QUEENSRYCHE : « Empire » (c) 1990

QUEENSRYCHE : « Empire » (c) 1990

Empire
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Publié: 20/08/1990
Le groupe sortait d’une longue tournée pour défendre le génial « Operation : Mindcrime » et récoltait enfin un succès plus que mérité mais il avait mis la barre très haute avec leur concept album reconnu aussi bien par le public que par les médias comme un chef d’oeuvre admirable. Autant dire que le groupe avait la pression .. ce qui ne l’effraya pas le moins du monde. Le groupe était au sommet de son inspiration et avait encore des idées à revendre. Encore une fois le groupe allait surprendre et proposer quelques chose de différent avec ce magnifique « Empire ». Ici plus de concept album (même si pas mal mal de titres ont en commun la vie dans les grandes villes), mais un album plus sophistiqué et moins heavy que par le passé, avec plus d’ambiances différentes que son précédesseur, plus mélodique également. Déjà l’entame avec des claviers sur l’excellent « Best I Can » surprenait son monde. On notait aussi la production vraiment aux petits oignons mais dénotant une volonté d’arondir les angles car même si le son est relativement heavy, on remarque que les guitares sont légèrement en retrais et moins tranchantes. Mais cela n’enlève en rien à la qualité des titres et ce 1er titre est totale réussite. Tout au long du disque on remarque également la mise en avant de la basse d’ Eddie Jackson comme sur l’intro de l’atypique « The Thin Line » et durant le morceau. Geoff Tate démontre encore une fois son talent et quel grand chanteur il est avec ici un chant en voix très basse de toute beauté. Les claviers confirment toujours leur présence et les choeurs caractéristiques du groupe donnent beaucoup d’ampleur au titre alors que De Gargo et Wilton sont égaux à eux mêmes dégainant des soli mélodiques et efficaces. Au travers de ce titre, on se rend compte de la richesse de le prod et du boulot phénoménale fait par le groupe et leur producteur Peter Collins. L’un des meilleurs titres, « Jet City Woman » avec encore une fois une basse au son rugueux avant que ne débarque un riff de guitare puis un début plus calme pouvant rappeler certains titres d’ « Operation : Mindcrime ». Alors que les 2 premiers titres étaient en ambiance et assez lents, « Jet City » se veut plus rythmé et accrocheur. On reconnait le grand Queensryche, celui des 1ers albums qui nous avait conquis … mais c’est pour mieux nous surprendre avec l’étonnant « Della Brown » , pièce calme en ambiances, menée par cette basse décidément élément central de ce 4ème album des musiciens de Seattle. Le titre est de toute beauté, avec De Garmo nous régalant de ses interventions de guitares magnifiques et Tate chantant avec tellement de classe et de justesse. On retrouve le Queensryche expérimental, réussissant à nous embarquer dans un titre pas facile d’accès à sa 1ère écoute mais révélant sa classe, ses richesses mélodiques, ses arrangements sublimes au fil des écoutes sur un sujet grave, les sans abris. On peut penser à Pink Floyd du reste à l’écoute de ce titre. Comme beaucoup de titres de l’album, « Another Rainy Night » commence avec des guitares en harmonies pour se calmer dans les couplets avec une voix de Tate posée avant de prendre son envol durant le refrain. Je regrette juste que les guitares sont trop mises en retrait durant le refrain, mais le titre est encore une fois magnifique, très mélodique.
Arrive ensuite le titre le plus heavy de l’album, « Empire », qu’on croyerait sorti d’ « Operation Mindcrime ». Là les guitares ont bouffé du lion, Tate adopte un chant plus agressif alternant voix haute perchée et voix très grave du plus bel effet avec un refrain entêtant. L’un des classiques du groupe, joué à chacun de leurs concerts 29 ans après. « Resistance » suit dans un registre pas si éloigné, heavy et rythmé. Pas le plus grand titre du groupe mais il fait le job et le groupe commençait leurs shows de leur énorme tournée « Buiding Empires » avec ce titre.
Le groupe a toujours eu du talent pour écrire des balades de toute beauté, comme avec « I Will Remember » ou « London » .. et cette fois ci Queensryche allait se surpasser avec le magnifique « Silent Lucidity » avec ses guitares acoustiques, ses orchestrations vraiment splendides et un Tate au sommet de son art tout en émotion. Certains fans n’avaient pas aimé trouvant le titre trop sucré, pour ma part je le trouve vraiment très bon, avec sa progression tellement bien trouvée jusqu’au refrain et il m’embarque. Grace à ce moment de douceur, le groupe décrocha la timbale aux USA, propulsant l’album triple platines aux US et leur permettant de faire une tournée en tête d’affiche dans les plus grandes salles du pays.
La fin de l’album marque un peu le pas avec 2 titres pas si mémorables même si pas mauvais (« Hand On Heart », « One and Only ») mais heureusement le dernier titre, l’épique « Anybody Listening? » est un pur joyau comme seul le groupe sait en composer. Le début est calme, tout en ambiance et de toute beauté avec la guitare de DeGarmo tout en touché et la voix de Tate au top .. puis débarque un riff heavy pour le refrain vraiment bon contrastant avec les couplets sans batterie avec seulement guitare, voix (en harmonies ici et là) et une basse légère. Mais cette explosion dans le refrain est vraiment jouissive. Un grand morceau.
En définitive un très bon album du groupe, qui avait pu désarçonner les fans de la 1ère heure par ce côté plus mélodique, ces claviers ici et là mais plusieurs écoutes faisaient apparaître des titres excellents et très travaillés, plein de trouvailles. Le groupe arrivait encore une fois à nous surprendre comme il l’avait fait sur chacune de leurs précédentes réalisations, se refusant à sortir 2 fois le même disque d’affilé.
Moins marquant que ce prédesseurs, « Empire » n’en demeure pas moins l’un des meilleurs albums du groupe avec des titres qui ont traversé l’épreuve du temps avec succès.

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