BLACK SABBATH : « Paranoid » (c) 1970

BLACK SABBATH : « Paranoid » (c) 1970

Paranoid
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Publié: 18/09/1970
« Paranoid » de BLACK SABBATH sortait le 18 septembre 1970 et fête donc fièrement ses 50 ans …. oui .. un demi siècle que cet opus du Sabbat Noir tourne sur nos platines … je n’étais même pas encore né, c’est dire !
Comme je l’ai déjà écrit dans d’autres de mes chroniques, c’est à la fin des 60s / début des 70s que les bases de notre musique ont été posées .. pour le hard rock sauvage, Deep Purple, le rock bluesy tendance hard avec Led Zeppelin .., le heavy légérement psyché avec Blue Oyster Cult et le heavy metal pomblé et sombre avec Black Sabbath avec leur 1er disque d’une lourdeur implacable, d’une ambiance inquiétante donnant le frisson en mettant beaucoup de plomb et de noirceur dans leur blues. C’était nouveau et on y croyait …Le groupe avait déjà conquis bon nombre de fans mais il faut reconnaitre que ce 1er essai était encore un peu tatonnant et finalement pas si accrocheur que cela. Qu’à cela ne tienne, à peine 6 mois après la sortie de leur 1er album, le groupe revenait avec un nouvel album, « Paranoid » . Le disque devait s’appeler initialement « War Pigs » .. mais leur maison de disque soucieuse de ne pas être rappelée à l’ordre par les autorités ou de se mettre à dos les pro guerre du Vietnam, refusa ce titre.
Mais cela n’empêcha pas le groupe de placer en 1ère position de la face A le titre « War Pigs » absolument fabuleux. Cet hymne anti guerre du Vietnam montrait un groupe plus sûr de lui, engagé aussi bien musicalement que dans les textes. Déjà ce riff d’intro d’une lourdeur hallucinante avec en fond la sirène annonçant des bombardements, Butler tricotant sur sa basse … puis la voix d’Ozzy arrive chantant cette mélodie si bien trouvée .. et très addictive … avant que Iommi assène un riff dont lui seul a le secret et Bill Ward balance des roulements de toms tout en donnant un sacré groove à l’ensemble. On sent rapidement avec ce titre les progrès du groupe .. tout est bien plus en place dans l’interprétation et surtout dans la composition du morceau … avec ce qui manquait peut être à leur 1er disque, l’accroche. Ces 8 premières minutes sont absolument jouissives du début à la fin, les lignes de guitares de Iommi à 4 minutes si bien venues de même que son solo, ces changements de rythmes accentuant les contrastes et donnant une sacrée dynamique au morceau … et puis ce final sur lequel la guitare du gaucher moustachu nous enchante comme jamais.
Cette Face A s’annonce historique …et elle l’est assurément : juger par vous même … après ce « War Pigs » d’anthologie, les 4 métallurgistes de Birmingham balancent un »Paranoid » tout autant fantastique mais dans un registre plus léger ….considéré à juste raison comme LE hit du groupe et qui permit au groupe de vendre des palettes de cet album. Il faut dire qu’il s’agit d’un hit imparable, court (moins de 3 minutes), mélodique et entrainant (ce serait presque un titre de speed metal pour le groupe !) comme pas possible. En plus de cette accroche imparable d’une grande partie des titres, l’autre force de Black Sabbath sur ce 2nd disque était d’oser et déjà d’explorer des nouvelles contrées musicales .. comme cette pièce tout en retenue placée en 3eme position, avec cette atmosphère feutrée avec juste la voix trafiquée d’Ozzy, ces percussions légères, cette basse en retenu et bien sûr cette guitare tout en touché et en feeling sont absolument fantastiques. « Planet Caravan » nous embarque dans un voyage reposant. Que c’est beau.
Le feu d’artifices continue avec « Iron Man » avec ce riff encore une fois si facilement mémorisable et donnant immédiatement une identité forte au titre. Ozzy ne s’embête pas trop et suit la mélodie de guitare au chant mais cela colle tellement bien .. et pour donner plus de dynamique au titre, le rythme s’accélère à 3min durant l’avalanche de soli de Iommi au sommet de son art … et ce n’est pas fini .. à 4’40 Bill Ward fait un festival sur sa batterie, le morceau prend une autre tournure avec Iommi en transe pour une dernière salve de soli tous plus beaux les uns que les autres. Chef d’oeuvre !
S’il ne devait rester qu’une seule face d’album de l’époque Ozzy, ce serait certainement celle là !
La face B ne pouvait qu’être moins marquante .. et c’est effectivement le cas … alors attention, car elle est néanmoins très réussie. « Electric Funeral » rappelle le 1er album par son côté très lourd et son ambiance plus sombre mais le riff de Iommi est une nouvelle fois bien trouvé de même que cette accélération bien sentie à 2 minutes mais c’est surtout le monstrueux « Hand Of Doom » qu’on retiendra de cette seconde face .. 7 minutes de montagnes russes alternant passages calmes et posés mais inquiétant avec Ozzy en retenu, tout comme les instruments, puis cassure et tout s’excite d’un coup, la distorsion arrive, Ward balance des roulements de folie, Iommi un riff heavy en Diable puis tout s’accélère à 2min et le titre prend une autre tournure, très heavy et entrainant .. de quoi perdre la tête … le groupe s’éclate, nous balade dans tous les sens. Pas le titre le plus facile mais certainement l’un des plus réussis montrant le talent du groupe et son envie de tenter des choses.
« Rat Salad » est un petit ovni, prétexte pour laisser Ward se défouler sur son kit de batterie. Mouais .. pourquoi pas.
En conclusion, Black Sabbath nous la joue bluesy .. mais un blues façon Black Sabbath .. c’est à dire plombé de chez plombé , « Fairies Wear Boots ». Et on sent que le groupe voulait s’amuser … et cela s’entend .. on est frappé par la batterie de Ward qui joue comme un Dieu sur ce titre, par la guitare enchanteresque de Iommi qui au détour de riffs assassins balance ici et là des mélodies de guitares d’une telle beauté et si inspirées. Cette 2nde partie d’album est peut être moins accrocheuse que l’enchainement hallucinant des 4 premiers titres, mais elle n’en demeure pas moins très très bonne, dans un registre plus sombre et torturé rappelant les débuts du groupe.
Avec « Pananoid », BLACK SABBATH frappait un grand coup et accédait à un succès mondial colossal après une carrière lancée depuis même pas 1 an. Cet album a influencé des milliers de musiciens et de groupes durant ces 50 dernières années et restera certainement le disque le plus connu du groupe, le plus accessible aussi. Un très grand disque.

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