MOURN THE LIGHT : « Stare into the Face of Death » (c) 2022

MOURN THE LIGHT : « Stare into the Face of Death » (c) 2022

Stare into the Face of Death
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Publié: 25/11/2022

Il n’y a pas dire, les Etats-Unis sont la patrie du epic heavy metal même si on trouve de très bons groupes de ce genre ailleurs (SORDID BLADE, RAVENSIRE, HERZEL). Outres les initiateurs américains du genre dans les 80s tels MANILLA ROAD, WARLORD entre autres, sont apparus récemment les ETERNAL CHAMPION, GREYHAWK, BLAZON RITE, SUMERLANDS, PHARAOH, RYGHAR et il y a peu MOURN THE LIGHT dont nous allons parler maintenant.
Après un EP, quelques singles et un split, les américains se sont faits connaitre avec leur sublime 1er album « Suffer, Then We’re Gone » sorti durant l’été 2021. D’entrée de jeu, le quintet avait placé la barre très haute avec leur doom (la puissance et la lourdeur de bon nombre de leurs riffs) heavy metal puisant aussi des influences dans la NWOBHM, avec un chanteur Andrew Stachelek à la voix au timbre magnifique et étonnant pour le style car assez grave et absolument pas une voix haute perchée. On pensait à du CANDLEMASS pour le côté doom et la puissance des riffs, au BLACK SABBATH époque Martin pour le côté heavy épique et aussi à SAVATAGE pour les arrangements et certaines parties vocales splendides.
Fin 2022 voilà que le groupe refait surface mais avec un musicien supplémentaire, Alex Newton aux claviers sur un nouvel EP « Stare into the Face of Death » comportant 4 titres pour 27 minutes de bonheur auditif. L’incorporation d’un clavier n’est absolument pas anodin et s’inscrit dans la volonté du groupe de faire évoluer leur musique, et on s’en rend compte rapidement dès le 1er titre « The Hunt », avec ce clavier au son d’orgue magnifique supportant les riffs de Dwayne Eldredge et Kieran Beaty. Le son a évolué, les guitares bien qu’étant toujours heavy, laissent de la place à ce léger clavier présent de temps en temps. Les riff cavalent et ne sont plus typiquement doom comme ils pouvaient l’être sur leur 1er album. Ici les américains distillent un heavy metal épique rappelant BLAZON RITE ou GREYHAWK, avec des parties de guitares magnifiques et toujours cet orgue d’ambiance, et puis quel sacré bon refrain du feu de Dieu, et ces choeurs vers la fin du titre (« we ain’t gonna die ! »). Que c’est épique, grandiose et surtout bon !
Cette volonté de rester dans ce heavy épique est confirmé avec le très bon « Heavy Metal Destiny » au titre sans équivoque. On remarque ce léger clavier au début du titre très typé 80s, et puis quel refrain encore une fois avec des choeurs de toute beauté suivi par des harmonies de guitares solennelles. Certaines parties vocales sont assez théatrales rappelant SAVATAGE, comme le groupe l’avait déjà expérimenté sur le très bon titre « End Of Time » du 1er album. Très bon brulot d’une grande richesse dans les riffs, mélodies de guitares et parties vocales superbes.
Les américains veulent clairement témoigner de leur volonté d’explorer d’autres contrées musicales, de faire voyager l’auditeur dans d’autres ambiances que la lourdeur implacable de leur 1er opus, comme sur ce magnifique « It All Comes Down » d’une noirceure belle à pleurer, avec Andrew Stachelek à la voix si poignante avec son grain grave légérement voilé et sur la brèche hérissant les poils, ces choeurs magnifiques et bien sur toujours ces riffs heavy soutenu par une basse donnant de l’ampleur et du relief à cette pièce heavy sombre pas si loin du meilleur d’ ALICE IN CHAINS. Le final est beau à pleurer, avec cette guitare acoustique au son étonnant et seulement la voix de Stachelek .
Le riff en mode cavalcade de « Face Of Death » déboule avant qu’une mélodie de guitare suit le chant toujours au top d’ Andrew Stachelek. La pédale martèle la double grosse caisse sur ces passages au rythme enlevé mais le groupe aime à varier le tempo dans cette pépite qui nous embarque dès les 1ères notes.
A 2’45, un break surprenant et très théatral survient avec ces voix horrifiques, cet orgue donnant une ambiance diabolique nous rappelant bien évidemment ce que pouvait faire SAVATAGE époque Jon Oliva au chant. Puis le titre repart sur son tempo rythmé avec ici et la de belles mélodies de guitares. Une pièce envoutante de 7 minutes démontrant les nouvelles aspirations musicales du groupe.
Le constat est rapidement fait : MOURN THE LIGHT vient de produire un 2nd joyau dans le metal le plus précieux et leur grande force est d’avoir su faire évoluer leur musique d’un doom heavy plombé accrocheur vers un heavy épique d’une efficacité redoutable et peut être plus accessible. Je pense un peu à l’évolution qu’a pu avoir SUMERLANDS entre leurs 2 albums, même s’il ne s’agit pas tout à fait du même style que MOURN THE LIGHT.
Avec une telle qualité et richesse offertes dans cet EP, je suis très impatient d’entendre leur prochaine évolution sur leur prochain album. En attendant, jetez vous sur ce formidable EP et délectez vous de ce caviar sonore !

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