SANHEDRIN : « Lights On » (c) 2022

SANHEDRIN : « Lights On » (c) 2022

Lights On
Catégorie:
Publié: 04/03/2022

Il n’est pas toujours simple de parler d’un album et encore moins d’en écrire une chronique. Il n’y a pas vraiment de règle me concernant et je prends ma plume quand les mots commencent à venir tout seul, indépendement de la qualité du disque. Peut être est ce par peur que mes mots ne soient pas à la hauteur de l’excellence de la musique, de ces titres qui doivent s’écouter d’une traite et formant un tout, comme ce splendide 3ème album de SANHEDRIN sorti il y a plusieurs mois et que j’écoute très régulièrement.
Il est temps de rendre justice à ce « Lights On » car les américains méritent vraiment de se faire entendre chez nous tant ce power-trio maitrise son sujet, possède LE son et un sacré sens de la composition comme ils nous l’avaient déjà montré sur leur 2 premiers albums avec une musique par moment doom et aussi très accrocheuse à la Judas Priest ou à la Dio. Que de belles références me direz vous et c’est certainement pourquoi la musique des américains me parle tant.
On note rapidement une différence par rapport à leur 2 précédents opus avec un début d’album plus direct avec 4 titres sous la barre des 5 minutes comme pour traduire une certaine colère retenue durant les 2 années difficiles dues à la pandémie et cela démarre pied au plancher avec l’excellent « Correction » avec ce riff imparable soutenu par cette basse très présente dans le mix faisant souvent office de 2nde guitare . Ce qui frappe de suite également est le son .. parfait .. en tout cas pour mes oreilles. Tout ce que j’aime car sonnant si naturel, organique tout en gardant une sacrée puissance … et bien sûr il y a la voix de Erica Stoltz, vocaliste et interprête de haut vol et donnant une bonne partie de l’identité du groupe.
Jeremy Sosville nous balance un sacré bon solo toujours mélodique .. avant que le trio montre de quel bois il peut se chauffer avec cette accélération ultra heavy . Quelle claque en 4 petites minutes !
Les 3 musiciens enchainent avec « Lights On » avec un riff et un rythme qui cavale pendant qu’Erica cale une chouette mélodie avec toujours une certaine gravité dans son chant comme pour donner plus de poids à ses paroles semblant être une diatribe contre les autorités ayant causé ce chaos durant 2 ans . Le groupe nous gratifie d’un bien beau break calme avec ces choeurs angéliques contrastant avec le reste du titre avant un festival rythmique à la batterie de Nathan Honor avec tous ces roulements de toms me rappelant Keith Moon sur le meilleur de The Who sur « Quadrophenia » .
« Lost At Sea » va nous étonner avec un côté plus mélodique surtout dans le refrain, ce break pouvant rappeler … Rush avant qu’un sacré bon solo est envoyé par Jeremy Sosville avec ce qu’il faut de notes et toujours garant de la mélodie. Mais rassurez vous, les riffs heavy sont toujours présents, mais avec un côté énervé mis de côté temporairement.
Les chevaux sont de nouveau lachés sur « Change Takes Forever » avec Erica poussant sa voix tandis que la section rythmique bastonne avec encore une fois le batteur Nathan Honor faisant un festival et donnant une sacrée couleur à la musique de l’album. Un morceau très intéressant au tempo enlevé avec un travail rythmique ébouriffant.
Sur « Code Blue », SANHEDRIN revient un peu aux plus belles pièces épiques de leur 2 premiers albums durant plus de 6 minutes alternant passages calmes de toute beauté sur fond d’une batterie martelant le tempo, quelques guitares tout en touché et ce chant charmeur d’Erica avant un refrain énervé et heavy donnant à ce titre un dynamisme bien vu. Et puis que dire de break avec encore une fois Nathan Honor se régalant derrières ses fûts pendant que le 6 cordistes pose un solo tout en feeling magnifique . Sur ce break, le trio nous démontre tout leur talent de musiciens et de compositeurs et nous embarquent dans leur voyage musical . Que c’est beau. Un titre magnifique.
Fini le voyage épique, et place à un brûlot rapide et énervé que n’aurait pas renié un Lemmy jouant dans le Judas Priest de « Defender Of The Faith » . « Scythian Women » emporte tout sur son passage et brise les cous. Arrrf ce break avec seulement la basse avant de lancer un solo de guitare, que c’est jouissif !
« Ride out! Thundering hordes ….  » hurle Erica … et oui quelle tornade !!
La qualité ne baisse pas bien au contraire, Sanhedrin a des choses à dire et c’est flagrand sur cette pépite de heavy doom « Hero’s End ». Pourtant le trio essaie de brouiller les pistes avec cette intro calme avec seulement ces arpèges de guitare et ce chant posé d’Erica ayant un petit air du « Space Oddity » de Bowie … mais que nenni car voilà que déboule un riff lourd et doom digne du grand Iommi . Nous voilà plonger au temps de « Sign Of The Southern Cross » ou de « The Devil You Know » lorsque l’association Dio / Iommi faisait des miracles dans un heavy doom sombre et magnifique à la fois.
Au milieu de cette musique lourde et puissante, le groupe lache quelques secondes d’accalmie avant un passage diaboblique et ultra heavy laissant ensuite la place à ces soli pour une fois au son distordu collant à cette ambiance terrifiante et inquiétante. Mais quelle claque et difficile de ne pas être terrassé pas ce morceau fabuleux.
La fin approche, les américains ont fait jusque là un sans faute et vont conclure leur 3eme album avec le très bon « Death Is A Door ».
Après une bien belle intro calme avec ces quelques percussions, quelques notes de guitares et le chant posé d’Erica, le morceau part sans prévenir et brutalement à 1 »40 sur un tempo enlevé avec un riff joueur et un chant enjoué d’Erica .. que c’est entrainant comme pas possible et quel groove. On tape du pied et on secoue la tête et on gueule avec Erica totalement habitée dans son chant .
Un titre qui doit faire un malheur en concert. Puis à 5 minutes, tout d’arrête, on revient à l’ambiance calme et feutrée du début du morceau avec ces percussions et ce chant envoutant d’Erica . Superbe encore une fois.
C’est bien simple, on ne voit pas le temps passer à l’écoute de ce « Lights On ». 8 titres et 41 minutes de pur plaisir audifif d’un groupe qui a trouvé la formule parfaite en synthétisant le meilleur de leurs 2 premiers albums pour un résultat au final très accrocheur et plus direct même si certaines pièces aiment à nous faire voyager du côté sombre (« Hero’s End »). Ils ne sont que 3 mais arrivent à remplir l’espace sonore d’une façon incroyable grandement aidés par un batteur fantastique au jeu dynamique et apportant tant à la musique et au son du groupe. Ce qui me plait également énormément est le côté naturel, sans triche et venant des trips de ces 3 musiciens qui me fait complétement adhérer à leur musique et à ce « Lights On » impérial du 1er au dernier titre.
A posséder absolument !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rate this review