MARILLION : « Misplaced Childhood » (c) 1985

MARILLION : « Misplaced Childhood » (c) 1985

Misplaced Childhood
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Publié: 17/05/1985
Il y a des rares moments dans la vie qui produisent des choses formidables …. bien entendu principalement dues aux personnes impliquées mais aussi aidées quelques fois par quelque chose de plus grand, parce que aussi tous les astres sont bien alignés …et c’est ce qui c’est produit avec la génèse de « Misplaced Childhood », chef d’oeuvre absolu de MARILLION .. et même chef d’oeuvre absolu tout court.
Pourtant tout n’était pas gagné d’avance car le groupe subissait de plus en plus de pressions suite au succès inattendu et bien venu du live « Real To Reel » et l’attente à la fois du public et de la maison de disques étant grande. La petite histoire dit que le concept de l’album fut trouvé par Fish après un trip au LSD …après que le chanteur séchait pour trouver un thème marquant pour ce nouvel album. Fort de ce sujet portant sur l’enfance perdue et après en avoir exposé la trame à ses camarades, les musiciens motivés par l’enthousiasme de leur chanteur composèrent les pièces musicales suivant les paroles de Fish. Les anglais témoignent dans la vidéo du coffret de l’album sorti il y a quelques années, que tout avait coulé de source lors de la composition de l’album (jamais vu avant et après dans le groupe époque Fish) et jamais l’entente n’avait été aussi parfaite. Le groupe et le producteur Chris Kimsey s’envolèrent pour Berlin pour enregistrer l’album, dans un quartier pas animé, gris, dépourvu de toute tentation pour les musiciens, et le studio fut interdit à la maison de disque. Le groupe et le producteur voulaient aller au bout de ce projet fou, un concept album composé de 2 grandes pièces de 20 minutes chacunes, 1 par face de l’album. Et la belle équipe gagna leur pari  convaincus déjà à l’époque qu’ils avaient entre les mains quelque chose de très fort, de très grand .. et ils n’avaient pas tord.
Tout dans « Misplaced Childhood » coule de source, transpire la classe, la beauté musicale, cette mélancolie portée par la voix fantastique de Fish entrant dans la peau de son personnage tout au long de cette quarantaine de minutes. Chacun des instruments y trouve sa place et brille comme jamais et se permettant au fil des chansons des interventions toujours au bon moment. Rien ne semble être laissé au hasard, mais ce qui rend chaque écoute de ce disque si agréable et passionnante est sa fluidité et ses enchainements absoluments parfaits (entre « Kayleigh » et « Lavender » par exemple avec ce piano). On se laisse porter, on ferme les yeux et on voyage dans le temps avec Fish, au temps de cette enfance semblant déjà loin, se rappelant de nos 1ers amours perdus et marquants, de cette époque où aucune responsabilité ne pesait sur nos épaules (quelque chose que Fish a eu beaucoup de mal à gérer au sein de Marillion) et où l’innocence primait.
Je n’ai pas envie de faire un « track by track » car cela ne rimerait pas à grand chose et surtout cela ferait perdre de sa force à « Misplaced Childhood ». Ce joyau de rock progressif s’écoute d’une traite des premières notes de clavier fabuleuses de « Pseudo Silk Kimono » aux choeurs finaux de « White Feather » et aucun titre ne peut être isolé. Un mot également sur le travail de production fantastique réalisé par Chris Kimsey qui avait réussi à capturer toute l’essence de la musique et du son du groupe, les aidant dans leurs choix d’arrangements. Il s’agit pour moi véritablement du 6ème membre et artisan du succès de ce disque. Enfin et comme pour parfaire cette perfection artistique, la pochette de l’album est magnifique et parfaite collant tellement bien aux paroles de Fish (et idem pour les pochettes des 3 singles issus de l’album) par Mark Wilkinson.
Cet album a marqué l’histoire de la musique, m’a énormément marqué et rares sont les albums que j’écoute plusieurs fois par mois depuis 35 ans … « Misplaced Childhood » fait partie de ceux là. Un chef d’oeuvre parmi les chef d’oeuvres, l’un des très rares disques que je mets au même rang que les chef d’oeuvres d’Iron Maiden, c’est dire ! Jamais je ne remercierai assez ma soeur adorée de m’avoir fait découvrir Marillion et entrer dans leur monde musical peu de temps avant la sortie de cette pépite.
Si vous ne connaissez pas cet album, jetez vous dessus et savourez 🙂

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