HELL FIRE : « Reckoning » (c) 2022

HELL FIRE : « Reckoning » (c) 2022

Reckoning
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Publié: 12/08/2022

C’est toujours intéressant de suivre l’évolution musicale d’un groupe depuis leurs premiers enregistrements jusqu’à ce qu’ils trouvent la formule parfaite et leur correspondant le mieux.
Prenez par exemple les américains de HELL FIRE. Leur 1er opus « Metal Masses » ne pouvait pas induire en erreur quant à leur origine, San Francisco, tant leur musique rappelait celle des Four Horsemen (sans parler de la pochette avec cette flying V) avec un pincée d’IRON MAIDEN (le riff de « Remember Tomorrow » carrément emprunté dans le très bon « Into The Light »). Le groupe avait de l’énergie à revendre l’utilisation des 2 guitares en harmonies ici et là, la basse vombrissant comme celle de Harris m’avait déjà chatouillé les oreilles. Sur « Free Again », les américains laissaient de côté leurs influences thrash pour se plonger dans la NWOBHM mais à leur sauce et avec une énergie en plus. On notait aussi le parti pris d’un son poussiéreux et moins typiquement heavy que ce celui du 1er album avec le duo de guitaristes Campos / Nunn de plus en plus présent et qui avaient bien retenu les leçons des Murray/Smith, Tipton/KK , Gorham/Robertson. En 2019, « Mania » continuait sur la lancée du précédent album avec quasi le même son mais en durciçant un peu leur musique ici et là et on pouvait penser que le groupe commençait à faire du sur place alors qu’on les pensait avoir un plus gros potentiel.
Et bien 3 ans plus tard, la pandémie leur ayant certainement laissé le temps de tout remettre à plat et réfléchir à leur avenir musical, HELL FIRE nous revient avec 4ème album « Reckoning » en tout point remarquable, LE disque qu’on attendait d’eux et qui leur ferait passer au niveau supérieur. Pour faire simple, absolument TOUT est meilleur sur cet album, un très gros upgrade au niveau son / prod avec les guitares heavy comme jamais, la basse jouée par un invité de luxe, Matt Freeman (RANCID, OPERATION IVY), vrille nos oreilles, la batterie claque comme jamais, et le travail sur la voix de Nunn est un gros plus, mettant en valeur un côté plus rugueux qu’auparavant et surtout l’apport des voix doublées absentes des disques précédents et cela fait une grande différence. Fini le son poussiéreux voire garage des années précédentes, ici tout est ultra puissant, dynamique et organique, d’une clareté permettant de mettre en valeur chaque instrument. Cette mise en son rend l’écoute du disque tellement plus agréable.
Mais là où les gars de San Francisco ont fait très fort, c’est dans le travail de composition car HELL FIRE a trouvé sa voie et leur identité, dans un heavy thrash hyper accrocheur et énergique, alternant speederies intenses à vous décrocher le cou et des morceaux heavy ultra puissants avec une accroche mélodique imparable. Le meilleur des 2 mondes mais fait de façon tellement naturelle qu’on y adhère immédiatement et en devient addicte !
Les guitares en son clair introduisent le title track d’une belle façon avant que la chanson parte sur un mid tempo heavy. On remarque les voix doublées évoquées précédemment, le refrain aux voix appuyées et bien sur les interventions des 2 guitaristes qui se régalent avec leurs soli et harmonies. Le mix du chant de Nunn est aussi une nouveauté car il est mis en avant et en valeur.
Le tempo s’accélère avec le single « Medieval Cowboys » lancé par ces harmonies de guitares et la pédale de double grosse caisse menant le tempo jusqu’à ce gros refrain imparable. Que de changements, à tel point qu’on a du mal à réaliser qu’il s’agit du même groupe de « Mania ». Tout est tellement … meilleur !
Un délicieuse partie de guitare introduit « It Ends Tonight » avant qu’un riff heavy incitation à secouer la tête lance le morceau. Et que dire de ce refrain avec ces choeurs et la mélodie présente contrastant avec les couplets durant lesquels Nunn crache ses poumons avec sa voix puissante ayant un petit air de celle Hansi Kürsch de temps en temps.
Je remarque également le travail effectué pour mieux doser les choses et moins donner l’impression d’être forcé : ainsi sur la speederie hyper accrocheurse « Thrill Of The Chase » le groupe envoie la sauce comme jamais dans les riffs, tempo rapide mais Nunn ne pousse pas sa voix dans les aigus comme il avait l’habitude de le faire sur « Mania » quand le tempo s’accélérait, cela pouvait être fatiguant à la longue. Et que dire de ces soli et harmonies des 2 guitaristes magnifiques. Un sacré bon brûlot !
Vous voulez une bonne dose de thrash ? Prenez donc « Addicted To Violence » dans les dents, 2min45 de pure violence avec Nunn hurlant comme un damné .. puis petite cassure rythmique digne de la grande époque d’ANTHRAX donnant envie de … mosher !
Les américains ont toujours aimé avoir un titre épique sur leurs albums, ici c’est avec le splendide « Tortuga Nights » commençant avec ces superbes harmonies de guitares (je suis aux anges !). Les musiciens nous distillent un mid tempo heavy de toute beauté où harmonies de guitares alternant avec un riff heavy pendant Nunn chante / hurle une mélodie super bien trouvée ..puis à 3min changement de tempo avec un riff saccadé et heavy durant les soli donnant une bonne dynamique au morceau pour retrouver ensuite son tempo médium et heavy. Le morceau se termine sur de biens beaux arpèges de guitares acoustiques.
Si vous aimez les guitares, vous allez être gâtés sur cet album tant le duo Campos/Nunn y fait des étincelles comme au début du très bon « Many Words » et on peut noter l’efficacité des riffs composés par le groupe et des mélodies bien mieux trouvées et mises en valeur par ces choeurs / voix doublées comme sur ce refrain imparable.
Besoin de vitesse ? « Nowhere Fast » ne trompe pas l’auditeur et va à 200km/h. Ici pas de thrash mais une speederie metal de 1er choix avec une partie instrumentale à vous couper le souffle avec notamment un solo de basse déjanté par Matt Freeman suivi par un festival de soli des 2 guitaristes puis une partie en harmonies imparable avant de repartir en speederie. Que c’est bon mes ami(e)s !
Cet album montre clairement une grande richesse, dans les styles abordés, les arrangements et le groupe se permet une pièce calme et tout en douceur sur le très beau « A Dying Moon » avec Nunn prenant sa plus belle voix sur fond d’arpèges de guitare acoustique, avec un solo de guitare électrique magnifique et une harmonie à 2 guitares qu’affectionne tant le groupe.
Cette 4eme galette des américains se termine par un sacré bon hymne heavy metal « The Excutioner » résumant parfaitement les progrès réalisés par le groupe et la grande qualité de leur heavy metal hyper puissant et accrocheur avec cette basse très présente dans ce titre et portant le morceau.
C’est bien simple, avec cet album HELL FIRE m’a mis une grosse série de mandales, et je ne m’y attendais vraiment pas. Ce disque est un sans faute avec 11 bombes de heavy, parfois thrash, speed metal hyper bien composées, toujours bougrement accrocheur, avec un festival de guitares avec un Matt Freeman colorant la musique de son jeu de basse si énergique et le tout avec une prod 5 étoiles.
Sans aucun doute, l’un de mes disques préférés sortis cette année.

 

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