MALEDICTION : « Esclave du vice » (c) 2004

MALEDICTION : « Esclave du vice » (c) 2004

Esclave du vice
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Publié: 26/01/2004

Ah les groupes français …sujet souvent chaud et facile cible aux critiques et moqueries … et pourtant …. la France a toujours été un vivier de talents dans notre musique, le hard. Et quand on commence à aborder le sujet des reformations .. aie aie c’est encore pire … et personnellement, je trouve cela dommage. Les gens s’enflamment, ont la critique facile car peut être attendent ils trop d’une reformation, espèrent retrouver le même groupe 30 ans après ..ce qui est bien entendu stupide. Cela ne marche et ne marchera jamais comme cela. Faut juste « prendre » ce que les groupes se reformant ont à donner, car ce n’est au final que du bonus .. et quelques fois une chance extraordinaire d’enfin les voir une 1ere fois en live. Et qu’est ce que je donnerais pour voir MALEDICTION en concert au moins un fois (même si un de ses membres importants n’est malheureusement plus de ce monde).
Sortis presque de nul part, les 4 Laonnois ont marqué à jamais l’histoire du hard hexagonal avec 1 démo et 2 albums absolument fantastiques à ériger au panthéon parmi les meilleurs albums français jamais sortis, tout simplement.
Certains ont une préférence pour le 1er opus « Condamnés » il est vrai génial reprenant le meilleur de groupes comme ADX, Sortilège avec leur touche à eux.
Pour ma part, c’est le monumental « Esclave Du Vice » qui m’a marqué à jamais. Pourtant les 2 disques sont assez proches mais mon coeur balance vers cette galette, peut être parce que le groupe se détachait de ses influences et montrait son vrai visage au travers d’une musique et des paroles plus personnelles, des compos me touchant plus, globalement plus agressives et avec un son et une prod nettement meilleurs et moins ancrés dans les 80s. SORTILEGE avait sorti 3 disques définitifs des 80s, MALEDICTION sortait en 2004 l’album définif de hard des années 2000, apportant sa pierre à l’édifice, un album, un son unique qui allait rester une pierre angulaire du heavy metal français mais pas que, car ce joyau se hisse largement au niveau (et pour mois bien plus haut) que la concurrence étrangère. Oui je suis archi fan de cet abum vous l’aurez compris, mais comment ne pas l’être ?
Comme résister à ce « Dans la mémoire » dantesque servi en guise d’intro ? Ce riff à la fois heavy mais que ne renierait pas le Metallica de « Ride The Lightning » (arff ce break et riff juste avant le solo ❤ ), ce chant si caractéristique et accrocheur de Sylvain Mollard et bien entendu ces descentes de manche vertigeuse sur les soli de Mathieu et Sylvain, à cette basse si expressive d’Olivier M. dans « Absynthe » soutenue par cette batterie énervée de Franck et des riffs toujours si costauds. C’est bien simple, chaque titre est une pépite ..regorgeant d’idées excellentes tellement bien mises en musique comme sur « Justice Assassine » ou les 2 guitarites nous régalent comme jamais, et puis cette ligne vocale si prenante … et c’est l’une des grandes forces de l’album (et du groupe) : ce chant en français avec la voix unique de Sylvain Mollard et les paroles de Mathieu Poulain vraiment inspiré, racontant une histoire passionnante dans chaque chanson.
Impossible de résister à ce titre de bravour qu’est « Martyr » avec encore une fois un riff imparable, une avalanches de soli et puis ce final magnifique à la guitare acoustique.
Le groupe sait se montrer plus agressif comme sur « Conspirations » mais se rappelle d’où il vient comme en atteste le chef d’oeuvre « Hérésie » heavy accrocheur dans la 1ère partie avant que tout ne s’accélère dans la 2nde partie du morceau avec riffs heavy en diable, soli jouissifs et double grosse caisse martelant nos tympans . un titre atypique dans sa construction mais tellement bon !
On retrouve toute la richesse de la musique de MALEDICTION et son talent de composition sur le superbe « Esclave du vice », débutant par ces arpèges de basse que n’auraient pas rénié Cliff Burton, avant que ne déboule un riff d’une puissance incroyable et ces harmonies de guitares très belles préparant à un démarrage du titre bien plus rythmé par la suite. Ca envoie du riff et la batterie mène le balle !
Pas un seul temps mort et les français nous assènent 2 derniers coups fatals avec d’abord le mid tempo « Vers l’enfer » redoutable en … Diable (j’adore ce refrain !!) et ces guitares encore une fois si géniales, puis avec l’instrumental « Au Royaume d’Hadès » (seulement dispo sur le cd, pas sur le vinyle) très réussi et revisitant le thème d’un passage de la BO d’ …. Ulysse 31 !
43 petites minutes de pur bonheur auditif, un groupe qui avait tout compris et avait mis le doigts sur ce qu’il y a de meilleur et de plus magique dans le hard, et ce grace à une conjugaison de plusieurs facteurs : un talent des musiciens et une entente entre eux qui s’entend, un talent rare de composition, une lucidité pour avoir su digérer toutes leurs influences pour produire leur vision à eux du hard et avoir réussi à mettre autant de personnalité dans leurs chansons.
Un disque incontournable, un chef d’oeuvre intemporel que j’amènerais avec moi sur une ile avec « Powerslave », « Métamorphose », « Operation Mindcrime », « Rising » et « Ride The Lightning ».

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