IRON MAIDEN : « No Prayer For The Dying » (c) 1990

IRON MAIDEN : « No Prayer For The Dying » (c) 1990

No Prayer For The Dying
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Publié: 01/10/1990
L’album que les fans aiment bien détester .. et pourtant …
Pour se remettre dans le contexte de sa sortie, il faut se rappeler que le groupe sortait de 8 années de tournées intensives avec peu de pauses, avec 7 albums salués par une grande majorité comme des pépites de heavy metal. Le groupe avait suivi une voie de plus en plus sophistiquée s’éloignant de plus en plus du heavy brute de leurs débuts, en incluant des claviers, avec des titres plus radio friendly sur 7th Son, ayant des scènes et des décors de plus en plus chargés comme celle magnifique du 7th tour. Le public américain avait commencé à décrocher dès 1988 … ce côté trop sophistiqué n’était certainement pas trop leur tasse de thé. De plus ce début des années 90s voyait l’essoufflement de toute cette vague des gros shows hollywoodiens, le glam et ses paillettes ne correspondaient plus à l’attente des jeunes qui n’avaient plus tellement l’espris à la fête, certainement reflétant les difficultés de la société de l’époque .. (la guerre avec l’Irak se préparait …). Tout cela pour dire que les boys de Maiden ressentaient également ce besoin de revenir à l’essentiel, à l’origine de leurs inspirations musicales avec des titres plus simples, simplement hard rock, avec une production minimaliste et la tournée confirmera cette orientation, avec une scène dépourvue de décors, avec simplement 1 mur de Marshall de chaque côté de la batterie. Le groupe voulait revenir dans l’esprit à des albums comme « Killers » voire « The Number Of The Beast », à plus de simplicité. Cette orientation n’allait pas plaire du tout à Adrian Smith qui avait poussé les autres musiciens à aller dans cette direction prog et travaillée de « Somewhere In Time » et « 7th Son … » .. alors forcément ce retour en arrière ne lui convenait plus, il ne s’y retrouvait plus et décida de quitter le groupe à l’amiable pour le plus grand malheur des fans (dont fait partie votre serviteur).
Welcome home Janick Gers (ex White Spirits, Gillan …), introduit au groupe par Bruce Dickinson qui avait utilisé les services du guitariste anglais pour son 1er album studio et la tournée qui avait suivi. A ce sujet, ce disque / tournée de Bruce laissaient présager des aspirations d’une musique plus simple du chanteur anglais. Alors quid de la musique de ce nouvel album et de ce nouveau Maiden ? Et bien à la 1ère écoute, on ressent de suite qu’on n’aura pas droit à un disque de la trempe de Killers ou son successeur. Déjà la prod est beaucoup plus « légère » et moins typiquement heavy. On entend clairement que le groupe avait voulu donner une « vibe » live à l’enregistrement .. mais on pourra reprocher le manque d’épaisseur et de puissance de la prod (pour la petite histoire, Steve Harris voulait absolument que l’album soit enregistré dans son nouveau studio construit dans sa maison … mais la construction de ce studio ne fut pas terminée à temps et Martin Birch dut louer un studio mobile Rolling Stone pour pouvoir enregistrer dans la maison du boss .. dans des conditions donc franchement pas idéales). On ne retrouve pas des titres aussi fédérateurs et mémorables que « The Troopers », « 2 Minutes To Midnight », « Run To Th Hills » ou de pièces épiques à la « Rime Of The … » ou « Alexander The Great » mais cependant l’album n’est vraiment pas la purge que certains évoquent régulièrement … car des titres comme « Tailgunner » (arff cette intro qui me replonge dans le Zénith de Paris en octobre 1990 !, ces lignes de guitares bien trouvées, ces soli bien sentis), le single « Holy Smoke » à la mélodie de guitare hyper accrocheuse (et la vidéo totalement hilarante !) et l’entrainant et réussi « Public enema #1 ». Même si ces titres n’égalent pas les grands classiques du groupe, ils sont réussis (bien mieux que la grande majorité des titres « courts » sortis par Maiden durant les 00s …), et je dois dire attachants. On notera sur ce début l’album le chant différent de Bruce qui adopte une voix moins « air siren » et légèrement voilée / éraillée comme il l’avait fait sur son album solo, affirmant ce souhait de revenir à une musique plus rock et moins lyrique. Mais le groupe a toujours ce talent inné pour pondre des pépites et le titre « No Prayer For The Dying » en est assurément une. Ce titre me donne toujours le frisson à son écoute .. cette mélodie / trame à la guitare tellement belle, ce chant légèrement bluesy de Bruce tellement beau .. et puis cette accélération jouissive … En à peine 4 minutes, Maiden démontre qu’il est encore capable d’émouvoir, de donner le frisson. Le disque comporte d’autres très bons titres comme « Fates Warning », avec cette magnifique intro pouvant rappeler l’époque SIT et ces soli excellents ou encore « Run Silent Run Deep » bien heavy. Ensuite il est vrai que le disque possède également un ventre mou avec des titres dispensables et peu réussis comme « The Assassin », « Hooks In You » ou « Mother Russia » qui ne réussit dans son rôle de titre épique de l’album. Quant à « Bring Your Daughter …. » … (le seule single de Maiden à avoir été n°1 dans les charts UK .. à Noël 1990 !), je suis assez mitigé car d’un côté, il ne s’agit certainement pas du titre le plus réussi de Maiden (il est du reste souvent moqué par une frange des fans du groupe) mais en live, il a toujours fait le job, avec Bruce faisant chanter le public. J’en garde à chaque fois un très bon souvenir (tournée 1990 et 2003). Enfin un mot sur la pochette .. qui est un peu le reflet de l’album … sympa mais pas la plus réussie (par contre je n’aime vraiment pas la pochette des ré-éditions de 1998 sans le gars).
Au final, j’aime bien cet album (bien plus que son successeur) et je le trouve attachant. Il m’arrive de l’écouter régulièrement à l’inverse de certains autres du groupe et j’ai appris à vraiment apprécier certains titres au fil des années. Et puis ce disque évoque pour moi une période magique car celle où j’avais enfin pu voir le groupe en concert pour la 1ère fois au Zénith de Paris.
Un disque à redécouvrir pour ceux l’ayant laissé de côté depuis sa sortie, car il contient quelques titres vraiment très bons et il ne mérite pas cette avalanche d’insultes et de mauvaises critiques. Certes il est loin des chef d’oeuvres du groupe mais il reste un album très correct dans la grande discographie du géant anglais.

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