SLAYER : « Show No Mercy » (c) 1983

SLAYER : « Show No Mercy » (c) 1983

Show No Mercy
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Publié: 03/12/1983
Il est difficile de ne pas être nostalgique des 70s ou de 80s tant ces 2 décennies avaient été riches musicalement . Forcément car le terrain était vierge … tout était à créer et c’est ce qui rend encore plus fort et renforce notre admiration envers les Black Sabbath, Deep Purple, Led Zep, Rainbow dans un 1er temps qui avaient jeté les bases de la musique distordue auxquels avaient embrayé le pas au milieu des 70s Judas Priest, Scorpions et Motorhead puis les jeunes loups de la NWOBHM dès 1979/1980 avec les Maiden, Saxon & co qui montraient une voie plus directe et agressive que leurs ainés. Mais dans l’ombre se préparait déjà au tout début des 80s une nouvelle révolution musicale, quelque chose de malsain, de violent, sans aucune limite ni tabou avec un goût prononcé pour l’extrême qui allait faire retourner les Venom et Mortorhead dans leur bac à sable …. La 1ère salve fut envoyée début 1983 avec METALLICA et son « Kill’Em All » d’une agressivité jamais entendue jusque là, s’inspirant clairement de la NWOBHM mais aussi de groupe punk le tout joué avec une rapidé et une rage qui avait bousculé tous les acquis musicaux de l’époque… Le thrash metal était né .. mais ce n’était que le début et les californiens de SLAYER poussèrent le curseur de la violence et de la provocation encore plus loin en décembre 1983 avec leur 1er album « Show No Mercy ». Ces sales garnements ne semblaient avoir aucune limite, peu calculateurs et fonçant tête baissée avec une insouciance et une fraicheur transpirant au travers de ces 10 déflagrations sonores … et dès « Evil Has No Boundaries » on savait à quoi s’en tenir : riffs rapides comme l’éclair, le jeune Arraya poussant un cri aigu donnant la chaire de poule puis hurlant ses paroles sataniques comme un damné tout en martyrisant sa basse, Lombardo martelant ses fûts comme un possédé et jouant de sa pédale de double grosse caisse à la fin du morceau comme jamais entendu jusque là, et puis ces soli distordus un peu approximatifs de King et Hanneman mais rajoutant au caractère inquiétant de la musique de ce quatuor de l’enfer. Et le matracage en règle ne fait que commencer et dès le 2nd titre SLAYER assénait le coup de massu « The Antechrist », l’un des meilleurs titres de leur répertoire. Un peu moins rapide que « Evil … » il n’en reste pas moins tout autant agressif et on découvre la capacité du groupe à balancer des changement de tempo ici et là avec des riffs monstrueux … et que dire du chant hurlé / crié d’Arraya sur le refrain …ou ces descentes de manches des deux 6 cordistes ! Et le groupe va appliquer la même recette sur des mid tempi énervés ponctués de changements de rythmes avec des riffs de folie comme sur le culte « Die By The Sword » entré dans la légende ou le sous-estimé « Tormentor » avec ses lignes de guitares dignes de la NWOBHM ou alors sur des brûlots joués pied au plancher comme sur « Fight Till Death » ou le mythique « Black Magic » … avec cette intro heavy de dingue .. cette ligne de guitare entrée dans la légende …puis cette accélaration pour un titre génial, véritable tornade thrash bourgrement inspirée, ou sur bien évidemment la speederie « Show No Mercy » concluant l’album avec ces riffs speed sur un rythme frénétique mené tambour (sic) battant par un Lombardo dont le talent éclatait à la face (the slayer) du monde. Mais on trouvait encore des traces bien présentes des influences heavy du groupes comme ce superbe « Metal Storm / Face the Slayer » digne du grand Judas Priest avec cette intro épique heavy avec ces harmonies de guitares puis ces riffs très anglais ou la ligne de chant d’Arraya qui rappelle certaines de Halford ou alors ce « Crionics » qui aurait pu figurer sur le « Killers » de Maiden avec ce rythme façon cavalcade typique de groupe de l’East End, ce chant évoquant Di’Anno et bien sûr ces harmonies de twin guitars … mais le tout à la sauce Slayer .. et que c’est bon ! Cette influence anglaise se fait également sentir (de façon moins flagrante il est vrai) sur le rapide « The Final Command » sur lequel les riffs sont plus heavy que purement thrash .. mais ces harmonies à 2 guitares ne trompent pas.
Sur ce 1er essai, les américains ne s’étaient pas posés de question et avaient tout mis sur la table mixant à la fois leurs influences heavy metal anglais et hardcore punk (venant beaucoup de Hanneman) tout en proposant des choses nouvelles, ce thrash frénétique et inquiétant que le groupe allait développer dès leur 2nd album. Je trouve ce 1er disque un peu à part dans la discographie de Slayer car le groupe prendra un direction bien plus extrême dès « Hell Awaits » et surtout « Reign In Blood », laissant de côté (à mon plus grand regrêt) leurs influences NWOBHM au profis d’un thrash de plus en plus violent et radical.
Alors tout n’est pas parfait, comme cette pochette assez amateur, la prod montrant quelques imperfections, des solis sont parfois brouillons mais cela n’est pas grand chose .. et surtout cela rajoute au charme de cet album et traduit bien cette fougue de 4 jeunes boutonneux prêts à en découdre avec le monde entier, avec ce je-m’en-foutisme qui leur permettra de rester droits dans leurs bottes durant toute leur carrière.
Alors qu’une majorité ne jurent que par « Reign In Blood », je lui préfère sans commune mesure ce « Show No Mercy » bien moins calculé, d’une spontanéité tellement rafraichissante et sympathique, montrant plusieurs facettes du groupe et contenant bien entendu parmi les plus grands titres du groupe .. et du thrash.
Donc oui chef d’oeuvre bien évidemment !!!

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