DEEP PURPLE : « Whoosh! » (c) 2020

DEEP PURPLE : « Whoosh! » (c) 2020

Whoosh!
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Publié: 07/08/2020
Le hard rock est né à la fin des 60s tout début des 70s avec Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Si le 1er n’a pas survécu aux 70s, le second a fait de son mieux pour rester debout jusqu’il y a quelques années mais ne sortant que 2 albums en 20 ans (dont un sous le nom de Heaven And Hell).. et c’est le 3ème qui l’air de rien tient le mieux la forme et sort son 5ème album des années 2000 (et 21ème album !) ..et 5eme disque avec le même line-up .. et quel album !
Pourtant ce 2nd millénaire n’avait pas commencé de la meilleure façon avec un « Bananas » trop calibré, sucré et peu mémorable la faute à un producteur trop envahissant. Heureusement le groupe avait repris les choses en main avec « Rapture Of The Deep » correct mais trop prévisible et sans aucune surprise. Alors qu’on pensait que le groupe allait terminer sa carrière doucement en ne jouant que quelques festivals ici et là, il faisait un retour fracassant en 2013 avec « Now What ?! » grandement aidé par le producteur Bob Ezrin (mentor d’Alice Cooper, Pink Floyd, Kiss …) … le meilleur album des anglais depuis … « Perfect Stranger », se voulant à la fois puissant mais aussi varié et surtout inspiré. On n’y croyait plus et l’effet de surprise fut grand et tellement bienvenu. Son successeur « Infinite » était de bonne tenue, dans une ambiance plus blues mais un cran en dessous malgré quelques pépites (« The Surprising », « All I Got Is You »).
En 2020, on serait en droit de se demander pourquoi le Géant anglais persiste à sortir des albums studios, avec une discographie déjà si imposante et riche, ayant presque tout dit. La réponse est ce « Whoosh! » fantastique de la 1ère note à la dernière note (et encore une fois produit par Bob Ezrin). Les musiciens anglais se sont surpassés, faisant presque passer « Now What!? » et « Infinite » pour des galops d’essais préparant le terrain pour ce diamant 13 carats.
Ce qui se dégage en 1er de cet album est une certaine « légèreté », un côté lumineux qui fait tellement de bien en cette année 2020 bien sombre à tous les niveaux. Ainsi le son est moins plombé que les 2 précédents opus, il est plus aéré et du coup va à merveille à la grande diversité de l’album. « Throw My Bones » servi en 1er titre résume parfaitement ce parti pris, avec ce clavier enjoué, cette guitare présente (ce riff) et un peu en retrait, ce chant envoutant de Gillan ..c’est grandiose d’entrée de jeux. Quand le groupe se veut plus rock , on sent une nouvelle fois une certaine retenue qui rajoute à la classe de la musique comme sur le très bon « Drop The Weapon » groovy à souhait, avec ce refrain légèrement funky, et puis ces envolées d’orgue magnifique de Don Airey sur fond de roulements de toms bien jouissifs de Ian Paice. Cette 1ère partie d’album montre la facette la plus rock du groupe comme en témoigne le très réussi « We’re All The Same In The Dark » qui rappelle un peu l’époque « Perfect Stranger » avec cette partie instrumentale avec un Steve Morse en retenu . Les titres jusqu’à présent sont courts (3 / 4 minutes) mais d’une efficacité redoutable, et d’une richette / virtuosité instrumentale peu commune. L’une des pépites de l’album « Nothing At All » nous montre une nouvelle fois ce côté lumineux voire festif de la musique des anglais, déjà ce début avec ces harmonies de guitares / orgue absolument délicieux, ce rythme au groove inimitable de Paice bien aidé par la basse de Glover . et puis ce chant, cette voix de Gillan raffraichissante à souhait, si rassurant qu’on a envie de lui prendre la main et le suivre . Et que dire de ce solo d’orgue encore un fois excellent à souhait de Airey auquel la guitare de Morse répond. Quel duo complémentaire et inspiré.
