IRON MAIDEN : « The Final Frontier » (c) 2010

IRON MAIDEN : « The Final Frontier » (c) 2010

The Final Frontier
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Publié: 13/08/2010

Comme à chaque fois depuis 1986 , j’attendais avec une immense impatience la sortie de ce nouvel album de Maiden .. et cet été 2010 s’annonçait carrément sympa car le groupe allait non seulement sortir un nouvel album, mais aussi mettre en ligne vidéo très prometteuse (celle de « The Final Frontier ») et j’allais voir le groupe en concert au Pukkelpop Festival !
Alors quid de 15eme album studio des anglais … de mon groupe préféré qui plus est ?
Ma 1ère réponse serait qu’il a fallu s’accrocher lors des 1ère écoutes car cette nouvelle offrande est tout sauf facile à appréhender rapidement. L’album est long, très long avec ses 76 minutes, 5 des 10 titres font entre 8 et 11 minutes …
Alors si vous êtes restés scotchés dans 80s avec la musique heavy, agressive et typiquement heavy metal pratiquée à l’époque par Maiden, ce disque, tout comme ces prédécesseurs, va vous chatouiller les oreilles et risque de ne pas vous plaire. Il faut vous faire une raison, les mecs de Maiden n’ont plus 20 ans mais approchaient déjà pour certains la soixantaine et les goûts musiciaux du père Harris lorgnent plus vers les vieux groupes de prog des 70s que vers le heavy ou d’autres musiques agressives. Le groupe a évolué et a sorti quelques superbes pépites sophistiquées comme « Brave New World » ou encore « A Matter Of Life And Death ». Cette fois si, le groupe a décidé de scinder l’album en 2 parties : la 1ère avec 5 titres on va dire faciles d’accès et relativement courts, la 2nde avec 5 titres épiques et à tirroirs. Et dans sa globalité, le disque est plus calme, plus posé et plus lent que son prédécesseur et cela est accentué par une prod et son plus ..rock on dira que heavy metal, plus poli on peut dire que « A Matter … » qui possédait un son cru et assez heavy. Autant d’éléments qui en avaient rebuté plus d’un .. et c’est dommage car l’album mérite qu’on s’y attarde, surtout pour ses longues pièces véritables incitations au voyage comme le génial « Isle Of Avalon » avec sa belle longue intro, toutes ses parties de guitares magnifiques et à noter le travail sur toutes ces sonorités différentes de guitares, les différentes « couches » de guitares qu’on peut entendre si on ouvre en grands nos oreilles, un titre épique mais à ambiances, avec un Bruce impérial (certes on sent sa voix plus fragile mais je trouve cela attachant .. et puis mince, chanter encore de la sorte à plus de 50 balais, bravo). « Starblind » se veut plus rythmé avec à la moitiée du titre une partie instrumentale encore une fois excellente avec un enchainement de soli des 3 guitaristes avec ici les là des sonorités me rappelant « Somewhere In Time » comme ce petit break à 6′ . Maiden nous embarque une fois de plus dans une longue cavalcade épique et mélodique avec « The Talisman » typiquement maidenien avec ce refrain où Bruce crève la plafond des aigus . Moins en ambiances ce titre mais néanmoins excellent et qui rendait super bien en concert.
« The Man Who Would Be King » démarre comme ses 2 prédécesseurs avec une intro calme et posée avec des chouettes guitares tout en délicatesse avant que n’arrive la si belle voix de Bruce … puis des guitares en harmonies spendides arrivent sur fond de légers claviers et de batterie annonçant le démarrage du morceau. Un titre un peu moins évident avec des changements de rythme (avec quelques riffs bien trouvés), gavé de parties de guitares du plus bel effet où l’on sent que los tres amigos se sont régalés. Cette belle pièce se termine de façon inhabituelle, avec une cassure du rythme, avec au départ un chant lointain de Bruce bien trouvé et encore toutes ces magnifiques harmonies de guitares. Splendide !
