HOMMAGE / TRIBUTE / BIO – BAD RELIGION

HOMMAGE / TRIBUTE / BIO – BAD RELIGION

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C’est cyclique et très régulier chez moi … j’en reviens très souvent à ré-écouter mes albums de BAD RELIGION ou regarder des lives vidéos de leurs concerts car il faut bien dire que s’il y a bien un groupe qui prend tout son sens et sa dimension sur scène, c’est ce combo légendaire du punk rock et tout simplément mon groupe préféré juste derrière IRON MAIDEN. Oui cela peut paraître très étonnant car les 2 groupes ne jouent pas du tout le même style de musique et de prime à bord n’ont rien à voir sur tout le reste … quoique .. en y regardant de plus près …
Dans les 2 cas, le mot d’ordre de Bad Religion et de Maiden a été la non compromission, toujours faire comme bon leur semblait sans aucune muselière. On peut aussi rajouter que les musiciens dans les 2 groupes dégagent une certaine intelligence. Il suffit d’écouter les interviews de Bruce Dickinson, Steve Harris par exemple ou bien celles de Greg Graffin, Brett Gurewitz ou Jay Bentley et cela se traduit souvent dans les paroles de leurs chansons .. c’est en partie pour cela que j’ai toujours adoré Maiden avec leurs lyrics souvent empruntes d’histoire, de références cinématographiques etc … et Bad Religion avec leur peinture souvent au vitriole de notre société, des relations entre les gens avec toujours cet humour piquant sous jacent faisant de Greg Graffin l’un des meilleurs paroliers de sa génération.
Mais le sujet ici est avant tout le groupe punk californien qui l’air de rien a célébré ses 40 ans il y a quelques années .. Les mecs avaient fondé Bad Religion très jeunes en 1980 .. Graffin n’avait que … 15 ans et Gurewitz 17 ans … et leur 1er concert eut lieu en novembre 1980 en ouverture de Social Distortion, leur 1er EP sort en 1981 et leur 1er album « How Could Hell Be Any Worse? » en 1982 contenant certains de leurs hymnes toujours joués en concert tels « We’re Only Gonna Die », « Fuck Armageddon… This Is Hell », « Part III ». Ce 1er opus était très brut, sans concession et sonnait bien sur punk mais déjà le groupe n’était pas comme les autres : le chant unique de Graffin avec sa diction de malade alignant des dizaines de mots en un temps de record dans chaque titre, un sacré sens de la mélodie déjà présent n’enlevant en rien à l’agressivité et l’énergie des chansons, bien sûr des paroles déjà d’un niveau bien supérieur à la moyenne. Le groupe ne permettait même de glisser ici et là quelques mini soli de guitares ou bien des ralentissements rythmiques au sein d’un même titre comme dans le jouissif « We are only gonna die » malgré ses seulement 2 minutes !
Malgré une grosse motivation et un talent évident, les débuts du quinquet furent difficiles et chaotiques avec une valse des musiciens … Il faut dire que le groupe arrivait après la grosse vague punk de la fin des 70s et le hard rock / heavy commençait à exploser à cette époque aux US. Après quelques errances musicales (Into The Unknown en 1983) et un retour fort réussi musicalement en 1984 avec le fantastique EP « Back To the Known » contenant les pépites « Yesterday », l’hymne « Along The Way », le groupe se sépara … avant de revenir en 1988 plus solide que jamais .. et on peut dire que c’est à ce moment là que les choses sérieuses avaient commencé avec un album entré dans la légende du punk rock, « Suffer » sorti sur le label Epitaph du guitariste Brett Gurewitz : 26 minutes, 15 titres qui définissaient un nouveau genre, le punk / hardcore mélodique qui allait inspiré des wagons de groupes dans le monde entier (Nofx, Lagwagon, Pennywise, Burning Heads, No Fun At All, No Use For A Name et tant d’autres). Des morceaux entre 1 et 2 minutes max joués pied au planché avec Graffin chantant avec hargne des mélodies imparables s’incrustant dans votre cerveaux à jamais, ces quelques légers choeurs ici et là (les fameux oozzzzzzzzzz évoqués dans les livrets de tous les albums du groupe) et bien sûr ces paroles engagées et d’une intelligence rare.
La scène punk moribonde US de l’époque ne s’y trompa pas et venait de trouver une raison de renaitre de ses cendres … et oui « Suffer » permit à la scène punk US de l’époque de ressusciter . Bad Religion remplissait les clubs californiens … une première pour ce style depuis tellement longtemps, et le phénomène toucha aussi le reste du pays. L’album se vendit comme des petits pains dans le milieu underground et le groupe put même s’exporter et venir jouer en Europe courant 1989 !
