RUNNING WILD : « Port Royal » (c) 1988

RUNNING WILD : « Port Royal » (c) 1988

Port Royal
Catégorie:
Étiquette:
Publié: 26/09/1988
1988, c’est aussi l’année où j’avais découvert le groupe avec le titre « Port Royal » sur une radio locale franc-comtoise dans une émission hebdomadaire dédiée au hard .. et j’avais immédiatement accroché à ces riffs heavy accrocheurs cette voix rauque agressive mais aussi mélodique et bien entendu le côté pirate du groupe, les choeurs du refrain, les harmonies et soli de guitares mélodiques.
Après 2 premiers albums très bons sur lesquels règnait une ambiance sombre et baignant dans l’occulte et où le cornu étant souvent présent, la bande à Rock’n’Wolf avaient troqué leur pentagrame et leur croix renversée contre un bandana et des habits de pirates sur le génial « Under Jolly Roger ». La musique évoluait également avec succès vers des titres plus fédérateurs, moins sombres et plus mélodiques. Cela donnait des pépites telles « Under Jolly Roger », « Raise Your Fist » ou « Diamonds Of The Black Chest ».
Mais Mr Kasparek ne voulait pas en rester là et aspirait à rendre ses morceaux plus épiques, plus travaillés et cela nécessitait d’avoir des musiciens à la hauteur … et il y alla sans ménagement en limogeant la section rythmique Stefan Boriss et Hasche et en incorportant Jens Becker à la basse .. et on ne peut que donner raison au leader allemand tant la présence de Becker se fait sentir dans la musique du groupe, avec ces parties de basse excellentes et bien présentes dans le mix de l’album. A la batterie arrivait une pointure en la personne du mercenaire Stefan Schwarzmann (qui avait réjoins le groupe durant la tournée « Under Jolly Roger » et qu’on entend sur le live « Ready For Boarding »). Ainsi fortement armés, les pirates étaient prêts à en découdre et à partir sur les mers tumulteuses du Pacifique.
Et les résultats ne se firent pas attendre, tant ce « Port Royal » témoignait des progrès à tous les niveaux.
Le groupe renforçait cette imagerie de pirates du heavy metal avec déjà cette pochette magnifique (mais avec une bourde car montrant l’ancien batteur du groupe et non Schwarzmann … ce qui devait être sacrément vexant pour le batteur !!!), puis cette intro avec cette ambiance taverne de marins et de pirates .. avec l’un d’entre eux imbibé au rhum chantonnant « Under Jolly Roger »).
Le title track démarre l’album en trombe et on constate les progrès à tous les niveaux : le son et prod enfin au niveau, la virtuosité des musiciens dont cette section rythmique solide avec cette basse si parlante et présente, et bien sûr le chant de Rock’n’Wolf ayant franchi un niveau, chantant vraiment, se libérant petit à petit et prenant confiance dans sa voix. Les choeurs sont plus appuyés, les guitares balancent de plus en plus d’harmonies .. Difficile de ne pas lever le point et gueuler le refrain !
Et le groupe va appliquer cette formule gagnante tout au long de l’album avec une grande inspiration dans la composition de titres accrocheurs tout en restant bien heavy comme le hit « Raging Fire », ce « Uaschitschun » avec son riff mémorable et cette ligne de chant fabuleuse de Kasparek … L’un de me titres préférés de Running Wild, un sacré hit de heavy metal !
Le groupe savait toujours balancer des brûlots speed tels « Into The Arena » ou « Warchild » très réussis sur lesquels la virtuosité et le talent de Becker et Schwarzmann éclatait en grand jour.
Et puis que dire d’un des meilleurs morceaux composés par Kasparek, le fabuleux « Conquistadores » …certainement le titre représentant et résumant le mieux avec « Riding The Storm » la période pirate du groupe. La perfection … avec d’abord cette intro de basse de Becker magnifique enchainée avec ce riff façon cavalcade si bien trouvé … ensuite ce refrain conquérant et imparable, ces soli et harmonies de guitares mélodiques et épiques. Nous sommes plongés aux côtés de ces explorateurs portugais dans les mers agitées.
Cet album allait être également une première pour 2 choses : l’incorporation d’un intrumental .. .le magnifique « Final Gates » sur lequel la basse de Becker se taille la part du lion (quel talent !!) et également le tout 1er long morceau épique qui allait lancer la tradition chez Running Wild, « Calico Jack » commençant par une bien belle intro avec guitare acoustique avant qu’un mur heavy prépare à lancer une longue cavalcade heavy de plus de 8 minutes. Un titre très heavy (ces riffs !!), avec des changements de rythme dans lequel le groupe se faisait clairement plaisir, prétexte à un déluge de riffs. Que c’est bon !
Ce qui ressort de cet album, c’est vraiment la cohérence de groupe .. on était loin du Kasparek & co vers quoi allait tendre le groupe par la suite. Ici l’implication des autres musiciens était forte, leur présence dans le mix en étant un bon témoignage (cette section rythmique !!) et n’oublions pas Majk Moti dont les mélodies de guitares contribuaient à la qualité des titres.
Le line-up de « Port Royal » et « Death Or Glory » restera pour moi et de loin le meilleur qu’ait jamais eu Running Wild, d’un point de vue technique, de la cohérence musicale et reflétant vraiment un groupe et non un musicien et ses invités.
Un disque fantastique .. annonciateur du chef d’oeuvre « Death Or Glory ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Rate this review