RAVEN : « Metal City » (c) 2020

RAVEN : « Metal City » (c) 2020

Metal City
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Publié: 18/09/2020
L’une des caractéristiques de la NWOBHM, c’était qu’à l’époque, le hard rock, voire le heavy metal était une musique « jeune » …et tout restait encore à explorer à l’inverse de nos jours où il est beaucoup plus difficile pour un groupe de produire une musique vraiment originale et ainsi trouver une identité forte.
En 1979/80, les Maiden, Saxon, Def Leppard, Angel Witch, Diamond Head possédaient chacun leur marque, une empreinte musicale qui faisait qu’on reconnaissait les titres du groupe dès la 1ère seconde. Et il en était de même avec les groupes plus obscurs comme Raven, originaire de Newcastle. Le power trio ne faisait pas dans la dentelle avec leur « athletic rock » rapide, ébouriffant et faut bien le dire, avec un brin de folie. Le groupe ne donnait pas dans la finesse, à peu à l’instar d’un Motorhead et seule l’effficacité optimale pour briser des nuques comptait pour les frères Gallagher, comme en témoignent les scuds « Rock Until You Drop », « Wiped Out » et « All For One ».
Mais l’appel des sirènes des majors companies eut raison du groupe tout comme il eut raison de la plupart des autres groupes anglais de l’époque parfois avec succès, « Turbo » de Judas Priest ou encore « Innocense is No excuse » de Saxon d’autres fois débouchant sur les ratés comme « The Wreck-Age » de Tygers Of Pan Tang, « Canterbury » de Diamond Head … ou encore « The Pack Is Back » de Raven totalement loupé et à côté de la plaque. Tous ces groupes avaient été connus et avaient percé grace à un heavy ou speed rock sans concession …et cédaient à l’appel des dollars en se maquillant, mettant des nappes de clavier dans leur morceaux les rendant souvent indigestes. Bref .. au secour !! Et la réponse du public fut souvent sans appel …conduisant la carrière des groupes droit dans le mur.
Heureusement Raven rectifia rapidement le tir avec « Life’s a Bitch » en 1987 et continua son petit bonhomme de chemin.
Alors que donne un nouveau disque des anglais en 2020 ?
Sur scène, le groupe est toujours une machine infernale à briser les cous comme en a témoigné leur concert (beaucoup trop court !) en ouverture de SAXON à Marseille il y a 2 ans qui m’avait régalé. Mais sur disque, je dois bien avouer que le groupe avait eu tendance à m’ennuyer sur la longueur de leur précédent opus « ExtermiNation » .. car 15 titres et 1 heure d’une même musique sans variation … c’était beaucoup trop long.
Le groupe a du avoir vent de ces reproches et revient avec un « Metal City » beaucoup plus court, 10 titre et 38 minutes ..et c’est tant mieux car on ressort lessiver de l’écoute de cette bombe.
Le groupe n’a pas changé son fusil d’épaule, rassurez vous. Le power-trio continue à jouer la musique qu’il sait le mieux faire, un speed metal joué à 200km/h mais toujours accrocheur .. et cette fois-ci je les trouve encore plus énervé que par le passé, certainement du à ces parties de batterie absolument dantesques et énervées comme pas possible par le nouveau membre du groupe, Mike Heller qui semble avoir donné un coup de boost aux 2 frangins Gallagher.
Ceux ci ont toujours le sens du riff qui tue, comme l’entame du 1er titre « The Power » . Le ton et le tempo sont donnés .. le groupe n’est pas prêt pour donner dans une berceuse !! C’est rapide, énervé, la batterie épilectique, la basse de John se fait entendre dans le mix et c’est tant mieux, et la guitare de Mark possède ici un putain de son heavy . Et ce break où basse et guitare se répondent …pour conclure avec des roulements de toms du nouveau venu !! Ouaaa !! Ca envoie et quel niveau d’entrée de jeu .. sans oublier les cris aigus caractériques de John. Mon cou souffre déjà en a peine 4 petites minutes .. et ce n’est que le début .. car « Top Of The Mountain » continue sur un rythme encore plus rapide, la double grosse résonne, les licks de guitares de Mark sont bien trouvés …et puis quel refrain !!
Un titre d’une efficacité redoutable qui va faire un malheur sur scène. Ca ne se calme pas avec « Human Race » sur lequel le groupe se montre plus méchant que jamais fleurtant avec un riff thrash et un refrain ne faisant pas de quartier.
Le title track « Metal City » se veut comme une accalmie avec son rythme mid-tempo ..et ça fait du bien. Le riff de guitare est encore une fois super bien composé donnant un plus à ce morceau, le refrain assez 80s je trouve .. mais chasser le naturel et il revient au galop avec cette accélaration rythmique juste avant le solo.
La vitesse TGV reprend ses droits sur « Battlescared » malgré des cassures rythmiques plus lentes comme ce refrain .. festif que me plait beaucoup (« Raise Your Hands !!! ») . Ici le groupe rajoute un peu de dynamique à leur musique .. et ouff .. cela fait du bien .. Encore une fois John se fend d’un mini solo de basse de l’espace (vous en connaissez beaucoup des groupes de hard se permettant de balancer régulierement des soli de basse dans leurs morceaux ???) avant que Mark nous régale d’un solo de guitare typique mais efficace comme il faut. Un très bon titre encore une fois.
Le trio reprend la même formule sur « Cybertron » et le très réussi et accrocheur « Not So Easy » ….
Les anglais se permettent un bien bel hommage à Lemmy et son Motorhead sur la bombe au titre explicite « Motorheadin' » ..
L’intro de batterie sort du même moule que celui d’ « Overkill » ..et la suite du titre est un titre que n’aurait pas renié Lemmy.Un sacré bon brûlot speed avec durant le refrain un leitmotiv de guitare typique motorheadien !
Le groupe n’évite malheureusement pas le bourinage systématique dont il aurait pu se passer sur le dispensable « Break » too much et avec une hyper violence qui finalement ne va pas tant que ça au groupe.
Changement d’ambiance et de tempo avec le dernier titre de l’album, le lent et rampant « When Worlds Collide » avec ces riffs heavy comme pas possible qui nous écrasent au sol, ces soli de guitares dissonnant évoquant le chaos de cette collision de 2 mondes. C’est très différent du speed habituel du groupe, mais le résultat est plus que probant. Bravo pour la prise de risque.
Un petit mot aussi cette pochette absolument géniale très cartoonesque et inspirée de la bd « Tales From The Crypt ».
Alors le verdict ? Et bien vous devez vous en douter … ce « Metal City » est une franche réussite, tenant sur la longueur .. parfaite et proposant un disque sans concession, plus énervé que d’habitude avec un batteur ayant apporté de la folie dans la rythmique du groupe et dynamisant la plupart des morceaux. Certainement le meilleur album du « Wildest Band In The World ! » depuis très très longtemps et … « 100% kick ass » !

