DIO : « Holy Diver » (c) 1983

DIO : « Holy Diver » (c) 1983

Holy Diver
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Publié: 25/05/1983

S’il y a bien un chanteur ayant marqué à jamais l’histoire du rock et plus particulièrement du hard, c’est Ronnie James Dio. Il faut dire que le bonhomme avait une voix en or et un sacré charisme. Il fut repéré par Ritchie Blackmore en 1974 lors de la tournée de Deep Purple alors qu’ELF, dont Dio était le chanteur, assurait la 1ère partie et l’embaucha pour son nouveau projet, Rainbow .. le temps de 3 magnifiques albums spontueux dont le chef d’oeuvre absolu « Rising ». La cohabition de 2 fortes personnalités ne fut pas aisée et Dio quitta le groupe et refit son apparition en 1980, à la surprise générale, dans le Black Sabbath de Iommi en remplacement d’Ozzy que tout le monde pensait irremplaçable. Il en résulta encore une fois 2 albums absolument magnifiques et ayant marqué l’histoire du hard. L’Histoire dit que le chanteur, n’était pas satisfait du mix de l’album live « Live Evil » et claqua la porte en 1982 …. mais la réalité devait être autre certainement, le chanteur se rendant compte de sa grosse popularité et avait du vouloir renégocier son contrat mais en vain.
Toujours est il qu’il partit fonder son groupe sobrement appelé DIO en embarquant avec lui son comparse de Black Sabbath Vinnie Appice à la batterie, Jimmy Bain (ex Rainbow époque « Rising ») à la basse et un petit jeune irlandais à la guitare ayant fait des étincelles avec son Sweet Savage, Vivian Campbell. Voilà un groupe qui avait une sacrée allure, quel line-up ! Et on était en droit d’attendre un album de folie .. et nous ne fûmes pas déçus car ce 1er essai solo sous le nom DIO est un pur chef d’oeuvre de heavy metal à l’équilibre parfait.
Nous étions mis dans l’ambiance dès la découverte de cette pochette magnifique avec ce dessin de Randy Berrett mettant en scène pour la 1ère fois la mascote du groupe, Murray. D’entrée de jeux, l’image était forte, un peu à l’instar du Eddie de Maiden, ce qui fit le bonheur des jeunes fans de l’époque, friands de ce genre d’imagerie, avec ce personnage effrayant cornu, diabolique aux yeux rouges s’en prenant à un prêtre.
Le début des 80s avaient vu l’emmergence de nouveaux groupes et d’un nouveau courant musical venu d’Angleterre, la NWOBHM, mettant en avant des jeunes groupes débordant d’énergie, jouant une musique bien plus agressive que celle des dinosaures des 70s donnant à l’époque un coup de vieux à la .. vieille garde des Deep Purple, Led Zep & co … et le choix d’avoir un jeune énervé issu de cette nouvelle génération n’était pas innocent et sacrément bien vu. Dio voulait proposer une musique de son temps et le moins qu’on puisse dire, c’est que dès le 1er titre, il avait gagné. « Stand Up And Shout » déboule dans les enceintes à 200km/h montrant une agressivité nouvelle pour Dio pour une speederie metal qui allait casser des cous durant des décennies. On est de suite époustouflé par la performance de Campbell qui riffe comme un damné et qui déjà balance des soli de folie à la fois débordant de virtuosité mais aussi d’agressivité. Il était évident que RJ Dio avait trouvé la perle rare et qui allait élever sa musique dans l’Olympe des Dieux du metal. Et puis quelle section rythmique qui mène ce train d’enfer … une sacrée dream team ! Et bien sur nous reprenions contact avec cette voix unique qui nous montrait un côté plus agressif qu’on lui connaissait moins. Le décor était posé … Dio n’allait pas faire de quartier et allait boter les culs !
Et ce n’était que le début de la rouste … « Heaven And Hell » avait son title-track mythique hymne de plusieurs générations de hardos, et bien il en allait être de même avec « Holy Diver », morceau de bravoure, épique avec son rythme si marquant et bien sur cette ligne de chant absolument dantesque sublimée par la voix de RJ Dio. Si vous ne vous mettez pas debout, ne levez pas le point et ne gueuler pas la mélodie et le refrain, c’est que vous n’aimez pas le hard ! Ce joyau et pamphlet contre une certaine pratique de l’enseignement de la Religion est la définition de la perfection en terme de heavy metal, un titre référence à ranger aux côtés des plus grands titres de l’histoire du rock. Ce 1er opus de DIO allait définir la marque de fabrique de la musique des anglo-américains, à savoir un mix de titres lents et lourds, des speederies briseuses de cous et des titres plus mélodiques. Ainsi dans le même registre que le title track, « Straight Through the Heart » se veut d’une lourdeur implacable pouvant rappeler Black Sabbath mais le jeu de guitare plus nerveux de Campbell apportait une nouvelle touche à ce heavy pachydermique redoutable d’efficacité .. et puis toujours cette ligne de chant et cette voix de Dio portant le morceau et l’illuminant. Et que dire du très heavy « Shame on the Night » très sabbathien encore une fois avec cette lourdeur des riffs, le festival vocal de Dio et ses choeurs mystiques chers à Dio et qu’on retrouvera sur plusieurs disques du lutin à la voix d’or.
D’un autre côté DIO savait accélerer le tempo comme sur la furie « Stand Up And Shout » ou sur le splendide « Don’t Talk To Strangers » , l’un des meilleurs morceaux de toute la carrière du chanteur tout simplement. Après une intro magnifique, calme avec un chant posé de Dio, des arpèges de guitares de Campbell, la machine s’emballe avec le riff si bien trouvé du jeune guitariste irlandais sur un tempo enlevé assénant une succession de riffs jouissifs puis plus tard dans le morceau une série de soli étourdissant de virtuosité sans jamais oublier le côté mélodique si cher à son patron. Le festival est à tous les niveaux dans ce joyau qui est un grand moment de musique.
Et bien entendu il y a le côté plus mélodique apte à séduire les oreilles des plus rétissantes qu’on retrouve sur le hit de l’album, « Rainbow In The Dark » et son clavier et sa mélodie ayant marqué l’histoire du hard … ou encore le nerveux « Gypsy ».
En une petite quarantaine de minutes et 9 titres, DIO avec son « Holy Diver » établissait les nouvelles tables de la « loi du metal » ( 😉 ), et réussissait à marier l’énergie, l’agressivité de la nouvelle génération des groupes de heavy/hard avec une classe folle avec son chant, sa voix et ses envolées magnifiques qu’on ne retrouvait pas ailleurs, comme si Rainbow avait mangé du Black Sabbath au petit déjeuné avec une pincée de la NWOBHM.
Ce 1er opus de DIO est un chef d’oeuvre absolu, un disque référenciel pour le heavy metal et qui allait inspirer des légions de groupes lors des décennies à venir.

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