A la fin cette année là, Bad Religion prit une nouvelle dimension avec la sortie de leur 2nd album « No Control » considéré par beaucoup comme le meilleur album de punk de tous les temps … et les presses spécialisées commençaient enfin à parler du groupe et même certains mags de hard chroniquaient cet album qui il est vrai, avait une sacrée vélocité et un son de guitare heavy et mordant aptes à plaire aux hardos (la preuve !!) .. Le groupe avait la hargne et l’inspiration et enchaina rapidement avec un 3eme album tout autant réussi « Against The Grain » avec son lot de hits punk comme les furies « Modern Man », « Turn On The Light », « Get Off », les très accrocheurs et véloces « Operation Rescue », « Anesthesia », « Flat Earth Society » et bien sur le hit mid tempo « 21st Century (Digital Boy) » (qui sera réenregistré en 1994 sur « Stranger Than Fiction »). On notait ici et là des titres plus mid-tempo, les choeurs prenaient plus d’ampleur mais le propos majoritaire étaient des titres toujours aussi rapides (et mélodiques !).
Après 3 albums furieux, le groupe décida de ralentir globlement le tempo, d’avoir une prod et un son plus solides comme en témoigne le génial « Generator » sorti en 1992. Les américains prirent plus de temps que d’habitude pour peaufiner ce disque magnifique, aux harmonies vicieuses (« Two Babies In The Dark », « Only Entertainment »), mais gardant toujours ce côté speed sur les excellents « Too Much To Ask », « Tomorrow » ou sur le hit du disque et l’un de mes titres préférés du groupe, « Atomic Garden » et ses paroles coups de poing.
L’album suivant « Recipe For Hate » fit jaser les fans avec des invités comme Eddie Vedder (Pearl Jam) sur la bombe hymnique « American Jesus » (arf cette mélodie de guitare imparable) et « Watch It Die ». Le groupe ralentissait encore plus le tempo, une slide guitare ici et là, un son globalement moins corrosif que leurs précédents disques mais on retrouvait néanmoins quelques brulots dont seul Bad Religion avait le secret comme « Recipe For Hate », « Modern Day Catastrophists » et aussi un mid tempo magnifique « Struck A Nerve ».
A noter que cet album sortit initialement sur Epitaph et suite à la signature du groupe sur la major Atlantic, ressortit sur ce gros label.
Si cet album avait un peu déçu les fans, le suivant « Stranger Than Fiction » remit les pendules à l’heure. Ceux qui pensaient le groupe « vendu » suite à leur signature sur un gros label, eurent tout faux car jamais le groupe n’avait sonné autant virulent et délivrant des brûlots speed avec un hargne dans le chant de Graffin et sans filtres dans ses paroles comme sur « The Handshake », « Leave Mine To Me », « Hooray For Me », « Better Of Dead », « Individual », « Tiny Voices », « News From The Front », « Incomplete », « Marked ». Les californiens perfectionnaient leur art dans des mid tempi tellement efficaces comme leur single « Infected » imparable ou le très beau « Slumber ». Le groupe s’était fait plaisir avec une belle brochette d’invités : Tim Armstrong (Rancid), Jim Lindberg (Pennywise), Wayne Kramer (MC5). Cet album est une tuerie sans nom … et mon préféré du groupe, bien aidé par une production et mix de malade à la fois puissant et d’une sacrée clareté (arrrf ce son des guitares !!!) par le producteur Andy Wallace .
Avec l’explosition du punk mélodique dans les charts avec notamment Offspring qui était sur le label de Gurewitz Epitaph Records, le guitariste décida de quitter le groupe, la gestion et le succès de son label l’empêchant de se donner à fond dans Bad Religion. Il fut remplacer par Brian Baker, bien connu de la scène de l’époque pour jouer dans Minor Threat et Dag Nasty.
Il participa à l’écriture de l’excellent « The Gray Race ». Même si un cran en dessous de son précédesseur, cet album n’en reste pas moins une merveille d’un groupe à son meilleur niveau. Difficile de résister aux hits punk que sont « Punk Rock Song », « A Walk », « Pity The Dead », « Parallel », aux speederies « The Gray Race », « Them And Us », « Come Join Us » ou au mid tempo « The Streets of America ».
On notait une prod, bien que puissante, plus léchée qu’auparavant avec derrière la console Ric Ocasek connu pour avoir été le leader des Cars. Le succès fut encore au rendez vous et le groupe joua quelques gros festivals en Europe dont en Allemagne où sa cote de popularité n’avait jamais été aussi haute.
A partir de 1998, je trouve que le groupe commença à avoir un coup de mou et peut être que le fait d’être le seul maître à bord (sans Brett Gurewitz) commençait un peu à peser à Greg Graffin, même si sa qualité de composition était toujours là.
Ainsi, même si « No Substance » regorge de bons titres (« All Fantastic Images », « The Same Person », « The Biggest Killer in American History », « In So Many Ways »), l’album n’était pas exempt de reproches à l’inverse de ses prédécesseurs et on notait quelques titres dispensables, et aussi une hargne quelques peu émoussée.