1 réponse

    Je ne suis pas d’accord sur le qualificatif de groupe plus obscur que le reste de la NWOBHM !
    Comparons par exemple le nombre d’articles relatifs à RAVEN dans Enfer ou Metal Attack, par rapport au nombre d’articles sur Angelwitch ou Diamond Head : RAVEN est nettement moins dans l’obscurité. Peut-être ce groupe t’avait-il simplement échappé à l’époque et était-il obscur pour toi.
    Resitués dans leur contexte, les 4 premiers LP de RAVEN sont de vraies bombes, avec un style solidement forgé et hyper original. Probablement les 3 albums les plus « fous furieux » de la NWOBHM, et de loin ! RAVEN est le groupe de proto-thrash par excellence, quoi qu’en dise Lars Ulrich qui soi-disant s’est plus inspiré de Diamond Head.
    Cette remarque n’enlève rien à la qualité de ta chronique. Notamment, tu résumes bien la spirale pourrie dans laquelle le groupe est tombé à cause de la direction artistique et du coaching assassin d’un major label. (Il s’est passé la même chose avec SAVATAGE qui s’est fait pomper l’âme par un major après 2 albums géniaux… de la soupe).
    A mon sens, RAVEN ne redeviendra pleinement lui-même qu’avec la sortie d’ExtermiNation (oui, l’album est long car tenir nerveusement une heure à écouter ce groupe, c’est très dur ! cela fait partie du charme de RAVEN quand les membres font ce que eux aiment faire).
    Le RAVEN authentique, le 100% kick ass est nerveusement éprouvant et c’est pour cela que j’aime.

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