SAVATAGE : « Handful Of Rain » (c) 1994

SAVATAGE : « Handful Of Rain » (c) 1994

Handful Of Rain
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Publié: 16/08/1994
Hommage aujourd’hui au magnifique album « Handful Of Rain » de SAVATAGE sorti le 16 août 1994 … et quel album !
J’adore ce groupe, vraiment .. découvert en 1987 avec le génial « Hall Of The Mountain King » et qui reste mon disque préféré du groupe, et au fil des années, et aussi grace à soeur qui est archi fan du groupe, je me suis penché sur toute leur disco pour au final posséder tous leurs disques. Vraiment très peu de déchet dans leur disco, l’une des plus riches et passionnantes que je connaisse. Alors forcément lorsque la mort tragique de Chris Oliva fut annoncée, ce fut un choc surtout vue les conditions de sa mort (tué par un chauffard bourré, multi-récidiviste).
On crut vraiment la fin du groupe arrivée et cela n’aurait étonné personne que Jon Oliva, son frère et clavier / compositeur (et ancien chanteur) du groupe ne jette l’éponge.
Mais il n’en fut rien et Jon décida de continuer le groupe persuadé que cela aurait été la volonté de son frère …
Pour se faire il avait besoin de trouver un guitariste capable d’enregistrer un nouvel album, une personne qu’il connaîssait afin de lui confier des titres certainement personnels et dans une période de deuil difficile. Et se fut Alex Skolnick, brillant guitariste ayant joué dans Testament, et ami des frères Oliva avec qui ils avaient effectué plusieurs tournées ensemble dans le passé. L’excellent chanteur Zak Stevens arrivé sur le précédent opus « Edge of Thorns » était toujours derrière le micro et Jon allait s’occupait de tous les autres instruments, à savoir basse, batterie et claviers.
Le résultat fut un album un peu à part dans la discographie du groupe, étant comme un instantané de cette période trouble et difficile traversée par Jon Oliva. Il voulait sortir cet album rapidement comme pour quelque part crystaliser sa tristesse, sa colère, son incompréhension sur cette injustice de la vie .. et « Handful Of Rain » sortit rapidement, moins d’un an après la mort de Chris. On aurait pu penser avant l’écoute que sa qualité ne serait pas forcément au rendez vous … et bien non et c’est tout le contraire qu’il en ressort. Cet album est tout bonnement fantastique, montrant un visage plus sombre, plus énervé que par le passé. Le ton est souvent grave, triste mais magnifié par le talent de composition de Jon et une interprétation fabuleuse des musiciens rendant ainsi le plus bel hommage possible au guitariste disparu.
La galette démarre d’une façon brutale et inattendue avec le quasi thrash « Taunting Cobras » d’une violence assez inhabituelle pour le groupe. Ce qui frappe rapidement est le son … mais quel son de folie le groupe avait, avec une prod que je trouve bien meilleure que sur leurs précédents efforts. La guitare possède un son vraiment énorme avec ces riff thrassisants de Skolnick, et ses soli bien sentis et venimeux, et Zak s’en sort à merveille avec une agressivité dans sa voix tout en restant mélodique.
Changement d’ambiance avec le title track « Handful Of Rain », démarrant calmement avec cette guitare acoustique et le chant tout en retenu de Zak vraiment magnifique avant que le morceau démarre avec un gros riff de guitare, avec toujours ce son sacrément heavy. Le tempo est lent, rampant, Skolnick plaçant ici et là des interventions de guitares gorgées de feeling .. et puis cette voix de Zak … mais quel chanteur et quelle voix … Le titre alterne passage heavy et passages plus posés magnifiques où se mèlent guitare acoustique, petits soli de guitare électrique et la voix de Zak. 2 titres et déjà 2 pépites dans des styles bien différents …. mais alors que dire du 3ème morceau ?? Chef d’oeuvre du groupe tout simplement. « Chance ». Le morceau commence avec les notes de piano de Jon sur lesquelles la voix de Zak tout en retenu donne le frisson, puis une partie symphonique bien trouvée arrive sur laquelle se greffe des soli de Skolnick du plus bel effet . Quelle intro !!! Le titre démarre enfin sur un riff heavy, mid-tempo avec un chant en voix grave de Zak .. un titre classieux comme le groupe nous en a servi par le passé puis un break survient à la moitié du titre, tout d’abord de façon très calme avec piano, voix rappelant le début du titre puis explosion avec la partie de symphonique avant que le morceau se calme pour aboutir à une partie sublime, inédite pour le groupe qui va mettre en avant tout le talent de chanteur de Zak Stevens et de Jon Oliva dans les arrangement vocaux, avec cette partie hallucinante avec au moins 5 ou 6 voix chantées en canon. Fantastique je vous dis (avec un air de Queen il est vrai) !!! Ce titre est un joyau et est devenu un classique du groupe et l’un des meilleurs de leur répertoire.
Le groupe continue de laisser parler son talent et de diversifier le répertoire du disque avec le superbe heavy bluesy « Stare Into The Sun » sur lequel encore une fois Zak brille de mille feux avec sa voix et son interprétation si juste et remplie d’émotion et également la guitare de Skolnick tout en feeling et débordant de classe. Mais quel fantastique guitariste !!! Son touché, ses soli ses riffs avec ici une sonorité de ses rythmiques différente et bien trouvée. Sur « Castle Burning », on retrouve une musique plus habituelle du groupe, rappelant le passé récent mais l’ambiance y est néanmoins plus sombre. Mid-tempo mené par un duo guitare / clavier, le titre alterne couplet calme et refrain plus énervé puis changement à la moitié du titre pour un final quasi entièrement musical de toute beauté dans lequel encore une fois le talent de Skolnick est mis en avant. Du grand, très grand SAVATAGE ! Le petit intermède musical « Visions » est sympathique et débouche sur le très beau « Watching You Fall », titre encore une fois ne respirant pas la joie (mais pouvait il en être autrement, bien sûr que non), un titre en ambiance pouvant rappeler « Streets » ou certains titres de l’album précédent.
Après ces titres en ambiance, le groupe balançait un nouveau brûlot bougrement heavy « Nothing’s Going On », la double pédale étant de sortie et Skolnick balançant une série de riffs heavy en diable et des soli bien sentis. Et puis ce final qui s’accélère limite thrash .. argggg !
L’album se termine sur 2 titres lents, le 1er « Symmetry » gardant un côté heavy cependant avec des riffs bien tranchants sur les refrains et les soli , avec un Zak à la voix basse du plus bel effet, et puis « Alone You Breathe » balade tellement belle dédiée à Chris Oliva, avec Jon au piano et Zak à la voix / interprétation si émouvante. La seconde partie s’accélère légèrement avec un côté Queen lors du chant de Zak avec aussi l’inclusion du thème de la magnifique balade « Believe » du l’album « Street ». Le groupe ne pouvait délivrer un plus beau final.
Voilà, vous l’aurez compris, je suis archi fan de cet album, ces 10 titres me touchent beaucoup. Un disque inespéré alors qu’on pensait le groupe incapable de surmonter la mort de Chris, avec la participation si brillante, talentueuse et tout en feeling de Skolnick et qui a grandement contribué à la réussite de cette galette. Donc oui un chef d’oeuvre, un peu à part dans la disco du groupe, à découvrir pour ceux ne connaissant que les classiques du groupe (la période Oliva).

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