Le « gros » morceau de l’album arrive, la pièce « When The Wild Wind Blows » émotionnelle à souhait et tellement accrocheur. Cela commence doucement avec le vent en fond, la mélodie légèrement celtique si bien trouvée jouée par une guitare et suivie par la voix de Bruce .. cela nous donne immédiatement envie de la siffloter ou de la chanter .. puis tous les instruments démarquent. La voix de Bruce me donne le frisson sur cette histoire tirée d’une nouvelle « When the Wind Blows » de Raymond Briggs adaptée par le boss narrant l’histoire d’un vieux couple se préparatant à un apocalypse nucléaire et qui se termine tragiquement pour eux. Le titre est magnifiquement construit, suivant l’évolution de cette tragédie. Dès le millieu du titre arrivent une série de soli de guitares mélodiques, alternés avec des harmonies à plusieurs guitares magnifiques. On s’en prend plein les oreilles. La suite se veut plus sombre, menaçant collant tellement bien aux paroles. Quelle pièce composée par Harris ! Et quand on sait que le boss l’a composé au dernier moment en studio … quel talent !!!!
La partie la plus intéressante de l’album est donc pour moi clairement ces 5 magnifiques longues pépites. Le 5 autres titres commençant le disque ne sont pas mauvais, mais moins réussis je trouve. Alors contrairement à beaucoup, j’adore le 1er titre (enfin la 2nd partie), « The Final Frontier ». Enfin un titre court vraiment accrocheur (tellement meilleur que « Wildest Dreams » ou « Speed Of Light » ou l’indigeste « Death or glory ») avec un refrain faisant mouche, un riff entrainant et ce solo de H ❤ . Et pour ceux de l’ayant pas vu, jetez vous sur la vidéo géniale de ce titre, avec son ambiance Alien.
« El Dorado » avait été le 1er titre révélé quelques temps avant l’album, et à dire vrai, j’avais été déçu .. et le suis toujours. Pourtant le morceau démarre carrément bien avec ce riff et cette basse typique des cavalcades de Maiden, certaines autres parties du titres sont également bien trouvées comme le riff avant les soli … mais le refrain gâche un peu tout à mon goût.
« Mother Of Mercy » est plutôt réussi sur un rythme mid-tempo avec cette fois un refrain réussi sur fond de guitares bien heavy.
« Coming Home » est une bien belle balade avec des soli magnifiques, et un Bruce très en voix, mais je trouvais « Out Of The Shadows » de l’album précédent vraiment plus réussie et elle m’embarquait vraiment tandis que ce « Coming Home » ne fait que le job, sans plus.
Le seul titre de l’album accélérant le tempo est « The Alchemist » . Les guitares ont bouffé du lion, tantôt riff heavy, tantôt en harmonies. Cela fait du bien .. mais .. mais .. manque un refrain vraiment marquant. Dommage car ce titre aurait mérité mieux tant le riff et l’idée étaient bons.
Voilà donc un album pour lequel j’ai eu du mal au départ, et qui même par la suite a joué les montagnes russes dans mon appréciation. Il y a encore 1 ans, je n’arrivais plus à l’écouter .. et depuis quelques mois j’éprouve un immense plaisir à le redécouvrir (mais quel boulot et quelle richesse au niveau des guitares tout au long de l’album !!) et au final, je le trouve plus intéressant et plus réussi que le dernier « The Book Of Souls », même si celui-ci contient quelques pépites. Maiden a clairement changé et si on veut apprécier leur musique actuelle (ou de ces 10 dernières années), il faut l’accepter sinon autant passer à autres choses. Cette « nouvelle » orientation plus travaillée avec des morceaux plus lents me plait sur les « Brave New World », « AMOLAD » et « The Final Frontier » .. mais bon, un petit changement pour revenir à des titres plus courts et plus « rock » ne me déplairait pas 🙂.
Un disque donc à qui il faut donner du temps et qui dévoile toutes ses richesses après de nombreuses écoutes .. .

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