BLACK SABBATH : « Tyr » (c) 1990

BLACK SABBATH : « Tyr » (c) 1990

Tyr
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Publié: 20/08/1990

La fin des 80s n’était pas facile pour Tony Iommi et son BLACK SABBATH. Le départ de RJ Dio a laissé des traces et le Géant anglais de la sidérurgie métallique avait du mal à se relever. Après une tentative étonnante et réussie avec Ian Gillan sur « Born Again » mais boudée par les fans, la réformation de line-up original le temps du Live-Aid en 1985 avait laissé espérer à un avenir radieux pour le groupe mais il n’en fut rien. Il s’agissait juste un concert one-shot et Ozzy retourna à son groupe solo et sortit le très bon « The Ultimate Sin ». Iommi envisagea de sortir un album solo mais sa maison de disques le poussa à sortir « Seventh Star » sous le nom de BLACK SABBATH. Pas un mauvais album, juste … passable et bien en dessous de la qualité de ses prédécesseurs. S’en suivit le recrutement au chant de Tony Martin qui changea la donne et fit un bien fou à Iommi qui se remit à composer des compos dignes du nom du Sabbat noir, sur « The Eternal Idol » et surtout sur le superbe « Headless Cross ». Les riffs lourds étaient là, les soli typiques et mémorables aussi et un chant lyrique ressemblant à celui de RJ DIO au service de très bons titres. Manquaient à l’appel la section rythmique mythique (Ward et Butler) et oui cela manquait un peu, mais cela n’enlevait en rien à la grande qualité de ces 2 albums proposés. En 1990, le groupe annonça la sortie d’un nouvel album « Tyr ». Beaucoup de fans s’attendaient à un concept album .. mais il n’en était rien. Le côté satanique de l’album précédent fut laissé de côté au profit de certaines paroles traitant de la mythologie nordique. On notait également un changement dans le son, avec une présente plus prononcée du clavier de Geoff Nicholls. Alors attention, celui ci n’est en rien envahissant et sert plus d’ambiance, mais on l’entend sur tous les titres. Cela n’enlève en rien au côté heavy de l’album avec les riffs de Iommi incisifs. On est frappé par la beauté, la classe de ces morceaux épiques comme ce « Anno Mundi » servi en entrée et nous rappelant « Headless Cross », ce « Jesuralem » à la mélodie addictive chantée par Martin démontrrant quel grand vocaliste il est, ou encore sur ce très bon « Valhalla » avec Iommi nous régalant les oreilles de ses soli. Le groupe sait toujours accélérer le tempo : cette accélaration joussive dans le final de « Valhalla » ou sur le brûlot « The Law Maker ». On retrouve cependant le côté lourd et malsain du groupe sur le très bon et rampant « The Sabbath Stones » étonnant alternant des passages calmes pour la seconde d’après se montrer étouffant avec des riffs plombés de Iommi. Quel titre !
La milieu de l’album est étonnant avec le court instrumental « The Battle of Tyr » n’apportant pas grand chose enchainé une pièce calme « Odin’s Court » servant d’introduction à « Valhalla » et sur lequel Tony Martin fait étalage de sa superbe voix.
Seule faute de parcours de l’album, « Feels Good to Me », tentative pas très heureuse d’un titre destiné aux passage radios et détonnant par rapport aux autres morceaux de l’album. Pas la meilleure ballade pondue par Iommi mais heureusement le disque se termine sur une très bonne note avec le très bon « Heaven in Black » qui remet les pendules à l’heure de la plus belle des façons.
« Tyr » est un magnifique album, différent de ses prédécesseurs avec un côté épique assumé et qui donne beaucoup de classe aux morceaux. Dommage qu’il soit si court, mais l’avantage est qu’on prend un grand plaisir à son écoute. Avec « Headless Cross », « Tyr » est le 2nd joyau oublié et souvent délaissé de la grande discographie des anglais.

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