SCORPIONS : « Animal Magnetism » (c) 1980

SCORPIONS : « Animal Magnetism » (c) 1980

Animal Magnetism
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Publié: 31/03/1980
Le SCORPIONS des 70s / début des 80s était quasi intouchable. Les allemands avaient la flamme, une énergie à revendre, un sens de la provocation qui rajoutait à l’attachement qu’on pouvait avoir pour eux. Fort d’un superbe album, « Lovedrive », salué par les fans et les critiques comme l’un de leurs meilleurs disques, cet opus traduisait la direction musicale vers laquelle les allemands voulaient aller, un hard rock mélodique direct agrémenté de belles ballades, un format qui sera repris durant tout le reste de leur carrière, comme en témoigne « Animal Magnetism » en 1980.
Pas facile d’être coincé entre « Lovedrive » et « Blackout », 2 pierres angulaires de la discographie des allemands et considérés par beaucoup commes les 2 joyaux de l’arachnide … et pourtant ….
Ce 7ème LP de Scorpions m’a toujours énormément plu, l’un des rares du groupe sur lequel je ne zappe aucun titre (alors que cela a toujours le cas pour au moins 1 titre sur leurs disques les plus célébres). Il possède un petit quelque chose très attachant, un côté un peu moins calculé que ses successeurs, une plus grande énergie, un côté un peu aventureux et un son / prod assez brut et moins « produit » qui me plait beaucoup. Le groupe ne perd pas de temps et balance la purée sur un début d’album imparable avec 4 titres en moins de 15 minutes et quels titres ! « Make It Real » démarre en trombe le festival. L’un des plus grands morceaux des allemands, hyper accrocheur, avec un riff identifiable dès la 1ère seconde, une mélodie enjoueuse, un classique que intégrera la setlist des concerts du groupe pour ne plus jamais la quitter. Sans temps mort déboule le rapide et bougrement efficace « Don’t Make No Promises (Your Body Can’t Keep) » et son riff que j’adore et composé par Mathias Jabs (assez rare pour le noter, 99% des musiques du groupe étant composées par Rudolf Schenker depuis le départ d’ Uli Jon Roth). Changement d’ambiance et de tempo avec « Hold Me Tight » qui se veut plus lourd, inquiétant avec un Klaus Meine au chant plus agressif qu’à l’accoutumé, n’hésitant pas à casser la voix. Et toujours ce sens du refrain que tue .. c’est vraiment la grande force de cet album, bien que heavy la plupart du temps, le groupe glisse toujours des superbes mélodies dans leur musique. « Twentieth Century Man » se veut plus léger, rappelant un peu leurs disques époque Roth et il fait très bien le job. Après un tel début d’album, les allemands s’octroyaient une bien jolie pause avec la magnifique ballade « Lady Starlight », l’une de leurs plus belles chansons avec une mélodie et un chant de Meine beaux à pleurer avec en fond la guitare acoustique de Schenker et des orchestrations magnifiques avec les instruments à cordes de l’orchestre philharmonique de Berlin, et puis quel solo tout en feeling de toute beauté de Schenker. Suivent 2 titres forts plaisants dont je ne me lasse pas d’écouter, « Falling In Love » (composé par le batteur Herman Rarebell) et « Only A Man » que j’affectionne beaucoup. Mais la grande force de cette face B sont incontestablement ces 2 derniers titres : tout d’abord le fantastique « The Zoo », joyau intemporel et l’un des meilleurs morceaux des allemands, avec son côté rampant, le chant sensuel de Meine, ce refrain génial qui a marqué des générations de hardos, ce solo de guitare de Jabs à la vox guitar de plus bel effet et bien sûr ce riff entêtant vous faisant irrémédiablement secouer la tête.
Pour conclure ce merveilleux album, Scorpions avait décidé de nous surprendre avec le très inquiétant et sombre « Animal Magnetism » s’étirant sur quasi 6 minutes. D’entrée de jeux, la mélodie de guitare nous glace le sang, le tempo se veut très lourd, le chant de Meine est envoutant .. le groupe nous embarque ailleurs, dans un univers finalement peu fréquenté par le groupe jusque là, beaucoup moins accessible et joyeux que d’ordinaire et au final très étonnant montrant que les musiciens pouvaient innover, nous surprendre après 7 albums. Un morceau vraiment unique et superbe concluant l’album de la meilleure des façons. Enfin un dernier mot sur la pochette bien évidemment qui avait fait jaser à l’époque avec un côté érotique et très suggestif.
En moins de 40 minutes, Schenker et sa bande continuaient la mue de leur bestiole de la plus belle des façons embrassant les 80s toutes guitares dehors avec leur hard rock bougrement efficace et inspiré. Un album très attachant et l’un de ceux que je préfère du quintet.

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