CHEROKEE : « Blood & Gold » (c) 2021

CHEROKEE : « Blood & Gold » (c) 2021

Blood & Gold
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Publié: 19/11/2021
Cette année 2021 a déjà été très riche en sorties de très grande qualité (dire que certains osent continuer à dire que c’était mieux avant et qu’il n’y a aucun jeunes groupes intéressants ..) et je n’attendais plus grand chose d’ici fin décembre et qu’elle ne fut pas surprise de découvrir ce 1er album absolument magnifique des allemands de CHEROKEE, un disque qui fait un bien fou, qui caresse nos sens, joue avec nos émotions, nous fait voyager dans le Grand Ouest américain, un disque qui respire la vie, des musiciens qui ont compris que la beauté de la musique ne passait pas que par l’énergie pure mais aussi par la dynamique dans les morceaux, par des ambiances diverses, des montées en puissance et aussi par un son naturel et organique tellement agréable à l’oreille.
Honnêtement je ne m’attendais pas à un tel feu d’artifice et à un disque si varié et plaisant (le mot est faible !) car leur 1er EP, excellent au demeurant, montrait une musique énergique sur les 4 morceaux proposés très réussis avec déjà la voix de Laura Vesprini faisant des merveilles et illuminant la musique des allemands.
Sur ce « Blood & Gold » les musiciens de Cologne ne se sont imposés aucune limite et se sont faits plaisir comme en témoigne la longueur de l’album, 73 minutes et 15 chansons, où on retrouve bien évidemment des rockers énergiques comme le génial « Bill Pullman » au tempo rapide … et bien sûr cette mélodie de guitare faisant mouche avec un son de guitare semblant venir d’une B.O de western et cette voix de Laura qui nous happe immédiatement nous montrant sa capacité à jouer avec l’ascenseur émotionnel de nos émotions avec retenue durant les couplets et lachant les chevaux durant le refrain. On est également de suite émerveillé par les parties de guitares durant le soli absolument superbes et aussi par le son juste légérement distordu sonnant très 70s et collant parfaitement à cette musique.
Du reste ce parti pris de ces tonalités de guitares me rappele par moment le magnifique album de Blue Oyster Cult « The Symbol Remains » sorti l’année dernière, comme sur ce « My Sweet Tupi » au groove tellement remuant, ces parties de guitares toutes plus belles les unes que les autres et que dire de la performance vocale de Laura à la fois puissante et pleine d’émotions.
Sur « Just One Summer Long » le groupe montre justement qu’il souhaite proposer autre chose que  du rock énervé, en étant plus intimiste, avec des mélodies veloutées, un chant langoureux, une musique drivée par une basse bien présente, des accords de guitares en son clair, une batterie en retrait .. et puis Laura nous éblouit durant ce refrain sonnant comme un appel . Le solo et cette partie instrumentale sont splendides, tout en feeling dans une 1ère partie me rappelant les grandes heures de … Dire Straits … puis la distorsion arrive avec un solo électrique du plus bel effet … C’est juste tellement beau, ces montagnes russes, cette dynamique rendant le morceau si vivant et passionnant.
Sur « Il Grande Silenzio » le groupe continue dans sa lancée …cela commence par le chant sur la brèche de Laura avec en fond une guitare acoustique, un harmonica … on a l’impression d’être dans un village indien, autour d’un feu de camp profitant de ce refrain avec comme des flutes de pan dans le fond, ces roulement de barillet de revolvers et la voix de Laura semblant s’adresser aux esprits de grands guerriers. Nous sommes parmi les Cherokee dans le Far West écoutant cette musique très cow-boy et western d’où se dégage une certaine mélancolie, des voix magnifiques font leur apparitions durant le refrain suivant … puis la musique s’arrête … pour repartir sur le top de la batterie sur un tempo rapide, avec les 2 guitaristes / pistoleros échangeant des superbes soli de guitares .. le rythme s’accélère de plus en plus, on attend ici et comme des cris d’indiens … tout va de plus en plus vite dans ce final absolument jouissif ! Quel titre dantesque … 7 minutes de pur bonheur !!!!
« Ride By Night » nous est balancé tel un brûlot rapide dont le groupe a le secret avec toujours ces guitares nous régalant les oreilles. Ici la basse gronde et est bien présente.
« Sigourney  » est introduit par quelques arpèges de guitares et cette voix grave parlée … puis le morceau démarre sur un riff hyper bien trouvé et accrocheur et une mélodie au chant de Laura efficace au possible donnant sur un refrain ayant tout d’un hit …se terminant par un sacré bon riff et des roulement de toms de batterie du plus bel effet … puis tout s’arrête … on se retrouve comme au début du morceau .. très calme, quelques notes de guitares, la voix de Laura au loin avec ses « ohhohh », ces guitares semblant pleurer de bien belles mélodies … puis un pont arrive avec une batterie martiale fait monter la sauce, Laura nous éblouit avec sa voix, les 2 guitaristes dégainent des soli de toute beauté toujours mélodiques. On se rend compte qu’il se passe tellement de choses dans la majorité des titres de l’album qu’il est impossible de s’ennuyer .. la dynamique est incroyable.
