QUEENSRYCHE : « The Warning » (c) 1984

QUEENSRYCHE : « The Warning » (c) 1984

The Warning
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Publié: 07/09/1984
« The Warning » de QUEENSRYCHE sortait le 7 septembre 1984.
La belle aventure QUEENSRYCHE avait débuté l’année précécente avec un EP absolument fantastique, « Queen Of The Reich » sur lequel les américains posaient les bases de leur heavy metal racé mélodique et classieux (« The Lady Wore Black ») lorgnant du côté d’IRON MAIDEN pour le sens de la mélodie et le soin apporté aux structures des chansons et du côté de JUDAS PRIEST pour le côté lourd et la rigueur de leur rythmique …et bien sûr avec leur chanteur exceptionnel Geoff Tate qui faisait une entréé fracassante dans la sphère des plus grands chanteurs de heavy metal, avec sa voix tout bonnement exceptionnelle alliant le côté Air Siren de Bruce Bruce mais avec une voix plus claire et capable d’aller vraiment très haut et quelques secondes plus tard atteindre des notes basses de toute beauté.
Ce 1er album confirmait tout le potentiel entrevu l’année précédente et même plus que cela. En effet, même si les américains de Seattle gardaient en partie les recettes de leur 1er EP, à savoir un goût prononcé pour le heavy metal costaud et véloce comme sur les très bons « Deliverance » ou « En Force » (très maidennien avec toutes ces harmonies de guitares) , cette fois ci le groupe diversifiait le propos et prit le parti de sophistiquer leur musique, d’inclure des effets de production ici et là rendant leur musique plus originale et surtout plus riche : la meilleure illustration est « NM 156 » qui augurait un concept développé sur l’album suivant, « Rage For Order ». Il s’agissait à l’époque d’un morceau très avant gardiste, avec toutes ces voix robotiques, les voix doublées de Tate donnant un côté futuriste / science fiction à ce titre vraiment très bon, inquiétant, heavy alternant passage lent puis rapide avec une mélodie pas simple mais excellente … et une nouvelle fois des parties de guitares belles à pleurer en harmonies de DeGarmo et Wilton en qui on voyait (à juste raison) les nouveaux Smith / Murray ou KK Downing / Tipton. Les musiciens affectionnaient également les mid-tempi à rythmique plombée comme le title track « Warning » absolument superbe et sur lequel la voix de Tate brille de mille feux, la basse de Jackson bien présente et les guitares riffant comme jamais (dommage cependant qu’elles soient un peu sous-mixées). Le groupe montrait qu’il était capable de faire preuve de nuances dans leur écriture et cela se traduisait par leur hit magnifique « Take Hold The Flame » commençant calmement avec ces jolies arpèges de guitares et la voix posée et belle de Tate avant que le titre parte sur un mid-tempo et qu’une fois encore Tate éblouisse la chanson de son talent et de sa voix atteignant des notes inavouables … et puis ce refrain avec ces choeurs. Un titre très accrocheur et mélodique qui montrait un groupe déjà prêt à explorer d’autres contrées que le heavy metal pur et dur que l’on retrouve sur « Before The Storm » ou « Child Of Fire ». Ainsi le groupe proposait une bien belle balade « No Sanctuary » sur laquelle le groupe avait porté un soin particulier aux arrangements grandement aidé par les orchestrations de Michael Kamen, avec des choeurs bien trouvés et ce sifflement très original de Tate. Vraiment une très belle chanson.
Mais là où groupe allait surprendre son monde et affirmer sa personnalité en entrouvant la porte d’une liberté artistique qui explosera dans les albums suivants, c’est avec leur pièce progressive « Road To Madness » magnifique et bouleversante avec un Tate totalement habité alternant chant calme, plaintif et agressif … vivant à 200% ses paroles. La mélodie est superbement trouvée, les choeurs dosés comme il faut, les soli de Degarmo et Wilton tout en feeling donnent le frisson , les orchestrations sur le passage calme à 6 minutes sont belles à pleurer, avec ces choeurs inquiétants …avant que le tempo s’emballe toutes guitares dehors avec des riffs en acier trempé, des mélodies de guitares lachées ici et là par la paire Wilton / Degarmo et Tate chantant comme un damné .. ou plutôt un fou . Quelle seconde partie ! Avec ce joyau, les américains montraient clairement qu’ils n’étaient pas juste un énième groupe de heavy metal influencé par la NWOBHM … mais un groupe avec une identité déjà forte et qui allait s’affirmer encore plus dès l’album suivant.
« The Warning » est la parfaite carte de visite de QUEENSRYCHE car montrant ce à quoi aspiraient les musiciens dans les années à venir, une musique certes ancrée dans le heavy metal mais ouverte à plein d’autres influences et explorations. A noter que l’album avait été produit par James Guthrie connu pour son travail avec Pink Floyd et qui contribua et aida le groupe dans les nombreux arrangements et orchestrations de l’album.
Un disque passionnant, d’une très grande qualité surtout quand on pense qu’il ne s’agissait que du 1er album des américains.

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