Anecdote qui pourra plaire aux thrashers fans de Metallica, « No Substance » fut produit par un certain …. Alex Perialas (oui .. Mr « Kill’Em All » !) …. Cela ne s’arrangea pas avec « The New America » sorti en 2000 produit curieusement par …Todd Rundgren et mixé par Bob Clearmountain tous les 2 n’ayant vraiment pas grand chose à voir avec le punk rock ou une musique énergique … (certainement des choix imposés par la major Atlantic).
Le groupe semblait au bout du rouleau, les ventes s’éffondraient et logiquement le groupe fut jeté par leur label ….
Mais Graffin n’était pas homme à se laisser abattre … voilà que Brett Gurewitz réintégra le groupe et re-signa Bad Religion sur … Epitaph, son label. Le groupe se retrouvait donc maintenant avec 3 guitaristes (comme un certain … Iron Maiden !!) mais dans les faits, Brett Gurewitz n’allaient jamais joué en live (sauf occasions exceptionnelles) mais par contre allait grandement participer à la composition des chansons avec Graffin, comme au bon vieux temps, jouer ses parties de guitares et produire les albums futurs du groupe. Que de bonnes nouvelles pour les fans .. qui ne furent pas déçus avec l’album de la résurrection, le fantastique « The Process of Belief » en 2002. On retrouvait le Bad Religion qu’on avait adoré dans les 80s/90s avec cette hargne associée à ces mélodies de fous … et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela commençait très furieusement avec une triplette à renvoyer tous les apprentis punk dans leur bac à sable : « Supersonic » (portant bien son nom !), « Prove It », « Can’t Stop It » …. 3 titres pour un total de … 4 minutes !! On peut aussi évoquer les énervés « Kyoto Now! », « Evangeline », »The Defense » mais le groupe n’avait pas perdu son sens de la mélodie addictive comme sur « Broken » et le fantastique « Sorrow », tout simplement l’un des plus beaux titres jamais composés par Brett Gurewitz et Greg Graffin (ce début calme magnifique avec la voix prenante de Graffin .. avant une speederie à la mélodie fatale .. mais quel refrain !!). Ce regain de « fraicheur » et de pêche à tous les niveaux était également du à l’arrivée dans le groupe d’un batteur de très haut vol, Brooks Wackerman, qui avait fait ses armes auparavant chez Infectious Groove et Suicidal Tendencies … Sacré niveau et sacrée énergie (jetez un oeil aux live de Bad Religion avec lui, quelle dinguerie !!!).
Le sextet continua dans sa lancée avec mon album préféré de la « réunion », « The Empire Strikes First » sorti en 2004, encore plus inspiré (pour moi en tout cas) que son excellent prédécesseur. Il démarrait lui aussi par une tornade avec « Sinister Rouge » nous brisant le cou d’entrée de jeu. C’est bien simple, TOUS les titres de cet album sont des hits hyper accrocheurs, qu’ils s’agissent de speederies comme « Sinister Rouge » précédemment mentionné, « Social Suicide », « Atheist Peace » (ces 2 derniers étant sous la barre des 2 minutes), « Let Them Eat War » (quelle claque !), « All There Is ».
Comme avec « 21 Century (Digital Boy) », « The Streets of America », « Shades of Truth », « New America » sur les albums précédents, le groupe se fendait d’un mid tempo mélodique fort réussi avec « Los Angeles Is Burning » , un autre avec le très chouette « To Another Abyss » et terminait l’opus en beauté avec « Live Again ».
Le groupe continua par la suite avec des albums tous forts réussis même si un cran en dessous avec « New Maps Of Hell », « The Dissent of Man », le très bon « True North » (faisant des clins d’oeil à « Stranger Than Fiction ») et le dernier « Age Of Unreason » en 2019 montrant un groupe toujours autant en forme après 40 ans de carrière.
Bad Religion possède l’une des discographies les plus fortes qu’il m’ait été donné d’entendre, d’une constance dans la qualité qui force le respect. Impossible aussi de passer sous silence la scène où le groupe a toujours excellé depuis leurs shows féroces à leurs débuts avec le public montant sans cesse sur scène dans des clubs américains archi bondés avec un Graffin qui semblait possédé jusqu’aux shows dans les plus grands festivals (Rock Am ring, Download, Hellfest) montrant le professionnalisme d’un groupe au sommet et intouchable dans leur genre, le groupe variant en plus souvent leurs set lists pour le plus grand plaisir de leurs fans, bref une véritable machine de guerre. Un groupe à voir au moins une fois en live dans sa vie et qui mérite tellement qu’on s’attarde sur leurs albums, leurs paroles et qui mérite amplement leur statut de légende de punk rock (je vais en facher certains .. mais ils le méritent tellement plus que cette arnaque médiatique qu’étaient les Sex Pistols avec seulement 1 album au compteur .. et qui ne tient vraiment pas le niveau face aux « Suffer », « No Control », « Against The Grain », « Stranger Than Fiction » ou « The Empire Strikes First » …
Et ce n’est pas fini, le groupe préparant un nouvel album pour 2023.

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