Une envie de secouer la tête, taper du pied ? Et bien « Song For RG » va vous ravir. Ce hard blues up-tempo est du plaisir en barre nous plongeant dans le meilleur des 70s, quelle énergie .. et puis cette baisse de régime qu’affectionne le groupe au milieu du titre .. pour mieux relancer la machine .. Quelle claque !
Après cette triplette  bien énergique, Cherokee propose un titre en ambiance, le très beau « The Nightingale And The Red Rose ». Ambiance feutrée, une guitare jouant quelques notes, la voix toujours aussi belle de Laura et posée ..c’est magnifique .. mais on se doute que l’ambiance va changer et efffectivement le refrain se veut plus électrique avec la batterie menant le bal . Le contraste d’ambiance entre les couplets et refrains joue avec nos émotions ….puis cette partie calme avec juste quelques arpèges de guitares de toute beauté, Laura fredonnant doucement … on sent la montée en puissance arrivée … la basse tisse sa toile, la batterie cadence un tempo de plus en plus rapide, Laura gémie de sa plus belle voix, les guitaristes posent ici et la de magnifiques notes de guitares et soli … tout s’énerve, s’accélère dans un final splendide. Encore une pièce d’orfèvre délivrée par les allemands. Comme pour se remettre de ce long voyage envoutant, le groupe envoie la cavalerie avec le fantastique brûlot « Rite Of Peyote » … Impossible de ne pas secouer la tête et de ne pas jouer de la guitare en carton. Un style dans lequel le groupe excelle. Et puis quelle partie instrumentale menée par une basse nous vrillant les oreilles et par cette succession de soli des 2 six cordistes prenant leur pied .. et cela s’entend !
« Malinche » nous fait un peu penser à Thin Lizzy avec ces harmonies à 2 guitares et ce groove qu’affectionnait le groupe irlandais.
Déjà le 11eme morceau .. mais les allemands ont encore des choses à nous présenter … comme ce très bon « Mother Natures Child » où les harmonies de guitares sont également de la fête avec toujours un groove incroyable et la mélodie très accrocheuse (quel refain !!) … et que dire des soli qui vont vous mettre à genoux … que c’est beau. Encore un hit … tout comme sur le très réussi « Ridin Free » gorgé de feeling avec des choeurs bien venus durant le refrain. L’ombre du grand Phil Lynnott plane sur ce très bon titre.
« To Destroy Life » nous embarque durant 7 minutes avec une 1ère partie mid-tempo fort sympathique nous faisant taper du pied puis cela s’énerve avec Laura donnant de la voix ….pour juste après nous faire du charme avec sa voix sensuelle pendant que les guitaristes posent des mélodies de guitares tout en touché …
Tout au long de l’album se fait entendre l’influence blues du groupe et en toute logique il nous sert une magnifique pièce hommage à ce style avec « Following My Blues » sur lequel Laura délivre une performance incroyable. Le tempo est lent, rempant, les parties de batterie excellentes, les guitaristes placent juste ce qu’il faut de notes. Du pur plaisir .. d’un groupe vraiment très talentueux.
Ce festival musical se termine comme il a commencé par un brûlot up-tempo, « Warriors Of The Rainbow » très efficace mené par un très bon riff. Mais encore une fois c’est dans sa partie instrumentale que le groupe nous éblouit avec un autre riff si bien trouvé et cette série de soli et de mélodies de guitares qui nous régalent les oreilles et ce final énervé.
Beaucoup de très bons albums sont sortis cette année mais la grande majorité sont des opus allant droit au but, du heavy toujours mélodique mais dont la qualité première est de nous mettre des énormes baffes. Ce 1er album de CHEROKEE ne va pas dans cette direction et c’est peut être sa diversité, sa finesse et ses ambiances quelques fois feutrées qui me plaisent énormément, proposant une autre alternative à la musique que j’affectionne, le hard. Alors attention, car nos indiens … d’Allemagne débordent d’énergie et bon nombre de titres en témoignent … mais cela n’est pas leur propos principal. Cette énergie et cette fougue n’a de sens pour eux que si elle est contre-balancée avec des moments calmes, plus intimistes permettant ainsi de colorer leur musique et lui donner une dynamique en tout point remarquable … et c’est ce qu’il ressort de ces 15 pièces composant « Blood & Gold ». Et puis bien sûr, ce côté western ici et là rajoute à l’ambiance unique de l’univers crée pas les musiciens, une musique sublimée par la voix extraordinaire de Laura, énorme plus du groupe.
Je ne vais pas y aller par 4 chemins, cet album est un chef d’oeuvre … il nécessite plusieurs écoutes … mais il le mérite .. et elles sont nécessaires pour .. qu’on mérite à notre tour cette musique et ainsi découvrir toutes ses richesses.

