CAUCHEMAR : « Rosa Mystica » (c) 2022

CAUCHEMAR : « Rosa Mystica » (c) 2022

Rosa Mystica
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Publié: 16/05/2022
Un soir de novembrer 2016, je prenais une énorme claque au Bandidos MC de Montfavet lors du concert de nos cousins CAUCHEMAR organisé par VOLUME BRUTAL ASSOCIATION. Je ne connaissais pas plus que ça leur musique. Je les avais loupé lors de leur visite marseillaise quelques années auparavant et il était hors de question de les manquer cette fois-ci. Découvrir un groupe sur disque, c’est une chose, mais faire connaissance avec leur répertoire en live est tout à fait autre chose. Nous étions peut être 70 ou 80 … mais nous ne faisions qu’un, toutes et tous les bras levés, gueulant, secouant la caboche nous imprégnant de l’énergie dégagée par la chanteuse / clavier du groupe totalement habitée et les autres musiciens. Regardez les quelques vidéos de ce show sur youtube et vous comprendez !
Je m’empressais d’acheter la discographie du groupe et découvrais une musique ayant une forte identité avec ce chant en français avec cet accent québecois tellement délicieux, des riffs et ambiances rappelant PAGAN ALTAR pour ce mélange de mysticisme sur fond de riffs lourds mais toujours accrocheurs, mais le groupe s’octroyait ici et là des accélérations irresistibles dans des brûlots imparables (comme sur le fantastique « Le Voile d’Isis » de leur 1er EP).
Sur leur 1er EP et le très bon « Tenebrario », CAUCHEMAR favorisait majoritairement les tempi soutenus et morceaux courts, laissant transparaître ici et là leur amour pour des ambiances plus doom. La donne changea sur leur 2nd opus « Chapelle Ardente » avec une majorité de tempi rampant, doomesques et envoutant.
Alors que nous réserve cette nouvelle offrande de nos québecois préférés mijotée pendant plus de 6 ans ? Quelle recette ont ils choisi ? Et bien le meilleur des 2 mondes (best of both worlds dirait Sammy Hagar). En effet les musiciens ont trouvé le parfait équilibre entre brûlot courts et entrainant ou speederies et les pièces au tempo plombé à l’ambiance glaçante. Plus que sur ses prédécesseurs, Cauchemar a réussi à rendre chacun de ses morceaux mémorables, uniques et immédiatement mémorisables.
Cela commence avec cette intro inquiétante de « Jours de colère » avec ces arpèges de guitare acoustique sur fond d’un son de clavier étrange puis un orage éclate et le titre part sur un tempo rapide avec un riff diabolique de François Patry qui nous rassure d’entrée de jeux sur sa capacité à pondre de riffs de tueurs.
Les ambiances sombres sont toujours de la partie comme ce break à 3 minutes avec ces parties de guitares, ce clavier d’Annick et le tempo qui ralentit pour mieux repartir à la cavalcade dans la dernière partie du morceau.
Le groupe est en grande forme d’entrée de jeu et enchaine avec l’entrainant « Rouge Sang » avec encore une fois un riff du tonnerre de Zeus et une partie rythmique ayant un petit arrière goût maidenien des 2 premiers albums. Un titre qui fera un malheur en live !
« Notre-dame-sous-Terre » ne va pas parler paillettes et autres joyeusetés comme son nom l’indique. Après une intro avec de belles notes de guitares, un riff lourd sur fond d’un orgue solennel lance le titre, Annick chantant de sa plus belle voix envoutante. Encore une fois, la mélodie est très bien composée et fait mouche. On sent que le groupe à travailler d’arrache pied (ça doit faire mal !) pour rendre chacun de leurs titres parfaits. Le tempo s’accélère légèrement à 3 minutes le temps de quelques mélodies de guitares sombres accompagnées toujours par cet orgue lugubre et glaçant. Un titre magnifiquement inquiétant.
Continuant son alternance brûlot instantané / pièce plombée doom, Cauchemar nous balance dans les dents mon morceau préféré de l’album, « Danger de Nuit » .. dès les 1ère notes du riff de François Patry, je suis à genou ! Mais qu’il est bien trouvé, je suis embarqué, je secoue ma tête en jouant de la guitare en carton, la mélodie insicieuse d’Annick monte en moi, impossible de ne pas la fredonner puis la chanter. Tout est absolument parfait dans cette pépite comme ce solo minimaliste mais avec juste ce qu’il faut de notes dans une ambiance 70s, un hit assurément, dans le style unique du groupe !
Comme on pouvait s’en douter, la piste suivante « Rosa Mystica » n’est pas une speederie mais un pièce au tempo lent, lourd avec un riff heavy de chez heavy comme les québécois savent en balancer. Annick chante une mélodie au top durant le refrain … puis tout s’arrête à 2 minutes avec juste un orgue magnifique sur fond d’arpèges de guitares acoustiques .. que c’est beau et inattendu. Le groupe ose tout et réussi à merveille et nous embarque dans cette accalmie de toute beauté avant qu’un riff puissant de François nous scotche au mur. Que c’est bon !
En moins de 3 minutes, « Le tombeau de l’aube » nous met presque KO. Le tempo est rapide, la ligne de guitare accrocheuse comme pas possible. Malgré la courte durée du titre, les musiciens se permettent une cassure rythmique à peine la 1ère minute passée, avec le vent qui souffle, l’orgue faisant son apparition avant qu’un riff heavy soit balancé puis la course folle reprend. L’art de nous balancer dans tous les sens en 2 minutes et quelques !
La fin de l’album se profile et le quatuor va finir de nous briser la nuque avec 2 pavés lourds au riff puissant sur un tempo rampant. Le 1er est « Volcan » , entêtant et illuminé par un solo de guitare d’ Alan Jones de PAGAN ALTAR en invité de luxe !
Ce « Rosa Mystica » se conclut par le magnifique « La sorcière » mené par cette basse bien présente, ces quelques notes de guitare, ce chant d’Annick à la voix doublée, nous caressant les oreilles comme pour mieux nous envouter, puis une mélodie de guitare annonce le démarrage du titre et se transforme en riff plombé. Cette mélodie de guitare est le fil rouge de ce morceau tandis qu’une cloche sonne ici et là rajoutant à l’ambiance mystérieuse et très sabbathienne du morceau. Le tempo s’affole un peu, le chant se veut étonnamment plus énervé se substituant certainement à cette sorcière. Le morceau se termine comme il avait commencé, avec cette ligne de basse, guitare acoustique et cette voix doublée d’Annick … avant que le son d’un feu (un bûcher de .. la sorcière ?) se fasse entendre, puis un orgue ponctue le titre.
Après 6 ans d’absence discographique, on ne savait pas trop à quoi s’entendre de la part des québécois, et bien le résultat est sans appel, il s’agit de leur meilleur opus à ce jour, le plus abouti, équilibré et consistant avec 8 titres tous autant indispensables les uns que les autres durant lesquels le groupe propose leur vision du hard, un savant mélange de heavy, de doom empli de mysticisme et souvent occulte (burial 😉 ). Un album bien loin des pseudo-standards qu’essaient d’imposer l’industrie discographique actuelle et c’est justement ce qui rend son écoute encore plus passionnante, avec une production minimaliste, sans effet et naturelle au possible .. ici pas de triche, tout vient des tripes et du coeur, et c’est pour cela qu’on adore.
Indispensable et incontournable !

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