Heart » n’avait pas eu le succès commercial escompté, certainement encore trop heavy pour les radios et un peu trop déroutant pour les fans de la 1ère heure habitués au heavy sans concession. Et c’est dommage car ce 6ème album des allemands est une vraie réussite et certainement l’album le plus riche et expérimental de leur discographie et le tout avec une grande réussite car tous les titres sont de haut vol, différents les uns des autres. Mais 36 ans après sa sortie, son écoute est toujours aussi passionnante et arrive encore à me surprendre (« Teach Us To Survive »), à m’embarquer (« Bound To Fail », »Dogs On Lead »), à me faire lever le poing (« Living For Tonite », « Up The The Limit »), à me faire sécouer la tête comme un malade (« Wrong Is Right ») et à me faire jouer de ma guitare en carton (« Metal Heart »).
Un très grand album de hard.

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