MEGADETH : « Rust in Peace » (c) 1990

MEGADETH : « Rust in Peace » (c) 1990

Rust in Peace
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Publié: 24/09/1990
Les Titans du thrash s’étaient donnés rendez vous en 1990 pour sortir chacun sa pépite de thrash. Ainsi Slayer sortait son « Seasons In The Abyss », Suicidal Tendencies son « Light Camera Revolution » et la bande à Mustaine dégainait son « Rust In Peace ».
A vrai dire, on ne savait pas trop à quoi s’attendre de la part de Megadeth. En effet Mustaine avait viré Young et Behler perpétuant la tradition de la valse des guitaristes / batteurs tous les 2 ans et puis le rouquin avait décidé de devenir sobre. De quoi nous inquiéter !!
Mais trève de plaisanterie car sur ce 4eme album, Mustaine et ses musiciens ne rigolent pas … et nom de Zeus que ça joue bien !! Il faut dire que l’arrivée des 2 nouveaux venus y contribue pour beaucoup : Nick Menza est un monstre de technique et d’efficacité derrière les futs, adepte de pédale double grosse caisse et surtout témoignant d’une énergie folle .. et puis il y a Marty Friedman à la guitare .. un choix qui à l’époque paraissait étrange …Friedman ayant l’image d’un guitar-hero (ex CACOPHONY avec également Jason Becker) et ancien poulain de l’écurie Mike Varney (boss d’un label dédié aux guitar-heros avec Malmsteen (Steeler), Paul Gilbert, Tony MacAlpine, Vinnie Moore, Greg Howe, Richie Kotzen, Chastain, excusez du peu !) et assez loin de l’image d’un thrasheur. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences … car Friedman va s’adapter avec une facilité déconcertante et s’entendre parfaitement avec Mustaine et ainsi formé un duo inattendu d’une complicité qui allait faire un malheur comme sur ce « Rust in Peace » qui en est une éblouissante démonstration.
Alors oui il y a musicalement du changement dans ce nouveau Megadeth … Le groupe a placé la barre très haut d’un point de vue technique et c’est ce qui frappe de suite à la 1ère écoute de l’album. Comment ne pas être scotché par la virtuosité de cette section rythmique menée tambour (sic) battant (re-sic) par un Menza impressionnant, par ce déluge de riffs et changements de rythmes au sein d’un même morceau et bien sûr par ces descentes de manches par Mustaine et Friedman ?
Si on devait résumer le disque et ce nouveau Megadeth en 1 morceau, ce serait bien entendu « Holy Wars…the Punishment Due ». Dès les 1ères secondes, nous sommes happés par ce riff ébourrifant et étant devenu une référence, un classique au même titre que celui d’un « Highway To Hell », « Creeping Death » ou « The Trooper » … et déjà à 2min le groupe ose placer une partie de guitare acoustique hispanisante, du jamais vu mais si bien trouvé. La 1ere cassure rythmique arrive .. le tempo se veut plus lent, Mustaine semble implorer le ciel …. puis tout s’accélère, s’énerve et le morceau prend une tournure bien plus thrash avec une succession de soli des 2 virtuoses sans aucune retenue pour se terminer en véritable tornade speed. La 1ère écoute finie, on ne sait pas trop ce qui vient de se passer .. les musiciens nous ont mis mandale sur mandale , nous ont secoué dans tous les sens, mis à mal nos cervicales mais nous ont également surpris. Megadeth venait d’accoucher d’un chef d’oeuvre. Et nous n’étions qu’au début du festival ….
« Hangar 18 » est lancé par un riff assez mélodique et ces guitares en harmonie de toute beauté sur un rythme mid-tempo et avec un Mustaine plus mélodique au chant, ce qui était une 1ère. Ce début est magnifique et on découvrait un Megadeth dans un registre plus heavy metal que thrash .. mais chasser le naturel et il revient au galop … Après un break inquiétant sur un rythme changeant sur lequel les 2 guitaristes balancent des soli magnifiques, le tempo s’accélère pour un final thrash et apocalyptique dans un déluge de soli de folie. L’art de tromper son .. ennemie… On croyait avoir une pièce de heavy ..et on se retrouve avec un final à fond thrash. 2nd titre, 2dn joyau.
Les 3 musiciens accélèrent le tempo sur l’énervé « Take No Prisoners », l’un de mes titres préférés de l’album rappelant certains titres du génial « Peace Sell »..
La basse d’Ellefson démarre « Five Magic » un peu à la « Peace Sells » mais moins rythmé, en arpèges aidé par ces harmonies de guitares, dans une ambiance inquiétante avant que le titre se lance mid-tempo. Friedman balance ici et là des mélodies de guitare, le titre évolue étrangement sans véritablement de structure couplet / refrain .. le tempo s’accélère progressivement pour finir … comme beaucoup de titres de l’album en furie thrash et avalanche de soli.
Sur « Poison Was The Cure », Menza enclenche la 2nde sur un tempo très rapide, dans une ambiance très speed metal avec un solo mélodique de toute beauté, le tout en moins de 3 minutes.
Un côté plus mélodique se fait sentir de façon générale sur l’ensemble de l’album et c’est flagrant sur le très réussi « Lucretia » avec cette partie de guitare démarrant le morceau. Le riff de Mustaine n’en demeure pas moins heavy mais ici le style est clairement un heavy mélodique sublimé encore une fois pas les guitaristes qui nous gratifient de soli tous plus beaux les uns que les autres et d’une grande virtuosité.
Le quator va toucher au sublime avec le morceau suivant, « Tornado Of Souls » … trouvant la formule parfaite entre énergie du thrash et accroche mélodique évidente à la fois dans le chant de Mustaine et ce riff identifiable en 2 secondes .. puis cette cassure rythmique dès la 2de minute avec ces harmonies de guitares jouissives et très maidenniennes et surtout ce soli d’anthologie, certainement l’un des meilleurs qu’il m’ait été donné d’entendre. Le « riffage » dans ce morceau est tout bonnement hallucinant, en en faisant l’un des meilleurs titres du genre. Oui Mustaine était un Dieu du riff !
« Dawn Patrol » est un interlude étrange basé sur un riff de basse d’Ellefson comme pour permettre de souffer un peu avant une dernière salve, « Rust In Peace… Polaris » typiquement mustainien.
En 40 petites minutes, Mustaine avait réussi son pari et avait clairement étonné son monde lors de cette rentrée 1990. On savait bien le musicien capable du meilleur .. mais pour le coup, il avait mis la Terre entière à genoux avec un album clairement au dessus de la masse des autres albums de thrash de l’époque avec un niveau, une virtuosité hors norme en n’oubliant jamais le sens de la mélodie, un sens du riff peu commun et secondé par les meilleurs musiciens qu’il ait eu et surtout avec qui il avait réussi à obtenir l’alchimie parfaite.
La prod/son à la fois puissante et froide collait parfaitement à cette nouvelle orientation musicale, ou l’on devinait l’envie de Mustaine d’explorer d’autres contrées musicales et ne plus se limiter qu’au pur thrash.
Le groupe avait écarté le côté punk et brut de leurs albums précédents au profit d’un heavy thrash réfléchi mais sacrément bien foutu.
Donc oui chef d’oeuvre, le 2nd après « Peace Sells » 4 ans auparavant. Un disque référence dans le genre et qui mérite largement toutes les louanges.

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