IRON MAIDEN : « Virtual XI » (c) 1998

IRON MAIDEN : « Virtual XI » (c) 1998

Virtual XI
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Publié: 23/03/1998

Quand les étoiles ne sont plus alignées et qu’au contraire la loi de Murphy semble s’appliquer de plus en plus pour Maiden …. on se dit que c’est un miracle que Maiden n’ait pas implosé et arrêté l’aventure dans les 90s. L’onde de choc du départ de Bruce fut terrible auprès des fans … et son successeur semblait déjà condamné avant même avoir enregistré la moindre note. Du reste la poisse commença assez rapidement avec l’accident de moto de Blaze en 1994 où il faillit ne plus pouvoir marcher … mais tout comme Steve Harris, Blaze est un combattant et « The X Factor » vit le jour à l’automne 1995. Le Maiden de cette époque était différent, bien plus sombre reflétant les ennuis personnels du Boss (en plein divorse), le contexte mondial peu joyeux (guerre en Yougoslavie aux portes de l’Europe). Il en résulta un album noir, triste mais très réussi avec la voix du nouveau venu collant parfaitement aux nouveaux morceaux mais déjà les fans firent la mou, les chiffres de vente reflétant cet abandon du groupe par une partie des fans (sic) .. et la tournée confirma cela et même accentua ce fossé entre le groupe, ou plutôt Blaze, et les fans les plus durs reprochant au nouveau chanteur de ne pas être à la hauteur sur les titres de Bruce en concert. En Europe la popularité du groupe avait baissé meme s’il ne jouait plus dans les Bercy, le groupe pouvait encore se targuer de remplir des Zénith ou d’être très populaire en Amérique du Sud. Par contre aux Etat Unis, leur tournée fut un désastre, Maiden peinant à remplir des clubs de 1000 personnes … On était bien loin des tournées dans les arenas US ! De plus bon nombre de concerts furent annulés à cause d’allergies chopées par Blaze. Les anglais bossèrent ensuite sur la sortie du « Best Of The Beast » fin 1996 puis prirent du repos avant de reprendre le boulot mi 1997 pour la composition et l’enregistrement du successeur de « The X Factor » .
Et dès la 1ère écoute de « Virtual XI », on sent que quelque chose cloche, ne va pas. Un sentiment présent dès le 2nd titre de l’album « The Angel And The Gambler » … cette désagréable sensation que la musique s’étire inutilement pour au final ne pas dire grand chose d’intéressant, qu’elle se répète sans cesse et finit par lasser et faire bailler alors que l’idée de départ pouvait être intéressante. C’est ce que je ressens à l’écoute des 8 minutes de « Don’t Look to the Eyes of a Stranger », des 7 minutes de « The Educated Fool », des 6 minutes de « When Two Worlds Collide  » et bien sûr « The Angel and the Gambler » et ses 10 minutes interminables. Tous ces titres ont ici et là des petites choses intéressantes (accroche mélodique, harmonie de guitare etc ..) mais malheureusement noyées dans une construction hasardeuse du morceau, comme si le groupe avait manqué de temps pour finaliser correctement leurs titres. Peut être était ce le cas car le groupe avait disposé de bien moins de temps pour écrire & enregistrer l’album que pour « The X Factor » dont les compos étaient abouties : le groupe devait aligner son calendrier avant le début de la Coupe du Monde de foot et ainsi faire une petite tournée de matchs de foot au printemps avant le début de leur tournée européenne pour être libre en Juin durant la coupe du Monde … Quand le foot devient plus important que la musique .. aie aie …on voit le résultat. …
Et pour ne pas arranger les choses, Steve Harris avait décidé de continuer à produire la musique de Maiden et pour le coup, jamais Maiden n’avait sonné aussi …. vieux et daté, donnant l’impression d’entendre un vieux groupe des années 70s et non plus la tornade heavy metal ultra puisssance d’un « Powerslave » ou d’un « Piece Of Mind ». Pour éclaicir un peu le tableau, tout n’est pas à jeter sur cet 11ème album du quintet de l’East End …comme ce « Futureal » bougrement efficace, accrocheur et endiablé, ce génial « The Clansman » épique à souhait et très réussi qui fera un malheur en live avec un Blaze vivant chaque parole chantée avec une telle conviction et émotion dans sa voix, ou encore la chouette balade « Como Estais Amigos » cloturant le disque. Je pense que le groupe se sentait perdu et toujours désarçonné par le départ de Bruce et avait choisi de se refermer sur lui même et avait perdu tout le recul nécessaire lui empêchant de voir qu’il allait dans une impasse. La réalité les rattrapa rapidement, l’album fut un flop retentissant et la tournée encore moins suivie que la précédente obligeant Rod Smallwood à envisager ce que personne n’osait plus espérer ….
Beaucoup (trop) de gens / fans (re-sic) ont imputé cet échec à la fois artistique et commercial à Blaze .. ce qui est faux. La voix du chanteur a toujours collé parfaitement aux morceaux écrits pour lui .. ce sont les compos de Harris & co qui ne suivaient pas, le fait de ne pas avoir un vrai producteur pour les guider sur les choix artistiques et sur le son . Au contraire, Blaze est celui qui a permis au groupe de rester à flot durant ces années difficiles, même si le costume était trop grand pour lui. Nous lui devons une fière chandelle à ce bonhomme au coeur gros comme ça. « Virtual XI » restera certainement l’album le moins réussi du géant anglais (à l’image du visuel de la pochette ) et fut également l’élément déclencheur de sa résurrection 2 ans plus tard avec le retour du Prodigal Son et d’Adrian Smith.

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