BONFIRE : « Point Blank » (c) 1989

BONFIRE : « Point Blank » (c) 1989

Point Blank
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Publié: 03/10/1989

Me concernant, il n’y a pas à tourner autour du pot bien longtemps pour dire si un disque est un grand album ou bien juste un futur postulant à la poussière sur son étagère : si au fil des années il revient régulièrement sur ma platine, c’est bingo. Et ce quelque soit le style ou son age … ainsi j’éprouve toujours autant de plaisir à écouter un « Rising » qu’un « Master Of Puppets » ou qu’un « Powerslave » mais également un « Eye Of The Tiger » ou un « Maggot Brain » régulièrement après tant d’années. Alors il est vrai qu’il s’agit là d’albums marquant et qui affirmaient des styles bien particuliers … mais pour d’autres albums, ce n’était pas tant leur originalité ou leur statut de disque de légende qui m’avait marqué .. mais simplement le fait qu’ils étaient très très bons, avec des titres qui se sont incrustés dans mon paysage musical au fil des années par leur mélodie, leur accroche et me procurant toujours le même plaisir à leur écoute des décennies après. Je pense au « Slippery When Wet » de Bon Jovi ou dans un autre registre le « Rock’n’Roll Secours » de Vulcain. Rien de bien révolutionnaire dans ces musiques mais qu’ils étaient bons … et le sont toujours autant !
Et c’est ce que je ressens à chaque écoute du « Point Blank » de BONFIRE, 31 ans après avoir acheté la K7 de ce 3ème album des allemands. Après 3 très bons disques sous le nom de CACUMEN (dont le génial « Bad Widow ») dans un registre hard à la Scorpions axé sur les guitares (bonjour les soli et harmonies à 2 guitares), le groupe avait décidé, sous l’impulsion de leur maison de disque, de changer de nom pour un autre plus facilement mémorisable et plus accrocheur .. et tant qu’à faire pour une musique plus calibrée privilégiant les refrains et mélodies efficaces aux avalanches de soli guitaristiques. « Don’t Touch The Light » faisait la transition en douceur entre la musique remuante de Cacumen (en reprenant 4 titres de l’album « Down To Hell ») et un hard plus soft. Mais c’est avec « Fire Works » que Bonfire affichait clairement sa nouvelle identité de hard mélodique sonnant très américain. Un très bon album, mais néanmoins un peu trop sucré à mon goût avec des claviers ici et là, des balades et des guitares moins en avant qu’auparavant.
Dans ce contexte, je ne m’attendais pas à ce « Point Blank » avec ces guitares revenues au premier plan dans le mix avec ces riffs souvent heavy et surtout ce sens de la mélodie incroyablement accrocheur. C’est bien simple, cet album est une usine à hits comme pouvaient l’être « Slippery When Wet » et « Love At First Sting ». Et l’un des grands artisans de ce succès musical est le guitariste Hans Ziller principal compositeur depuis les débuts du groupe .. et qui comble du malheur fut viré de son groupe durant l’enregistrement de l’album !
Les allemands ont un don pour composer les titres hard au refrain fédérateur comme « Bang Down The Door », « Never Surrender », l’excellent « Tony’s Roulette » ou « Freedom Is My Belief ». Et à l’inverse de son prédécesseur, « Point Blank » fait aussi la part belle aux brûlots plus rythmés comme le véloce « You’re Back », « (20th Century) Youth Patrol » ou « Gimme Some ». Et quand le groupe s’attaque aux ballades, il le fait avec un talent évident comme en témoignent le magnifique et minimaliste « Who’s Foolin’ Who » avec juste la guitare acoustique de Ziller et la voix si belle et plein de feeling de Claus Lessmann avec le son de vague en arrière plan ou la très réussie « Why Is It Never Enough » avec ses couplets acoustiques de toute beauté et ce refrain si bien trouvé sur fond de guitares heavy.
Mais le groupe était joueur et avait réussi à balancer un hit imparable avec « Hard On Me » et son clip bien délirant et une bonne dose d’humour qui passait sur M6 à l’époque. La seule baisse de régime vient du titre bonus pour cd et K7 « The Price Of Loving You » …composé par Desmond Child .. mais ce n’est que peu de chose tant ce « Point Blank » est flamboyant et gavé de titres accrocheurs en diable avec toujours une bonne dose d’énergie donnée par les guitares aux riffs heavy de Ziller et Schleifer.
L’album eut un bon petit succès en Allemagne mais aurait mérité bien plus que cela car étant largement au niveau des meilleures productions de hard US multi platines au pays de l’Oncle Sam.
Un mot également sur la prod en béton armée de Michael Wagener qui avait donné à Bonfire un son bien plus costaud et heavy que celui de « Fireworks ».
Pour moi, sans hésiter l’un des meilleurs albums du genre.

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