PRETTY MAIDS : « Future World » (c) 1987

PRETTY MAIDS : « Future World » (c) 1987

Future World
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Publié: 20/04/1987

Encore un album m’ayant marqué à sa sortie, « Future World » des danois de PRETTY MAIDS, représentant pour moi le sommet artistique de la carrière du groupe et correspondant également à leur plus gros succès commercial. C’était l’époque où l’on découvrait les groupes soit en allant aux concerts, soit en lisant des chroniques dans la presse spécialisée … et je me rappelle très bien de la sienne dans Hard Rock Mag décrivant la musique du groupe comme un savant mélange d’un heavy musclé et d’un hard plus soft comme Europe, avec un chanteur pouvant chanter d’une voix rauque à la Di’anno et le titre suivant comme un Joey Tempest. Ces comparaisons m’avaient marqué car elles me parlaient … la preuve je m’en rappelle 35 ans plus tard !
La pochette de l’album est vraiment magnifique, futuriste .. mais par contre les photos des musiciens au verso … aie aie … on se croyait dans une session photos pour Bioman !
Heureusement pour la musique, c’était une autre histoire. Elle brillait de mille feux au travers de 9 pépites.
Le 1er skeud, « Future World » commence par un clavier avant que n’arrive un riff énervé de Ken Hammer alternant avec les « keys » d’Alan Owen. Et déjà on peut mettre en avant le fait que Pretty Maids est certainement l’un des rares de heavy ayant réussi l’exploit de faire cohabiter aussi bien guitares et claviers sans se faire démonter par les fans de hard de l’époque .. et ce n’était pas un mince exploit ! Ce 1er titre est sacrément heavy et rapide avec Ronnie Atkins alternant voix claire et voix rauque démontrant son immense talent de chanteur et d’interprêtre. Un véritable hymne d’entrée de jeu qui montrait que Pretty Maids n’était pas un groupe comme les autres avec une vraie personnalité. Puis le riff accrocheur à souhait de « We Came to Rock  » crache dans les enceintes pour un mid-tempo très entrainant avec un refrain fait pour être repris en choeur par une horde de hardos chevelus ! Quel hit !
La facette hard FM débarque avec l’un des singles de l’album, le très mélodique « Love Games » sur lequel Ronnie Atkins prend sa plus belle voix claire, ou les claviers de Alan Owen s’en donnent en coeur joix. Ce titre tranche carrément avec les 2 premiers mais est très addictif. Un plaisir sucré tellement bon !
Le groupe remet les gaz avec le joyau de l’album, l’épique « Yellow Rain », qui démarre calmement avec ses guitares acoustiques, le chant posé et mélodique de Atkins … on croit à une ballade quand à 2min un riff heavy et la section rythmique accélèrent le tempo pour transformer le titre un brûlot speed et heavy avec le chanteur reprenant sa grosse voix. Hammer s’éclate et balance quelques soli bien sentis. Quel superbe morceau hommage aux vétérans de la guerre du Vietnam.
La face B commence comme la face A s’était terminée, avec un brûlot heavy et rapide, « Loud ‘N Proud » d’une efficacité redoutable avec un refrain bien trouvé avec de chouette choeurs sur fond de riffs bien tranchants.
Un mot sur le son et la prod vraiment excellente et surtout donnant une sacrée personnalité à l’album. Et l’enregistrement ne fut pas facile avec la valse des producteurs (Flemming Rasmussen (Mr Metallica !), Kevin Elson, Eddie Kramer (Kiss, Anthrax …) !!). Dès l’album suivant, le groupe perdra une partie de sa personnalité avec un son et une prod trop bateau (« Jump The Gun ») donnée par Roger Glover.
Le groupe avait un don pour pondre des mid-tempo véritables hits comme ce « Rodeo » très mélodique laissant plus d’espace aux claviers mais avec toujours un riff hard de Ken Hammer. Impossible de ne pas chanter le refrain lors de son écoute !
L’alternance heavy / hard FM se poursuit avec le speed « Needles in the Dark » très réussi conjuguant encore une fois toutes les qualités du groupe, et rappelant par moment les titres rapides de « Red, Hot And Heavy », leur 1er album.
Il est temps maintenant pour la ballade de l’album, le magnifique « Eye Of The Storm », commençant avec des arpèges de guitare acoustique et cette voix tellement belle d’ Atkins. Le refrain se veut plus heavy avec un riff électrique. Très chouette titre, absolument pas sucré comme pouvaient l’être les ballades de l’époque. Ici la mélancolie est de mise. Un titre magnifique et très émouvant.
L’album se termine sur une note plus hard rock léger avec l’accrocheur « Long Way to Go », le titre le plus US de l’album mais réussi et faisant le job.
Après un 1er album ayant marqué les fans de heavy en 1984, le groupe revenait 3 ans plus tard offrant cette pépite de heavy classieux et mélodique, faisant bien plus que transformer l’essai, car proposant ce qui reste pour moi leur meilleur album, et également l’un des meilleurs disques de cette époque, qui avait apporté une certaine fraicheur dans un style de plus en plus enclin aux stéréotypes. Le groupe continuera sa carrière avec une riche et importante discographie sans jamais lacher le morceau malgré toutes les difficultés, et là je leur tire mon chapeau, arrivant même à ressortir quelques pépites comme le génial « Pandemonium » en 2010.
Ce « Future World » avait conquis les fans français à l’époque, le groupe jouant même en tête d’affiche au Zénith de Paris .. et c’était largement mérité.
Un grand album.

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