METALLICA : « …And Justice for all » (c) 1988

METALLICA : « …And Justice for all » (c) 1988

...And Justice for all
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Publié: 25/08/1988
Le 25 août 1988 sortait « …And Justice for all » de METALLICA. Un album qui était très attendu et dont la sortie avait été repoussée.Pour remettre les choses dans leur contexte, le groupe avait signé sur une major suite au succès de « Master Of Puppets » (disque d’or, une 1ère pour un album de thrash !!) et la tournée qui avait suivi (bien aidé par la tournée en ouverture d’Ozzy aux US). Le groupe jouait dans les « arenas » aux US et dans les Zénith européens. Pour faire patienter leurs fans (et marquer le coup de leur participation aux Monsters Of Rock à Donington en 1987), le groupe avait enregistré un excellent EP de covers, « The $5.98 E.P.: Garage Days Re-Revisited », marquant le 1er enregistrement studio du groupe avec Jason Newsted à la basse. Il y avait une forte attente car tout le monde se demandait comment le groupe allait s’en sortir sans Cliff Burton et après 3 albums de folie ayant marqué à jamais l’histoire de la musique et ayant défini les bases du thrash metal. A vrai dire, je me rappelle que l’inquiétude était de mise durant cette attente d’autant plus qu’on avait appris la signature du groupe chez une major company … cela étant souvent synomyme de compromission … Un des éléments rassurant était que le producteur Flemming Rasmussen avait été reconduit ..
Alors qu’en est il de ce 4ème album des Four Horsemen ? Et bien ses 1ère écoutes furent bien rudes et loin d’être faciles pour être franc. Tout d’abord la prod et le son …: c’est brut, le son des guitares est rèche, la batterie sèche comme pas possible, la basse quasi inaudible …. une chose est sure, le groupe n’était pas prêt à faire des concessions. Ensuite les morceaux sont beaucoup plus complexes que dans le passé … Même les titres les plus thrash et speed comme « Blackened » contiennent des changements de rythme et sont moins faciles d’accès que par le passé ..et je ne parle pas du title track avec ses quasi 10 minutes torturées, ses riffs complexes et sacadés. Le titre qui rappelle le plus les 2 albums précédents est certainement « One », copie quasi conforme d’un « Fade To Black » avec une 1ère partie calme dans les couplets avec le côté heavy avec grosses guitares durant le refrain .. puis une montée un puissance pour un final speed et thrash à souhait. Magnifique titre, et malgré des paroles morbides (se basant sur le film « Johnny Got His Gun »), il reste le plus accessible du disque. La tendance générale de l’album comparée aux 3 premiers albums, est au ralentissement de tempo, malgré quelques accélérations bien senties (le final « Dyers Eve »), exploitant à fond le filon initié avec « The Thing That Should Not Be ». Ainsi les « Harvester Of Sorrow », « Eye Of The Beholder » sont d’une lourdeur implacable. Le title track et « The Frayed Ends Of Sanity » sont un peu plus véloces mais avec des enchainements de riffs torturés. Rien n’est facile dans cette galette et il faut s’accrocher. On est loin du thrash évident de « Kill’Em All ». L’un des titres les plus réussis de l’album est « The Shortest Straw », morceau souvent oublié pourtant. Un titre rapide qui envoie sévère et qui permet de se remettre de la succession des dizaines de riffs des titres précédents !
Reprenant le schéma des albums précédents, c’est à dire un 1er titre thrash et rapide, suivi d’un title track long et complexe enchainé avec un titre heavy et lent puis la ballade thrashy .. le disque comporte son instrumental, ici « To Live Is to Die ». Morceau spécial car s’agissant de la dernière participation à la composition de Cliff Burton. Il contient également une partie « parlée » par la voix grave de James, narrant quels vers d’un poème suggéré à l’époque par Cliff. Un titre très sombre mais réussi à défaut d’être de la qualité d’un « Orion ».
Donc oui, cet album n’est pas facile …comme si le groupe avait voulu se débarasser de tous leurs riffs thrash une fois pour toute, comme pour à la fois rendre hommage à leur ami et frère d’arme et pour également faire un adieu à cette 1ère partie de carrière, celle du thrash débridé. Plus rien ne serait pareil après cet album.
Il m’a fallu plusieurs années pour apprécier cet album à sa juste valeur. Car autant quelques titres sont évidents, « One » en tête et aussi « Blackened », autant le reste nécessite qu’on s’y habitue. Au final, il s’agit d’un très bon album qu’il faut prendre pour ce qu’il est, avec ses qualités et ses défauts, qui regorge d’excellents soli d’Hammett et le chant très colérique de Hetfield sied à merveille aux morceaux . Ce son atypique est devenu sa marque de fabrique et a construit son identité. Après on aime ou on n’aime pas .. Ce disque transpire la colère, la haine, l’incompréhension et bien sûr .. l’injustice. Un album qui avait fait entrer les 3 musiciens de plein pied dans l’age adulte suite à cet accident tragique en Suède. Fini le comportement ado et insoucient des 1ères années du groupe. Les musiciens de San Francisco découvraient que la vie pouvait être une belle salope et qu’elle ne tenait qu’à un fil. Cet album en est le témoignage et reflète le groupe de cette époque.
Un très grand disque.

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