PHARAOH : « The Powers That Be » (c) 2021

PHARAOH : « The Powers That Be » (c) 2021

The Powers That Be
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Publié: 18/06/2021

Vous commencez à me connaître, mon côté raleur quelques fois …. mes coups de gueule sur une certaine injustice envers les scènes locales et underground … mais je suppose que c’est un besoin vital de laisser échapper de temps en temps la pression. Ensuite je ne suis pas né de la dernière pluie et je connais bien le système et ses rouages et je me suis fait une raison depuis longtemps .. mais cela ne m’empêchera jamais de supporter les jeunes groupes que j’aime et essayer à mon niveau de mettre la lumière sur leur oeuvre, en les faisant jouer, en parlant d’eux ou en faisant des chroniques de leurs disques. Le but n’est pas qu’ils deviennent les prochains Maiden remplissant Bercy .. non … faut savoir garder les pieds sur Terre …mais qu’ils puissent venir jouer chez nous France et devant un peu plus que 20 personnes, que les fans de hard de chez nous les découvrent et se mettent à les suivre car souvent leur musique est tellement plus passionnante que celle des grosses locomotives du genre (suivez mon regard …). Et rien que cela, c’est énorme …. il n’y a pas de petit succès. Parmi ces groupes de l’ombre inconnus par la grande majorité chez nous se distingue depuis bientôt 20 ans un groupe américain au talent fou n’ayant que peu (ou pas) tourné mais pouvant se targuer d’avoir enregistré 5 albums taillés dans le metal le plus précieux, les américains de Pharaoh (Official) qui continuent leur petit bonhomme de chemin irréprochable et ont sorti vendredi dernier un nouvel album véritable joyau de heavy metal « The Powers That Be » interprété par des musiciens de haut vol respirant le vrai, la passion et bien sur le talent. On retrouve au chant Tim Aymar qu’on avait découvert sur l’album « The Fragile Art Of Existence » de Control Denied de feu Chuck Schuldiner, avec sa voix cassée collant tellement bien à la musique du quatuor, Chris Kerns à la basse bien mise en avant, Matt Johnsen à la guitare et homme fort de l’album qui balance des riffs heavy toujours inspirés et des soli plein de virtuosité et surtout de mélodie … et à la batterie le gars qu’on ne présente plus, Mr Chris Black dit Professor Black (High Spirits, Dawnbringer, Superchrist ….) dont le jeu de batterie peu commun apporte de la fraicheur et du tonus à la musique du quatuor. Ce qui frappe d’entrée de jeux dès la 1ère écoute de cet opus est le sens de l’accroche évidente qu’a réussi à trouver le groupe, plus que sur leurs disques précédents. Dans le fond, la formule reste la même, un heavy metal puissant, parfois épique mais témoignant d’un niveau technique bien au dessus de la moyenne évident des musiciens mais dont la volonté première est de favoriser la mélodie. Cette fois ci pas de longues pièces de 8 minutes mais des titres oscillant entre 3 et 5 minutes et je peux vous dire qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde tant le talent, la virtuosité des musiciens et leur fourmillement d’idées transpirent de ces 9 pistes. Et ça démarre très fort avec « The Powers That Be » avec son riff ultra heavy, avec la batterie débridée de Chris Black, cette basse très présente dans le mix et cette voix cassée géniale de Tim Aymar arrivant toujours à trouver des mélodies imparables mais jamais faciles. On est frappé par le son et la prod : le groupe a voulu un équilibre parfait entre les 3 instruments et la voix et franchement cela fait du bien car finalement pas si commun que cela. Cela donne un son rempli, dynamique et avec du relief rendant l’écoute du disque tellement agréable. Cette 1ère piste nous rappelle toutes les richesses de la musique de Pharaoh, comme ce 1er solo fantastique à 1’40 de Matt Johnsen, puis ce petit break à 2’35 avec cette guitare pleureuse avec juste une cymballe en fond avant que le titre ne reparte avec la batterie de Black rendant le titre fou, pendant que riffs de basse et guitare se déchainent. Quelle entrée en matière !! Pas de temps mort et les américains enchainent avec un « Will We Rise » au tempo enlevé. Les riffs de Johnsen sont toujours très heavy, cette fois ci on note des choeurs puissant dans le refrain mais ce qui frappe encore une fois est l’énorme boulot fait par Johnsen avec toutes ces couches de guitares, ces