SAVATAGE : « The Wake Of Magellan » (c) 1997

SAVATAGE : « The Wake Of Magellan » (c) 1997

The Wake Of Magellan
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Publié: 15/09/1997
S’il y a un groupe possédant une discographie riche et d’une très grande qualité, c’est bien SAVATAGE. Le américains ont eu 2 périodes, la 1ère orientée heavy metal bien rentre dedans avec un riffing bien particulier de Chris Oliva et bien sûr la voix extraordinaire et unique de Jon Oliva, capable de nous caresser en douceur et en émotion pour la seconde d’après hurler comme un damné à nous en faire hérisser le poil ! On retiendra de cetté époque surtout le 1er EP « The Dungeons Are Calling », leur 1er album « Siren » et le génial « Hall Of The Mountain King ». Changement de cap en 1989 avec le producteur Paul O’Neil souhaitant amener la musique du groupe vers de nouveaux horizons, plus variés, plus thématiques et moins systématiquement ancrée dans le pur heavy. Le magnifique « Gutter Ballet » en était les prémisses mais c’est avec le sublime concept album « Street : A Rock Opera » que SAVATAGE s’ouvrit définitivement à un heavy …symphonique diront certains même si je n’aime pas ce terme . Disons que la musique du groupe devenait beaucoup plus variée, laissant plus de place aux claviers et au piano de Jon Oliva, tout en gardant le côté heavy par la guitare de son frère sur une majorité de titres. La suite fut une succession d’albums dans ce style, ayant tous plus ou moins un concept en trame de fond et tous d’une grande richesse et diversité musicale (seul « Handful Of Rain » fait figure d’ovni .. un album à part faisant suite à la mort de Chris Oliva).
Et « The Wake Of Magellan » fait partie de cette série d’albums narrant une histoire, et il s’agit également du dernier album avec Zak Stevens au chant .. et pour moi le dernier très bon disque du groupe. Adeptes du heavy brut des 1ers albums, passez votre chemin car la musique de cet opus n’a plus grand chose à voir avec « The Dungeons Are Calling ». Ici la richesse musicale transpire de chaque morceau sans jamais être pompeuse mais en étant au contraire au service des chansons. On retrouve ici et là des guitares acoustiques, du piano alterné avec des riffs maousses costauds d’Al Pitrelli et de Chris Caffery comme sur le superbe « Morning Sun », des interludes musicaux de toute beauté (« The Ocean », « Welcome », « Underture », « The Storm ») rajoutant à l’ambiance dramatique de l’histoire, des pièces heavy comme ce « Blackjack Guillotine ». C’est avec plaisir qu’on entend Jon Oliva reprendre le micro sur le heavy (ce riff !) « Paragons Of Innocence » avec dans la 2nde partie du titre une ligne de chant hallucinée d’Oliva comme seul lui en est capable, ou le plus mélodique « Another Way » sur lequel les claviers prennent plus de place. Et puis le groupe a toujours cette capacité de pondre des morceaux heavy épiques et subtils comme le très beau « The Wake Of Magellan » sur lequel rarement guitares heavy et claviers ont si bien cohabité ou cet excellent « Turn To Me » servit en début d’album. Et puis encore une fois, le groupe est touché par la grace sur « The Hourglass » où il nous embarque durant 8 minutes dans une pépite épique dans laquelle la voix de Stevens fait des merveilles aidée par des choeurs bien présents, des changements d’ambiances et surtout un travail exceptionnel fait sur les voix (Queen n’est pas loin) à partir de 5 minutes où le groupe nous refait le coup des voix en canons initié sur le génial « Change » quelques quelques années auparavant. Un boulot hallucinant que cette surperposition de toutes ces voix pour un rendu magnifique. Une pièce d’orfèvre représentant pour moi le testament de la musique de SAVATAGE.
« The Wake Of Magellan » est un album magnifique, certainement pas le meilleur des floridiens, mais pas loin et très vraisemblablement l’aboutissement musical du groupe qui avait tout dit avec cet album. Un grand disque.

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