MAGNUM : « The Monster Roars » (c) 2022

MAGNUM : « The Monster Roars » (c) 2022

The Monster Roars
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Publié: 14/01/2022
MAGNUM est un groupe fantastique. Après un début de carrière ayant démontré leur immense talent dans un registre hard rock mélodique avec une touche de FM et des moments épiques donnant le frisson, une période plus AOR sympathique, un retour au sommet artistique en 2007 avec le superbe « Princess Alice and the Broken Arrow », le groupe anglais avec une grande régularité nous offre tous les 2 ans un album studio … et à chaque fois nous sommes émerveillés par le résultat .. et ce « The Monster Roars » ne déroge pas à la règle. Ne vous attendez pas à du heavy metal ou du thrash metal, MAGNUM continue de proposer ce qu’il sait le mieux faire, c’est à dire un hard rock / rock d’une classe incroyable avec un petit côté épique ici et là et étant l’une de leurs caractéristiques. On avait noté depuis « Escape from the Shadow Garden » en 2014 une volonté de Tony Clarkin et ses camarades de composer une musique plus travaillée, plus épique et on retrouvait ainsi toujours au moins 3/4 pièces de 6 à 8 minutes de toute beauté, avec souvent des arrangements sublimes, des orchestrations rendant ces morceaux très cinématiques, le summun étant atteint avec le très bon « Lost on the Road to Eternity » en 2018.
2020 voyait l’arrivée d’un nouveau bassiste, Dennis Ward connu pour son travail entre autres dans Unisonic, Pink Cream 69, pas le 1er venu, remplaçant le fidèle Al Barrow présent depuis la reformation du groupe en 2002 et sa 1ère participation fut dans l’un des meilleurs albums du groupe, tout simplement, « The Serpent Rings » qui résumait à merveille le meilleur de ce que pouvait proposer MAGNUM depuis une quinzaine d’années, un mélange parfait de titres épiques et passionnants, des titres plus mélodiques et aussi des moments plus rocks.
Avec cette nouvelle offrande 2022, les anglais enlèvent un peu du côté épique avec moins de pièces longues, globalement moins d’orchestrations avec un durcicement général du propos avec la guitare de Tony Clarkin heavy et mordante comme jamais et mise en avant plus que d’habitude .. et à l’inverse on notera les claviers plus en retrait donnant à l’ensemble un côté plus sombre comme en témoigne cette pochette assez differente de celles des albums du groupe depuis 2007. Et comme pour confirmer  cette volonté de revenir à une musique un peu plus directe telle que le groupe le proposait à leurs débuts, les 5 musiciens entament leur 21eme galette par le title track « The Monster Roars » fabuleux commençant par ces notes de piano et la voix toujours aussi belle de Bob Catley avant que le titre démarre d’une façon assez théatrale avec cette guitare heavy nous replongeant à l’époque des sacro-saints « Chase The Dragon » et « The Eleventh Hour! ». En à peine 4 petites minutes, MAGNUM nous a mis dans leur poche et donne le ton de l’album.
« Remember » est certainement l’un des plus beaux morceaux jamais composés par les anglais. Comment ne pas succomber à cette intro sublime avec la voix de Catley, ces quelques notes de clavier .. avant que le tempo s’accélère avec ce refrain tellement beau accrocheur me rappelant la période « Princess .. » … et un mot sur Catley dont l’age (74 ans) ne semble pas avoir d’effet sur sa voix tellement belle, faisant passer tant d’émotions.
Le groupe a toujours eu un don pour composer des pièces mélodiques ne tombant jamais dans la mièvrerie ou la guimauve, et au contraire des power ballades toujours passionnantes à peu à l’instar de celles proposées par QUEEN .. et « All You Believe In » est de celles là, dégageant tellement d’émotions et témoignant du savoir faire du groupe et de leur talent, dont ces parties de piano de Rick Benton magnifiques contrebalancées par les riffs costauds de Clarkin qui se fend ici d’un chouette solo mélodique.
Et idem, comment ne pas succomber au chant tout en velours de Catley sur le très beau « Walk The Silent Hours » avec ces quelques orchestrations parfaites.
Les anglais ont toujours ce talent pour composer des morceaux marriant un côté bien rock et mélodique avec toujours une classe incroyable, comme sur le 1er single sorti « I Won’t Let You Down » et le très bon « The Present Not The Past » sur lequel la guitare de  Clarkin est encore une fois aux avant-postes.
Tout comme sur « The Serpent Rings » avec le réussi et étonnant « House of Kings » très rock et remuant avec ses cuivres inattendus, le quintet remet le couvert sur le festif rock « No Steppin’Stones » avec une nouvelle fois un section de cuivres collant parfaitement à l’humeur de ce brûlot. On a envie de se lever et d’aller faire la fête avec les anglais.
Mais là où MAGNUM m’émerveille sur cet album, c’est sur ses titres plus heavy comme sur « That Freedom Word » (avec une chouette intro en douceur avant de lacher les chevaux) et son refrain dévastateur constrastant avec les couplets plus posés et les interventions parfaites de six cordes de   Clarkin. Et que dire du fabuleux de « Come Holy Men », mon titre préféré de cet opus, heavy à souhait avec un chant de Catley si prenant me rappelant le génial « Sacred Blood « Divine » Lies » avec un son de guitare heavy comme pas possible, et cette section rythmique qui cogne dur (Lee Morris derrière les fûts, secondé de Dennis Ward à la basse, ça ne rigole pas !!!). Ce titre est juste fabuleux. Du TRES grand MAGNUM.
Un disque du groupe sans pièce épique ne serait un pas un album de MAGNUM .. et pour le coup, les anglais font fort avec le sublime « Your Blood Is Violence » heavy au tempo plombé et cette guitare toujours au 1er plan avec ce riff bien jouissif durant les couplets, très envoutant .. mais là où le groupe nous émerveille, c’est durant cette partie instrumentale avec ce solo de guitare tout en touché de Clarkin enchainé avec ces « ohh ohhh » qui forcément parlent au fan de Maiden que je suis ! Et puis quel final !
Pour conclure ce feu d’artifice, les musiciens nous servent un « Can’t Buy Yourself Of Heaven » réussi, avec finalement pas de gros riff heavy .. mais le groupe arrive à rendre ce titre puissant et lourd dans son interprétation et semble s’amuser comme les soli juste parfaits de Clarkin et cette partie instrumentale de toute beauté. Le groupe a le don de créer une dynamique de malade dans chacun de leur titre rendant l’écoute passionnante et ce dernier titre en est la démonstration éclatante.
On se demande toujours avant chaque sortie d’un nouvel album, comment MAGNUM va réussir à nous proposer un disque intéressant sans que l’ennui pointe le bout de son nez, car l’exercice n’est pas facile pour un groupe ayant 20 albums studio à son actif … et bien la réponse est ce 21ème opus absolument parfait et irréprochable des anglais. C’est tout bonnement incroyable cette constance dans la qualité et dans cette inspiration toujours présente. Il serait tellement mérité que MAGNUM ait un plus ample succès en Europe … et en France pour pouvoir défendre leurs fabuleux albums sur scène. Un très grand disque encore une fois.

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