1 réponse

  1. M. Cyclopède dit :

    Encore un groupe inspiré par les seventies, je connaissais déjà (notamment) les canadiens de Freeways (avec qui ils ont tournés en 2019), les suédois de Night (Suède), et les anglais de Wytch Hazel (G-B), voici désormais un groupe allemand, où on reconnaît les influences de Thin Lizzy, Rainbow, Budgie, Wishbone Ash, Dire Straits…

    Cherokee a fait un gros de travail au niveau des compos, et ça s’entend, elles sont abouties permettant ainsi de « poser » de vraies ambiances (comme sur le titre The Nightingale and the Red Rose).

    Le résultat, c’est que cet album a une âme, il ne part pas dans tous les sens, ce qui malheureusement arrive avec des formations soucieuses de trop bien faire, il en résulte un manque de spontanéité ; ce qui n’est absolument pas le cas ici, car les musiciens se sont lâchés, dans la bon sens du terme, et cette spontanéité (maîtrisée) est payante, elle donne envie de réécouter l’album sans pour autant s’en lasser, c’est assez rare pour le souligner.

    Les jeux de guitares sont vraiment inspirés (Rite Of Peyote est là pour le prouver), mais le point fort c’est bien entendu la voix de Laura Vesprini qui apporte une dimension émotionnelle indéniable et qui colle parfaitement au style musical.

    La scène rock regorge de chanteurs de talent, mais on a parfois l’impression d’entendre des clones vocaux de Bruce Dickinson ou David Coverdale (pour ne citer qu’eux), ça en devient lassant; ici avec Laura Vesprini, Cherokee a trouvé sa voix (sans vilain jeu de mots) permettant d’identifier rapidement le groupe, un peu à l’image de Chrissie Hynde (Pretenders) ou Sharleen Spiteri (Texas).

    Blood and Gold est un 1er LP très prometteur, riche en émotions, qui mérite vraiment une écoute attentive.

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