SPELL : « Tragic Magic » (c) 2022

SPELL : « Tragic Magic » (c) 2022

Tragic Magic
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Publié: 28/10/2022

La Canada n’arrête plus de nous gâter et nous régaler les cages à miel ces derniers mois avec des splendides albums de groupes vraiment talentueux.
Cette fois ci , c’est au tour de SPELL de nous offrir un disque formidable et inspiré. Après les furies heavy speed metal de Riot City, Lunattack et Metalian, place à la musique plus posée et plus ancrée dans les 70s de SPELL.
J’avais découvert le groupe en 2016 avec leur 2nd album, le très réussi « For None And All » avec lequel je faisais connaissance avec ce mélange de heavy influencé par la NOWBHM et un côté plus psyché et prog à la RUSH le tout restant assez immédiat et accrocheur. Les guitares étaient aux avants postes avec de nombreuses parties en harmonies, et la distorsion des guitares rythmiques rendant l’ensemble heavy. Difficile de résister à un titre comme « The Veil ».
Il fallut attendre 4 ans pour entendre son successeur « Opulent Decay » et le moins qu’on puisse dire, c’est que la surprise fut au rendez-vous tant la musique des canadiens avait évolué, témoignage de leur envie de ne pas faire du sur place. C’est frappant dès la 1ere écoute de cet opus avec un son beaucoup moins estampillé heavy metal. La distorsion des guitares y est bien moins présente, la basse est mise clairement en avant et l’ambiance des titres nous plongeait souvent du côté de la new wave anglaise du début des 80s. On pensait de temps en temps à The Cure, les atmosphères mélancoliques et passages instrumentaux favorisant les ambiances remplaçaient les parties de guitares NWOBHM de l’album précédent. Pas évident de s’y faire, mais le résultat était très réussi mais moins facile d’accès.
Dans quel nouvel univers musical allait donc nous embarquer cette fois ci SPELL ? Pour faire simple, je dirais qu’ils ont pris le meilleur de « For None And All », c’est à dire le côté direct, accrocheur, énergique et une partie des guitares, et le meilleur de « Opulent Decay » avec toujours cette basse prédominante, ce côté anglais new wave ici et là et bien sûr toujours cette pincée de RUSH si agréable. Les 2 premiers titres forts réussis montrent cette nouvelle formule hyper efficaces : « Fatal Breath » et « Ultraviolet » (avec en fond ce clavier assez 80s) tapent de mille, sont directes avec les guitares revenues au premier plan avec des soli réussis et une rythmique plus incisives.
Un synthé étonnant introduit « Hades Embrace » avant qu’un riff heavy débarque nous replongeant dans l’album de 2016. La mélodie est impérable, le tempo est entrainant avec des parties plus aérées et mélodiques donnant une belle dynamique au morceau. Le solo de guitare est une nouvelle fois parfait sans trop en faire.
Après 3 titres énergiques, les canadiens nous proposent une pièce plus mélodique mais rythmée magnifique « Fever Dream » qui vous rappelera certainement le BLUE OYSTER CULT des 80s, avec des claviers plus présents, toujours soutenus par cette basse mise en avant dans le mix. Les soli sont maintenant aux crédits de Al Lester (qui joue également la batterie) et quel talent qu’on écoute le solo de ce titre à la fois mélodique et bourré de feeling avec cette légère pédale wah wah.
« Sarcophagus » se veut plus heavy sur un tempo rapide, avec des riffs puissants dans une ambiance inquiétante rappelant une nouvelle fois le B.O.C. On imagine bien ce titre dans un film d’horreur ou d’épouvante.
SPELL s’amuse à juxtaposer des riffs heavy à des parties aériennes et semble avoir trouvé leur parfait équilibre dans la musique qu’il nous propose aujourd’hui, comme sur ce magnifique « Cruel Optimism » à la fois heavy et rythmé et par moment totalement planant, même si le côté heavy prédomine dans cette superbe pièce (la pédale de double grosse caisse est même de sortie !).
Les twins guitares qui me manquaient un peu sur le précédent album sont de retour comme en témoigne cette intro de « A Ruined Garden » et également tout au long du morceau, assez pop notamment dans le refrain. On note un léger piano ici et là.
La musique du duo est bien plus énergique que sur l’opus précédent, comme sur ce très réussi « Souls In Chains » au tempo rapide pendant les couplets, aux riffs heavy avec au chant le batteur Al Lester. La dynamique est une force du groupe, et ils le mettent en application dans ce très bon titre, avec un break magnifique au tempo plus lent, avec des chouettes parties de guitares terminant le morceau. En 4 minutes, il se passe tellement de choses sans jamais perdre l’auditeur.
Le maître mot de ce 4ème album est l’accroche mélodique et « Watcher Of The Seas » est d’une beauté imparable avec cette ligne de chant tellement belle aidée par une bien belle voix féminine (Rachel Layne), et que dire de toutes ces harmonies et mélodies de guitares. Il y a un peu de Mike Oldfield, de Fair To Midlands, de Rush dans cette pépite.
Ce « Tragic Magic » se termine par une pièce musicale courte mais passionnante (« The Watching ») , à la fois mélodique (la guitare) et inquiétante qu’on verrait bien dans un épisode de Stranger Things.
Avec ce 4ème album, les canadiens semblent avoir trouvé la formule parfaite avec un album qui renoue avec un côté plus rapidement accrocheur facilitant l’écoute de leur musique. Les différentes ambiances sont toujours présentes et sont la marque de fabrique du groupe mais l’efficacité cette fois ci des morceaux est un grand plus et donne envie de revenir encore et encore à cet album d’une grande richesse musicale et mélodique.

 

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