BLACK SABBATH : « The Mob Rules » (c) 1981

BLACK SABBATH : « The Mob Rules » (c) 1981

The Mob Rules
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Publié: 04/11/1981
« Heaven And Hell » est un diamant, c’est un fait. Il marquait la renaissance d’un Black Sabbath mal en point, avec des musiciens le nez enfariné dans la dope qui sortait de leurs yeux .. conséquence d’une décennie d’un succès colossal mais aussi d’excès en tous genre. Cela aura eu raison de l’inspiration du groupe mais aussi d’Ozzy. Il fallait que ce cercle vicieux s’arrête et son départ fut certainement la meilleure décision à la fois pour lui (son début de carrière solo réussie le prouva) et pour le groupe qui trouva en RJ Dio le chanteur providentiel qui allait tant apporter au groupe. Iommi, Dio & co avec l’aide précieuse de Martin Birch produisirent « Heaven And Hell » qui devint pour beaucoup un chef d’oeuvre montrant un Black Sabbath différent mais tout aussi bon. Et c’est vrai qu’hormis certains titres rappelant le « vieux Black Sabbath », les riffs étaient moins lourds comme sur « Walk Away », « Wishing Well » ou « Lady Evil » sur lesquels la musique semble suivre le chant de Dio. Attention, tout cela est très bon .. mais différent, moins lourd et malsain que ce à quoi Iommi nous avait habitué. Le nouveau Black Sabbath se voulait plus épique, classieux et cela fonctionnait à merveille comme en attestent « Die Young », « Heaven And Hell », « Neon Knights », « Children Of The Sea » ou le magnifique « Lonely Is The World » .. qui malgré un riff heavy, rappelle le meilleur de Rainbow (« Rising »). Iommi avait adapté son écriture à la voix de Dio et laisser de côté le côté lourd de ses riffs …
Peut être que « The Mob Rules » était une réaction à cet éloignement marqué à la musique des débuts du groupe tant ce 2nd album avec Dio se voulait bien plus heavy, moins axé sur le chant de Dio avec le retour de riffs bougrement heavy à foison, d’ambiances sombres donnant le frisson.
J’ai toujours été étonné que cet album ait été souvent délaissé ou considéré comme une copie moins bonne de « Heaven And Hell » .. car c’est faux. Le disque est différent, plus sabbathien et tout aussi réussi … voire plus (cela n’engage que moi hein) que son ainé. Tous les potards avaient été poussés à fond et ça déménage dès ce « Turn Up The Night » rythmé, heavy en Diable avec un Dio bien plus agressif. Et puis le parti pris d’une prod résolument bien plus heavy (écoutez moi le son de guitare de Iommi !!!), et toutes ses interventions durant le titre, avec plusieurs couches de guitares. Le maitre du riff était bel et bien de retour et reprennait les rênes !
Autre nouveauté et différence notable, la frappe de Vinnie Appice bien plus lourde collant tellement bien à cette musique bien heavy et c’est flagrant sur le très bon « Voodoo ».
« Heaven And Hell » était une merveille de heavy épique .. mais que dire de « Sign Of The Southern Cross » ! Cette intro avec guitare acoustique et le chant calme si beau de Dio (« Fade Away Fade Away, Break the Crystal Ball ») avant que ne déboule ce monstre de riff heavy de Iommi génial nous ramenant au meilleur du Sabbath … Ce joyau rampant s’étale durant 7 minutes de pur bonheur, dégageant une puissance inouie à tous les niveaux (guitares, batterie, basse, chant) grandement aidé par le boulot énorme de Martin Birch, arrivant à donner au groupe le son le plus heavy et aussi claquant qu’ils aient jamais eu, moderne pour l’époque pouvant rivaliser voire surpasser tous les groupes de la Nouvelle Vague montante venant d’Angleterre. Et ce n’est pas fini, quand les anglais appuient sur l’accélérateur, cela donne « The Mob Rules », titre imparable tellement accrocheur. Quel riff avec un Dio au sommet !
Et lorsque le groupe se penche sur ses jeunes années (avec Ozzy), cela donne le génial et sous estimé « Country Girl » avec ce riff tellement jouissif qui rappelle celui d’ « Iron Man ».. et puis ce break magnifique …
 » Falling off the Edge of the World » nous montre un groupe au meilleur de son inspiration, quand l’épique rencontre le heavy plombé avec un riff démentiel de Iommi, des soli beaux à pleurer, la basse Butler si présente et nous vrillant les oreilles, Appice martelant ses futs comme un malade et Dio sublimant le titre par sa voix unique. Un pur chef d’oeuvre que ce titre !!!
Ce 10eme album des anglais se termine par un « Over And Over » plus mélodique sur lequel la guitare de Iommi brille de mille feux avec tous ses soli de la moitié du titre jusqu’à la fin !
Ce joyau de Black Sabbath montrait un Iommi reprennant le pouvoir et imposant de nouveau ses riffs monstrueusement heavy pour notre plus grand bonheur, avec un Dio ne se laissant pas faire et délivrant l’une de ses meilleures performances. Un disque sans aucun titre faible, équilibré avec quelques chef d’oeuvres qui ont marqué à jamais l’histoire du heavy metal. Ce disque n’a absolument pas à rougir de son prédecesseur car il lui tient tête sans problème, voire plus.
CHEF D’OEUVRE !

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