Le côté hard rock de « Now What !? » vous manque un peu ? Et bien prenez ce « No Need So Shout » brûlot typique des anglais mais très bien composé avec un Gillan vindicatif dans son chant et ses paroles sur fond d’un riff costaud de Morse et un orgue léger .. avant qu’Airey nous balance un solo de piano assez inattendu et très réussi. L’inspiration est vraiment au beau fixe et même lorsque le tempo s’alourdit et les riffs deviennent plus tranchant, une certaine légereté persiste.
La 2nde partie de l’album va montrer un Deep Purple plus aventureux comme sur ce « Step By Step » étonnant, sombre et énigmatique, ce « The Long Way Round » nous montrant un côté progressif du groupe magnifique. Musicalement, c’est fabuleux encore une fois, avec ces soli de clavier, de guitares, ces changement de rythmes et d’ambiances ce break à 3’50 avec cette basse et le chant de Gillan ..pour mieux repartir .. puis cette fin calme et très cinématique. Magnifique.
Les musiciens anglais jouent sur les ambiances atmosphériques, inquiétantes comme sur ce « The Power Of The Moon » envoutant ou Morse et Airey nous régalent encore une fois de leurs dialogues s’échangeant des soli de toute beauté .. et cette fin inquiétante …enchainée avec cet ovni instrumental tout autant énigmatique qu’est « Remission Possible » … préparant pour le voyage spacial avec certainement la pépite de l’album, « Man Alive » .. 1er titre dévoilé de « Whoosh! » il y a plusieurs mois et qui m’avait totalement conquis par justement ce côté envoutant, en ambiances, avec cette partie « parlée » au milieu du titre, avec cette voix de Gillan me faisant penser étrangement aux ambiances de « The Outer Limits » de Voivod. Un grand titre nous montrant que le Dinosaure anglais sait encore surprendre … comme ce choix de reprendre le 1er titre de leur tout 1er album (« Shades Of Deep Purple »), l’instrumental « And The Adress » qui pour le coup a été sacrément bien dépoussiéré et n’a pris aucune ride, et au contraire cette cure de jouvance lui sied à merveille (c’est autre chose que la cover lourdinque du « Roadhouse Blues » de Doors de l’album précédent).
Et comme pour montrer que le groupe en a encore sous le pied, il conclut cet album fantastique par un morceau génial au titre prédestiné « Dancing In My Sleep », au groove qui ferait swinger un grille pain avec ce côté funky rappelant le meilleur d’un « Burn », ces sonorités de clavier robotique (clin d’oeil au Funkadelic et Parliament de Georges Clinton ?) puis ce son de synthé durant le refrain ayant un air de celui du « From Out Of Nowhere » de Faith No More …puis Airey reprend son bon vieil orgue Hammond pour balancer un excellent solo suivi de Morse. Le morceau est court (même pas 4 minutes) mais il se passe tellement de choses intéressantes, il y a tellement de sonorités différentes et ce putain de groove … Mais quel titre, quel talent !
Vous l’avez certainement déjà compris, j’ai été complétement conquis par cette nouvelle galette de DEEP PURPLE. Pourtant le groupe m’a souvent déçu dans le passé la faute à des albums juste moyens ou peu mémorables. Les disques du groupe dont je suis vraiment fan tiennent sur les 5 doigts d’une de mes 2 mains … et là je vais clairement sortir ma 2nde main tant ce disque m’a enchanté, m’a fait voyager bien au delà de leur hard rock, de leur blues couillu qui ont fait leur légende. Le groupe a décidé qu’il était temps d’offrir plus de légéreté, plus de lumière, qu’il fallait se faire plaisir et arrêter de rester seulement sur ses acquis et oser expérimenter d’autres contrées musicales .. et bien leur en a fait tellement la réussite de leurs explorations est au rendez-vous. Très peu (qui a dit aucun ??) de groupes des 70 (voire des 80s) ont réussi à produire ces dernières années un album qu’on peut qualifier de chef d’oeuvre, tant par la qualité des chansons que par l’originalité, la diversité et la prise de risque entrepris. « Whoosh! » fait partie de ces très râres albums.

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