LONEWOLF : « Division Hades » (c) 2020

LONEWOLF : « Division Hades » (c) 2020

Division Hades
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Publié: 25/09/2020
La France et le heavy metal … cela n’a jamais été facile en ce qui concerne nos groupes. Autant les groupes issus des 80s font de la résistance et se portent plutôt bien ayant sorti des albums de qualité ces dernières années (ADX, Vulcain, Killers …) où se préparent à le faire (Sortilège, Titan), autant on voit émerger ici et là ces dernières années des jeunes loups qui en veulent comme Tentation, Animalyse, Meurtrières, Herzel, Electric Shock et d’autres, autant cela est beaucoup plus compliqué pour les groupes issus des 90s ou du début 00s. Bon nombre ont laché l’affaire après des débuts prometteurs (Malédiction forcément, Stereoxyde, Death Power, Pryde ..) .. sauf les grenoblois de Lonewolf formé par JensWolf Börner en 1992. 28 ans d’existance, ce n’est pas rien .. et c’est même exceptionnel et mériterait la médaille du combattant du metal !
Rarement je n’aurais vu autant de persévérance drivée par une passion intacte pour le hard. Contre vent et marée, Jens a mené la barque de son groupe avec un acharnement et un amour pour les riffs heavy et épiques qui forcent le respect, produisant des albums d’une grande qualité et toujours fidèles à ce heavy très allemand puisant son inflluence bien entendu chez Running Wild mais aussi Grave Digger .. mais surtout ayant sa propre identité. Mettez moi n’importe quel titre du groupe, je reconnaitrai en 2 seconde la patte Lonewolf. J’ai pris le train en marche en 2008/2009 à la sortie du génial « Made In Hell » et avait eu la chance de rencontrer le groupe lors de leur concert en 1ere partie de Blaze Bayley à Tournai en Belgique … et leur show transpirait de cette passion, de cette sincérité qui a rendu le groupe et ses musiciens si attachants. Le groupe comptait à l’époque comme soliste Damien Capolongo … qui quitta le groupe fin 2010 après la sortie du très bon « The Dark Crusade » et c’est avec une joie non finte que j’appris son retour dans le groupe pour le 10ème album du loup solitaire, « Division Hades ».
La discographie du groupe est très homogène mais j’ai toujours eu une préférence pour « Made In Hell » et « The Dark Crusade » et les soli de Damien. Attention, les albums récents du groupe sont très bons mais j’ai toujours gardé un petit faible pour la période avec Damien.
Alors que donne ce 10ème opus « Division Hades » des résistants du heavy metal ? Et bien sans hésitation il se positionne dans le pelonton de tête des meilleures réalisations du groupe.
La magnifique pochette était un signe annonciateur mais de là à avoir entre les mains l’une des meilleures réalisations du genre par nos Lonewolf, je ne cache pas que c’est une surprise. En toute honnêté, j’avais des choses à redire sur leurs réalisations post « The Dark Crusade » concernant le choix de production dont je n’étais pas toujours fan et quelques fois une consistance pas toujours au rendez vous. Par contre sur ce nouveau disque, les musiciens ont choisi un son à l’ancienne, c’est surtout flagrant au niveau des guitares rythmiques sonnant beaucoup plus naturelles et bougrement heavy, avec la basse de Rikki Wolf bien présente et la batterie et pédale de double grosse caisse de Christophe Brunner Bubu nous vrillant les oreilles pour notre plus grand plaisir. Mais le plus important est bien évidemment la musique, et pour le coup Jens et ses loups frappent très très fort car c’est bien simple, les 10 pistes sont absolument bluffantes, d’une qualité rare du début à la fin sans une seule baisse de régime. 3 ans se sont écoulés depuis leur précédente galette « Raised On Metal », le groupe a pris le temps de peaufiner leurs chansons , cela s’entend et le retour de Damien est, je le pense, un élément décisif car il apporte un grand plus avec ses interventions précises et toujours mélodiques tout au long de ces 10 titres, et puis sa complémentarité avec Jens à la guitare saute aux oreilles. L’autre grande force de ce millésime 2020 est sa diversité et sa richesse. Attention, quand je dis « diversité », ne vous attendez pas à un titre de bal musette !! Lonewolf fait toujours du Lonewolf mais a enrichi sa musique (guitares acoustiques, piste instrumentale ..), alternant tempo rapide et ambiance plus lourde et épique et cela rend l »écoute beaucoup plus agréable, fluide et passionnante.
