DEMON CHROME : « First Contact » (c) 2022

DEMON CHROME : « First Contact » (c) 2022

First Contact
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Publié: 30/10/2022

Je l’ai déjà écrit quelques fois, il arrive que les mots ne soient pas évident à poser sur la musique de certains albums, car elle intrigue, n’est pas forcément formatée comme la plupart des autres disques et on se demande comment lui rendre justice au mieux avec des mots. C’est ce qui m’arrive avec l’ovni « First Contact » des américains de DEMON CHROME originaires de Providence.
Ce duo composé de Dave Booth au chant / guitares et Dylan Kulpa aux guitares / basse / clavier et chant nous embarque dans un voyage musical passionnant faisant fi des contraintes et barrières qu’une maison de disques leur aurait certainement imposées, et c’est ce qui rend ce disque si attachant et si personnel. Et puis bien sur, la qualité de la musique et son interprétation vaut largement le détour et souvent donne le frisson avec cette voix de Dylan Kulpa gavée de feeling évoquant tantôt un David Coverdale couillu tantôt un Ricky Warwick des 90s. Vous l’aurez deviné, le duo ne donne pas dans le metal prog prise de tête, mais dans un hard rock énergique avec des influences de la NOWBHM mais aussi de Thin Lizzy et d’autres. D’un côté le groupe envoie la sauce de façon directe comme sur le 1er titre « First Contact » énergique rappelant le groupe de Phil Lynott en plus nerveux. On est de suite ébloui par les 2 guitaristes s’échangeant des soli de guitares, et par cette voix chaude Dylan Kulpa. Difficile de ne pas taper du pied.
De l’autre et dès le 2nd titre « Burn » et ses 6’50, DEMON CHROME va nous faire comprendre qu’il veut aller où bon lui plait. Le début est très groovy avec cette basse en avant, ce riff de guitare entêtant et ce chant envouvant et plein de feeling (quel chanteur !) jusqu’à ces soli de toute beauté et en retenue … puis à 5 minutes le morceau change, le tempo s’accélère, se veut plus énervé, les descentes de manches aussi. Que c’est bon .. et étonnant dans la construction.
« Mistakes » va droit au but avec un riff d’une efficacité redoutable et cette ligne vocale au top encore une fois qui capte notre attention (j’adore ce chanteur !) et quel refrain avec ces twin guitars en fond de plus bel effet. La batterie est jouée sur l’album par Greg Paquin et je dois dire qu’il insuffle un sacré groove à la musique du groupe.
Le duo va une nouvelle fois nous emmener en terre inconnue sur ce « Circle Of Nine » avec ces synthés aux sons étranges et inquiétants durant 2 minutes avant que la voix de Dylan Kulpa fasse son apparition semblant venir de loin … puis à 5 minutes changement d’ambiance, tous les instruments débarquent : guitares heavy, batterie, basse et Dylan Kulpa balançant des soli avec de l’échos prolongeant cette atmosphère étonnante.
Un titre très spécial .. et spacial !
Et cela n’est pas fini pour les morceaux à la construction non conventionnelle comme « Pierrepoint », avec cette longue partie avec seulement une voix parlée avec dans le fond une très lointaine guitare. Puis à 2minute30, le morceau démarre enfin en mode brulôt rythmé bougrement accrocheur ayant un air du JUDAS PRIEST époque « Defenders Of The Faith » dans les riffs et le son des guitares ayant fricoté avec TWISTER SISTER de « Stay Hungry » (le refrain). Et que dire de cet excellent solo de 6 cordes et sa sonorité jouissive. Si ce titre était sorti en 1984, il aurait cartonné dans les charts et aurait permis au groupe de vendre des palettes de leur album !
Comme si on n’était pas assez bougé dans tous les sens par ce duo inspiré, voilà qu’il nous balance ce « Friendly Corruption » qui cette fois ci verrait Lemmy (cette voix !!) interpréter un titre de JUDAS PRIEST mid tempo .. toujours époque « Defenders Of The Faith » .. ou alors un « Orgasmatron » revisité par la bande de Rob Halford en 1984 si vous préférez ! Que c’est bon nom de Zeus !
Après ce rouleau compresseur, changement total d’ambiance : les 2 musiciens aimant nous faire les montages russes avec cette petite pièce instrumentale de toute beauté « Red Nails » où le maître mot est feeling et touché : ces arpèges de guitare acoustique, ces quelques notes de guitare électrique tout en touché, cette batterie tout en retenue. Que c’est beau.
Pour conclure, les américains nous servent une dernière pièce splendide tout en contraste et bourrée d’émotions.
« Nightfall (while i’m away) » commence avec un piano et une ambiance triste me rappelant un peu la superbe version de « Halo » par AUDREY HORNE ..sur lequel la magnifique voix de Dylan Kulpa vient se poser …me faisant hérisser le poils. C’est beau, prenant et interprété avec tellement d’émotions ….. puis à 3min, encore une fois changement total d’ambiance .. le morceau se transforme en brulôt durant lequel on secoue la tête, tape du pied, ça groove comme jamais (arrf ces cymballes !) , les musiciens se régalent et nous régalent tout en lachant les chevaux, les soli fusent. Quasi 7 minutes passionnantes résumant à la perfection la musique de Dylan Kulpa et Dave Booth.
Vous l’aurez compris, ce « First Contact » m’a totalement conquis. Ce duo tellement inspiré et unique m’a embarqué avec eux dans un voyage au pays d’un hard rock unique et ayant une forte personnalité. Un disque qui fait vraiment du bien car sortant des sentiers battus contrastant avec toutes ces productions formatées sortant du même moule et bien ennuyeuses (suivez mon regard …).
Un grand bravo à DEMON CHROME, en espérant que leur album soit distribué prochainement en Europe.

 

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