NIGHTMARE : « Insurrection » (c) 2009

NIGHTMARE : « Insurrection » (c) 2009

Insurrection
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Publié: 11/09/2009
Vous connaissez l’expression, le bon vin se bonifie avec l’âge. Et bien, il en est de même avec les grenoblois de Nightmare qui viennent de tout simplement sortir leur meilleur album à ce jour, 30 ans après leur formation !
Leur retour en 1999 a donné naissance à un groupe plus inspiré et bien plus original que le Nightmare des 80s . Ne vous méprenez pas, leur 1er album « Waiting For The Twilight » était excellent et contenait même un hymne heavy-metal, « Lord Of The Sky », mais à l’époque le groupe ne dominait pas son sujet.
Les choses ont complètement changé en 2001 avec la sortie de leur excellent « Cosmovision » nous présentant la nouvelle emprunte musicale de Nightmare, celle d’un heavy metal puisant dans le meilleurs des 80s tout en y intégrant les sonorités actuelles, des riffs à la limite du thrash et des paroles intelligentes donnant envie d’améliorer notre anglais ! Et bien sûr, le grand changement vint de la prise du micro par Joe Amore, autrefois … batteur du groupe. On se demande du reste pourquoi Joe n’avait pas occupé le poste de chanteur dès les débuts du groupe, tant son talent et sa voix exceptionnelle sont un régal pour nos oreilles.
Mais trêve de bavardage et revenons à ce « Insurrection ». Le 1er contact avec cette nouvelle rondelle nous dévoile la splendide pochette réalisée par Paul Olofsson à qui on devait déjà la très belle pochette de « Genetic Disorder ».
Ce mi-homme mi-machine évoluant dans un monde plongé dans le chaos est le reflet de la grande majorité des textes des 10 chansons, au travers desquelles on ressent une grande inquiétude pour l’espèce humaine qui semble être en fait son pire ennemie : l’homme se détruit (ainsi que la planète) à petit feu par des guerres de l’ombre (« Legions Of The Rising Sun ») , par la religion et les idéaux dangereux (« Insurrection »), par sa négligence de la planète (« Eternal Winter », « Three Miles Island »), par son aveuglement face aux dangers et à son irresponsabilité (« Decameron »). Et le titre de l’album (« Insurrection ») est comme un appel à l’Homme pour qu’il arrête de servir son égoïsme et pour qu’il se mette à écouter l’autre afin que l’harmonie revienne sur notre planète.
Là où la magie opère avec ce 7ème album studio de nos survivants du metal est que la musique scied à merveille les paroles des 10 chansons, sublimée par la meilleure production que le groupe ait eue grâce à Achim Köhler (connu pour son travail avec Primal Fear, Brainstorm et Sinner) : on détecte de suite un meilleur équilibre entre chaque instrument, une clarté et une puissance qui font ressortir la qualité des chansons et des arrangements subtils mais efficaces («Three Miles Island »).
« Eternal Winter » choisi pour introduire l’album est un parfait résumé du ton et de la qualité d’ « Insurrection » : morceau typiquement heavy-metal avec des couplets donnant envie de secouer la tête et de taper du pied débouchant sur un excellent refrain mélodique et accrocheur à souhait, et c’est là l’une des grandes forces de ce disque : la qualité des refrains. Il est clair que le groupe a porté une attention particulière à soigner ces chorus, qui soyons en sûr, feront mouche en concert. Ce 1er morceau se termine de façon originale avec des arpèges de guitare sur lesquels se pose la superbe voix de Joe.
Le morceau suivant, « The Gospel Of Judas » accélère le tempo et démontre encore une fois que le groupe a des idées à revendre, en doublant la ligne de chant pendant les couplets. C’est très bien trouvé et fonctionne à merveille avec ce brulot.
Nightmare accélère encore le tempo et se montre méchant avec le morceau-titre de l’album durant lequel le chant plus agressif que d’ordinaire de Joe nous rappelle le Judas Priest époque « Painkiller » avant de nous balancer encore une fois un refrain imparable et accrocheur que laisse la place à une série d ‘excellents solos de guitares délivrés par Franck Milleliri et le petit nouveau JC Jess. Ces 2 compères vont du reste tout au long de cet album enchainer des solos et des harmonies à 2 guitares privilégiant la mélodie à la vitesse, et c’est tant mieux !
Quelle excellente entrée en matière que ces 3 splendides morceaux … et la suite est du même acabit, pour preuve l’hymne « Legions Of The Rising Sun » dont l’originalité est d’avoir des couplets mid-tempo et sur le refrain un rythme rapide. Encore une fois, le refrain et ses chœurs (surtout dans la seconde moitié de la chanson) ne vous quittera plus durant des jours tellement il est accrocheur et fédérateur.
La qualité vraiment constante de chaque chanson est vraiment exceptionnelle pour le noter, et ce n’est certainement pas le morceau suivant qui dérogera à la règle. Nous avons même à faire à la perle d’ « Insurrection » : « Three Miles Island ». Il s’agit du gros « morceau » de l’album (presque 9 minutes), épic à souhait. L’intro et la voix sortant de la radio annonçant le plus grave accident nucléaire jamais survenu donne le ton de cette chanson bougrement heavy et mid-tempo mais ayant toujours cette guitare saccadée et rapide en arrière plan renforçant le sentiment d’urgence et de danger. Puis survient un interlude calme et une montée en puissance amenant à la partie instrumentales et ses splendides harmonies de guitares qui ne peuvent que rappeler le break de « Rime Of The Ancient Mariner » ou de « Seventh Son Of The Seventh Son » d’Iron Maiden.
Les deux morceaux suivant (« Mirrors Of Damnation » et « Decameron ») accélèrent de nouveau le tempo tout en proposant un refrain killer (mention spéciale à « Decameron »).
La 8ème plage (« Target For Revenge ») du cd propose la seule accalmie de l’album, et permet d’admirer tout le talent de Joe qui s’affirme définitivement comme l’un des meilleurs chanteurs à l’heure actuelle (vous en connaissez beaucoup des chanteurs capable de chanter comme un R.J Dio, un Rob Halford enragé et un Geoff Tate (comme sur ce splendide « Target For Revenge ») ?
On se dit alors que la qualité va redescendre avec les 2 derniers morceaux tant le niveau est resté élevé jusqu’à présent … et bien non ! Nightmare a décidé de mettre toute la concurrence loin derrière et enfonce le clou avec l’autre perle de l’album, « Cosa Nostra Part 1 » et son refrain poignant et accrocheur et cette partie instrumentale heavy à souhait (quel riff et quels roulements de toms !!!). Vivement la seconde partie de ce morceau qui apparaitra sur l’édition limitée sur cd.
L’album se termine par « Angel Of Glass » au tempo soutenu d’excellente facture et aux très beaux chœurs du refrain. La seconde moitié du morceau est de toute beauté, des harmonies de guitares en passant par des oohoooos (qui à coup sûr seront repris par le public en concert) et une fin de morceau ponctuée par de splendides chœurs.
Vous l’aurez compris au travers de cette chronique, « Insurrection » est une véritable tuerie et sans aucun doute l’ALBUM de cette rentrée (voire de l’année !). Nightmare nous avait agréablement surpris depuis 2001 et avait placé la barre haut avec « Genetic Disorder », et bien nos 5 grenoblois ont réussi l’exploit de surpasser cet album à tous les niveaux, en proposant une musique ancrée dans un heavy metal très puissant limite thrash mais avec une production moderne de haut vol et une qualité des compositions de 1er ordre, tant au niveau musicale qu’au niveau des paroles.
Un « must » à vous procurer de toute urgence !

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