SAVATAGE : « Streets : A Rock Opera » (c) 1991

SAVATAGE : « Streets : A Rock Opera » (c) 1991

Streets : A Rock Opera
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Publié: 04/10/1991
Ce 6ème album des floridiens est certainement le point culminant artistiquement parlant de leur carrière et de leur discographie , l’oeuvre à laquelle les frères Oliva avaient aspiré depuis la création du groupe.
Après des débuts plutôt réussis mettant en évidence une musique heavy, souvent sombre et marquée par la voix unique de Jon Oliva et le jeu / touché de guitare reconnaissable entre mille de son frère Chris, le groupe avait amorcé avec l’album précédent « Guttler Ballet » un virage plus « symphonique » (dans le bon sens du terme, avec des instruments à cordes sur certaines chansons et servant les titres) et très réussi. Certains fans décrocheront préférant le côté brut des 1ers albums (les géniaux « Hall Of The Mountain King » ou « Sirens »), d’autres succomberont au charme et à la beauté du nouveau répertoire des américains. L’un des adjectifs collant le mieux à ce nouvel album et cette nouvelle aspiration à une musique plus travaillée est le mot « classe ». Ici rien n’est kitch ni superflu, chaque arrangement, chaque inclusion d’instrument (piano, orchestre, guitare acoustique) a été faite dans le but de servir au mieux la chanson, pour coller au mieux à son humeur et cela fonctionne à merveille.
« Streets » est donc un concept album qu’on rapprochera forcément du « The Crimson Idol » de Wasp à cause d’une histoire ayant des points communs avec celle du groupe de Blackie Lawless. Les frères Oliva aidés par leur fidèle ami et producteur Paul O’Neil narrent l’histoire d’un jeune rockeur D.T qui au sommet de sa gloire va plonger dans tous les excès pour retomber dans l’anonymat et la déchéance. Il va être sauver par un vieux musicien qui va lui ouvrir les yeux, lui redonner confiance et lui permettre de remonter la pente petit à petit jusqu’à renouer avec le succès .. mais alors que sa vie se remet enfin sur les bons rails, un drame va de nouveau plonger D.T dans le doute …(pour la fin de l’histoire, il vous faudra acheter l’album !).
Sur la version originale de l’album, contrairement à « The Crimson Idol » qui comportait des transitions entre les titres, ici ce n’est pas le cas .. mais cela n’empêche aucunement de rester accrocher au fil de l’histoire (une version est sortie il y a quelques années comportant des « narrations » entre chaque titre). Musicalement, le groupe reprend là où « Gutter Ballet » s’était arrêté, arrivant à produire un mix entre le heavy racé et caractéristique du groupe avec ces guitares saccadées (« Jesus Saves »), inquiétant (« Ghost In The Ruins »), violent (« Agony & Ecstasy ») ou plus lyriques et magnifiques comme sur la pépite « Tonight He Grins Again » / « Strange Reality » ou sur le title track « Streets ». La différence ici provient des titres plus calmes plus nombreux que par le passé mais tellement beaux et réussis comme « A Little Too Far », « Heal My Soul » ou le chef d’oeuvre d’émotions qu’est « Believe » beau à pleurer.
Et le groupe arrive également avec brio à mixer les 2 styles comme sur le très réussi « New York City Don’t Mean Nothing » sur lequel (entre autres titres) Chris Oliva nous balance un solo donnant le frisson, ou le magnifique « Can You Hear Me Now », sombre et heavy à la fois. Chaque titre est une petite histoire à lui seul, d’une richesse musiciale et émotionnelle incroyable grandement aidée par la sublime voix de Jon Oliva … Mais quel chanteur extraordinaire .. avec un grain de voix tellement unique, à fleur de peau et véhiculant tellement d’émotions qu’on a de temps en temps l’impression que sa voix pleure.
Aucune faiblesse sur cet album et au contraire, le groupe nous proposait le joyau de leur discographie et y avait mis toute leur âme et cela s’entend et se ressent. Un disque qu’on n’écoute pas forcément de la même façon qu’un « Hall Of The Mountain King » et qui nécessite peut être une écoute plus attentive mais qui délivre tellement de richesses et d’émotions.
L’un des concept albums les plus réussis que je connaisse, à ranger aux côté du « The Crimson Idol », « Operation Mindcrime » et « Quadrophenia ». Sublime !

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