A cet égard, le 1er titre « The Last Goodbye » en est la parfaite illustration avec cette intro envoutante, prenante et tenant à coeur de Jens, avec ces arpèges de guitares, ces choeurs célestes en fond, cette voix grave disant au revoir ..puis la voix étonnante et claire de Jens prenant le relais, une voix pleine d’émotion .. puis le morceau part avec ce tempo rapide mené par Bubu et Rikki et cette mélodie de guitare typique du groupe. Le refrain est efficace sur fond d’harmonies de guitares de Damien et Jens de toute beauté ….puis arrive cette partie instrumentale sur laquelle les 2 guitaristes s’en donnent à coeur joie tout en harmonies complices. Titre magnifique et très émotionnel magnifiquement composé et mis en valeur par une prod puissante et sans chichi. Le travail des guitares et les riff se font entendre sur le très réussi « The Fallen angel », mid tempo sur les couplets et accélérant durant le refrain avec encore une fois un refrain faisant mouche (une constante à souligner sur tous les titres) puis un break survient à 3min avec ces choeurs lointains récurrents tout au long de l’album avec cette petite mélodie de guitare … annonçant une cavalcade durant le solo bien senti de Damien toujours mélodique.
« Division Hades » enchaine sans temps mort sur un tempo soutenu, les guitares sont toujours à la fête ponctuant ici et la le brûlot d’harmonies, la chant de Jens hargneux en gardant toujours une pincée de mélodie (et les mélodies sont particulièrement bien trouvées sur cet album). Le break musical possède un côté mystique renforcé encore une fois par ces choeurs « gothiques » évoquant peut être des anges, sur lesquels les 2 guitaristes se livrent à des duels de guitares.
Vous voulez un riff en béton armé renvoyant Rock’n’Wolf à ses études de riffeurs ? (gag !!) Et bien prenez vous celui de « Manilla Shark » absolument génial : heavy en Diable et si accrocheur. Ce titre mid-tempo est pour moi THE HIT de l’album et mon titre préféré. Tout est parfait : le riff, les mélodies de guitares, le chant / ligne vocale de Jens et ce refrain fédérateur à la mémoire de Mark « The Shark » Shelton leader de Manilla Road décédé en 2018. J’imagine déjà comme ce morceau va cartonner en live avec son côté fédérateur.
« Underground Warriors » est également une grande réussite de l’album, me rappelant le « Riding The Storm » de Running Wild .. c’est dire le niveau de cette speederie heavy et d’une efficacité redoutable. Ce titre va casser des nuques et mettre le boxon dans les fosses des concerts futurs du groupe !
L’interlude instrumentale « To Hell And Back » arrive à point nommé pour permettre un peu de répit, avec ces arpèges de guitares avec toujours ces choeurs mystiques ..la batterie façon marche millitaire arrive ensuite avec ces bien belles parties de guitares .. s’enchainant directement avec le titre suivant, la speederie metallique « Alive » qui balaie tout sur son passage , dans lequel Jens hurle qu’il est toujours vivant malgré toutes les galères traversées ces dernières années. Ni rien ni personnes (ni les « sirènes ») ne le feront dévier de sa trajectoire .. pour notre plus grand plaisir. Un sacré bon morceau dégageant une énergie folle et où sent la hargne.
« Lackeys of Fear » et « Silent Rage » suivent sur un tempo rapide et sont tout aussi réussis avec un break bien trouvé lent et heavy pour le 1er suivi de soli montrant la virtuosité de Damien qui illumine tout l’album de son talent de guitariste et de mélodiste.
Ce 10eme album de Lonewolf se termine par une splendide pièce épique de plus de 9 minutes, « Drowned In Black ». Il se passe plein de choses dans ce titre .. avec déjà cette intro calme durant la 1ère minute, inquiétante avant que Jens ne hurle sa peine et souffrance et qu’un riff heavy ne lance le morceau.
Le groupe a le sens du refrain qui tue comme je l’ai dit précédémment et c’est flagrant sur cette pépite. Difficile de ne pas gueuler avec Jens ce refrain, de lever avec lui les 2 poings au ciel ! Un break de toute beauté survient à 4min, le tempo devient plus lent mais les riffs restent bien heavy avant que la minute suivante des guitares aux sonorités différentes nous gâtent, avec ces arpèges de guitares acoustiques sur lesquels se posent des mélodies très belles de guitare électriques. Que ce break est chouette ! Une avalanches de soli et harmonies des 2 guitaristes prennent le relai .. mais quel régal et quel festival et feu d’artifices de guitares pour un final parfait de l’album.
Je pense qu’il ne faut pas être devin pour deviner mon verdict sur ce « Division Hades » … Cet album est une tuerie, ni plus ni moins, du début à la fin et c’est vraiment là le grand plus de ce 10eme album de Lonewolf par rapport à ses récents prédecesseurs. Impossible de s’ennuyer une seule seconde ou de zapper un titre . Tous sont parfaits et excellents et parmi les meilleurs compos jamais composés par le groupe (les 3/4 des titres ont été composés (la musique) par le duo recomposé Jens / Damien). Quand toutes les étoiles sont bien alignées, que l’inspiration est au rendez vous, que le son et la prod aident à ce sentiment de puissance des morceaux et les mettent en valeur, cela donne le meilleur album du groupe depuis « The Dark Crusade ». Des nets progrès ont été faits à tous les niveaux ..et cela donne l’une des meilleures sorties heavy metal de l’année.
Bravo les gars !!

1 réponse

  1. DUPROT dit :

    Super chronique, rien à ajouter… masterpiece !!!

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