JUDAS PRIEST : « Painkiller » (c) 1990

JUDAS PRIEST : « Painkiller » (c) 1990

Painkiller
Catégorie:
Publié: 03/09/1990

Adaptation est un mot qui s’applique parfaitement à la gestion de carrière des anglais (d’autres mauvaises langues diront plutôt « surfing » ou opportunisme). Toujours est il que les 5 de Birmingham (décidemment la plus grosse métallurgie d’Angleterre .. Black Sabbath sortant des mêmes fourneaux !) ont toujours su se remettre en question, à évoluer pour coller à son temps ..mais sans jamais dénaturer ou renier leurs racines heavy metal : dans les 70s; leur heavy était teinté de rock psyché par moments, dès le début des 80s ils prenaient le wagon de la NWOBHM en proposant un heavy direct sans digression, au milieu des 80s, la plupart des groupes de heavy ou de hard calmaient le jeu, ajoutaient des claviers à leur musique .. comme Maiden, Dio ..et Judas Priest fit de même sur un « Turbo » qui divisa les fans, malgré une qualité indiscutable. Et bien dans cette 1ère année des 90s, les musiques extrêmes prenaient le lead avec les groupes de thrash pour la plupart à leur sommet artistique (Slayer, Megadeth, Suidical Tendencies , Kreator…), le death metal n’était pas en reste avec les Death, Obituary etc … et un nouveau style violant émergeait avec Pantera. Rob et co firent la pari de plonger dans cette mouvance en durcissant le ton de leur musique comme jamais .. mais en gardant toujours ici et là le charme et l’accroche qui avait toujours fait leur succès et donné leur identité.
Ainsi quel dépaysement et quelle claque dès l’entame du titre « Painkiler » … avec cette intro de batterie hallucinante du nouveau venu dans le groupe, Scott Travis. Quel changement ! Jamais le groupe n’aurait pu se permettre ce genre de chose avec Dave Holland .. comme le montre le reste du titre avec la double grosse caisse qui nous détruit les oreilles ! Les riffs de guitares ultra heavy et rapides lorgnent vers le thrash, et puis que dire de la performance vocale juste d’un autre monde de Rob Halford hurlant, criant les paroles comme jamais fait auparavant. Nous découvrions tous un nouveau groupe, méchant, agressif et ne voulant faire aucun quartier. De plus le son et la prod donnés par Chris Tsangarides rajoutaient à ce côté brutal de la musique .. on était très loin du côté « synthétique » du son de « Turbo » et « Ram It Down ». Ici tout semblait bien plus naturel, organique. Mais le groupe n’oubliait pas ce côté mélodique sans lequel leur musique se perdrait dans une brutalité aveugle .. et la paire Downing / Tipton nous balancent dès ce 1er titre des soli mélodiques de toute beauté dont ils ont le secret.
Et la bastonage continue avec « Hell Patrol » bien rythmé (la pédale de la double grosse caisse est bien présente) et bougrement heavy un Rob Halford plus en retenue durant les couplets mais revenant agressif pendant le refrain, et les 2 guitaristes nous régalent avec harmonies à 2 guitares et soli mélodiques.
Pas le temps de reprendre son soufle qu’on entend la voix de Rob hurlant comme un damné les paroles de « All Guns Blazing » .. Mais qu’ils sont énervés ! Ce brûlot est agressif à souhait avec un refrain simple mais redoudable d’efficacité.
Le point commun à quasi tous les titres de cet album est la pédale de double grosse caisse de Scott Travis qui résonne sans arrêt et nous vrille les oreilles comme sur le très bon « Leathal Rebel » qui rappelle un peu les titres les plus heavy de « Ram It Down » mais à la puissance décuplée grace à Scott Travis qui abattait un boulot de folie sur ce disque.
Pour faire simple, tous les titres de « Painkiller » semblent sortis du même moule avec quelques petites variations de tempo (« Metal Meldown » accèlere le rythme) excepté le génial « A Touch Of Evil » sur lequel on retrouve le Judas Priest épique qui avait sorti les géniaux « Blood Red Skies », « Victim Of Changes » ou « Out In The Cold », heavy, rampant, mélodique avec quelques notes de clavier ici et là .. mais ici l’ambiance est plus sombre. Une grande réussite et un très grand morceau des anglais.
Que déloges pour cet album me direz vous ? Oui car « Painkiller » et le groupe les méritent .. cependant j’émets pour ma part une petite réserve sur une ressemblance un peu trop prononcée de bon nombre de titres. Heureusement ils sont tous bons, mais un peu plus de variation ne m’auraient pas déplu.
En tout cas, je salue cette prise de risque des anglais qui auraient pu se mettre à dos leur base de fans mais il n’en fut rien tant le groupe avait réussi son coup, et au bon moment .
Un grand disque à défaut d’être un chef d’oeuvre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Rate this review