diverses sonorités ici et là enrichissant tellement la musique et aussi le travail rythmique effectué par Black et Kerns donnant une couleur très particulière à ce heavy singulier, avec ces nombreuses cassures rythmiques ici et là rendant l’écoute tout sauf ennuyeuse. Et ce n’est pas la magnifique pièce acoustique « Waiting to Drown » qui contredira cela .. bien au contraire … 3 minutes d’une telle beauté mélodique avec Aymar prenant une voix grave, profonde sur fond d’accords de guitare acoustique. Que c’est beau et inattendu. Sur « Lost in The Waves », le Pharaon nous embarque dans une ambiance mystique mais toujours très heavy (écoutez ces riffs !) mais où le groupe a l’intelligence d’aérer l’ensemble avec des passages calmes au rythme différent porté par la basse au son vraiment chouette. Le groupe possède le don pour mettre la dynamique idéale à leurs morceaux.
Le tempo d’accélère et la musique s’énerve sur le brulot « Ride Us to Hell » avec un Black impérial à la batterie faisant claquer la double grosse caisse, martyrisant ses toms avec des roulements de malade et faisant gémir ses cymbales pendant que la guitare de Johnsen fait un peu d’artifice de riffs, d’harmonies et un solo démontrant tout le talent du guitariste. Et Aymar n’est pas en reste avec cette mélodie vocale entêtante durant le refrain avec cette voix cassée si caractéristique. Sur le morceau suivant « When the World Was Mine », le groupe se surpasse arrivant à marrier toutes leurs qualités commençant par une chouette intro acoustique avant que le titre ne démarre avec ces harmonies de guitare au poil suivi d’un mini solo de basse du plus bel effet mais se fondant parfaitement au morceau. Pour le coup, nous avons envie de lever le point avec cette mélodie guerrière et ces riffs épiques rappelant le Dawnbringer de la grande époque (« Nucleus » et « Into The lair of the sun god ») . Ecoutez moi ce break rythmique de folie avec ce duo basse / batterie parfait enchainé avec un petit solo de 6 cordes avec juste ce qu’il faut de notes. Les américains savent composer et cela s’entend ! Quel titre splendide, vraiment.
Les 4 américains jouent la musique qu’ils aiment et dont ils sont fans sans aucune contrainte .. cela fait une énorme différence … et un vent de liberté souffle tout au long de l’album comme sur ce …. « Freedom » de circonstance nous embarquant en pleine mer et rappelant les pirates de Running Wild dans le refrain (et Dawnbringer encore une fois durant les couplets). Le rythme est galopant, la mélodie addictive et quel refrain. Un morceau plus simple que ses prédécesseurs et d’une efficacité et d’une accroche mortelle .. quel hymne !
« Dying Sun » nous replonge dans le Pharaoh épique avec une musique plus travaillée, avec plus de dynamique débutant avec quels arpèges magnifiques de guitare acoustique, continuant en mode heavy avec un côté mélancolique accentué par le chant de Aymar moins agressif et plus en émotion comme pour mieux coller aux paroles de la chanson tandis que Johnsen tisse une toile de notes de guitare de toute beauté, un break survient avec des harmonies de six cordes bien trouvées, la voix d’Aymar devient plus agressive avant un soli bien balancé, le rythme s’accélère légerement. Que c’est bon.
Ce 5eme album des américains se termine comme il avait commencé, avec un titre heavy et rythmé  » I Can Hear Them » porté par une chevauchée de riffs énervés. Les soli arrivent cette fois ci rapidement dès le 1er refrain passé. Un très bon morceau pour terminer le disque.
Il n’y a pas à dire, les américains de Pharaoh savent y faire en terme de heavy metal passionnant et de haute volée et ce que je trouve formidable est leur capacité à s’améliorer sans cesse album après album … et pourtant ils avaient déjà placé la barre haute dès leur 2nde opus « The Longest Night » il y a déjà 15 ans. Impossible de s’ennuyer durant ces 44 minutes qui du coup semblent bien courtes. Cette magic-team (line up inchangé depuis leur 1er album en 2003, une telle stabilité du line-up assez rare pour être soulignée) nous émerveille et nous enchante avec un heavy metal d’une granche richesse à la fois musicale (virtuosité des musiciens, gros travail rythmique) mais aussi mélodique rendant l’écoute tellement passionnante et agréable.
Un must-have de cette 1ère moitié d’année .

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