SPELLBOOK : « Deadly Charms » (c) 2022

SPELLBOOK : « Deadly Charms » (c) 2022

Deadly Charms
Catégorie:
Étiquettes: ,
Publié: 23/09/2022

Il y a 2 ans je me décidais à prendre ma plume pour vous présentez les américains de SPELLBOOK, un jeune groupe qui sévissait auparavant sous le nom WITCH HAZEL et venant de sortir un ovni intitulé « Magick and Mischief » nous faisant faire un magnifique et étonnant voyage dans le temps dans les 70s au travers d’une musique inspirée par Black Sabbath, Deep Purple, Blue Oyster Cult avec un chanteur Nate Tyson sonnant souvent comme Ozzy ayant pris des cours de chant et ayant appris à varier sa voix. Mais le groupe de York avait une vraie personnalité et un côté barré dans leurs morceaux qui m’avait immédiatement attiré.
2 ans plus tard, les voici de retour avec un nouvel opus « Deadly Charms ». Exit les histoires fantastiques et welcome les ambiances plus glauques et horrifiques, et une musique différente moins marquée 70s sonnant globalement plus heavy. Le groupe semble avoir gagné en cohésion et trouvé leur voie car leur musique part moins dans tous les sens que celle de leur 1er opus (finis l’harmonica, le piano et ambiances club de jazz) … et je dois l’avouer, cela m’a quelque peu désarçonné lors de la 1ère écoute et il m’a fallu quelques sessions supplémentaires avant d’ appréhender cette nouvelle proposition des musiciens, et une fois le déclic enclenché, je dois dire que cela n’est que du bonheur et le charme vicieux de chaque morceau opère. Le remplacement de l’ancien guitariste Andy Craven par le duo Patrick Benton / Les Yarde ne doit pas y être étrangé mais aussi la direction artistique de l’album et des paroles évoquant des sujets plus sombres et occultes nécessitant une musique sonnant plus doom par moment et puissante.
Nous sommes mis dans le bain dès cette courte introduction musicale « 1928 » tout droit sortie des filmes d’horreurs des 80s avec ce piano inquiétant et ce léger synthé créant une ambiance lugubre rappelant un film comme « Amityville la maison du Diable » … et pour cause … 1928 est l’année où se sont déroulés les évènements horrifiques décrits dans la chanson qui suit, « Rehmeyer’s Hollow » narrant l’histoire de la préparation du meutre de Nelson Reymeyer par une foule dirigée par John Blymire qui avait été convaincu par une sorcière locale, Nellie Noll que sa malchance était due à un sortilège lancé sur lui à partir d’un livre utilisé par Reymeyer.
Le titre commance avec de chouettes harmonies des 2 guitaristes qui vont joncher le morceau constrastant avec les parties chantées de façon inquiétante et un peu théatral de Nate Tyson parfait dans ce rôle de « conteur » halluciné, avec sa voix rappelant toujours celle d’Ozzy .. mais on notera que c’est globalement moins flagrant sur cet album que sur le 1er essai du groupe. Cette 1ère piste est hyper accrocheuse et résume parfaitement l’univers de SPELLBOOK, ayant à coeur de composer de véritables pièces ayant chacune une ambiance propre aussi bien musicale que dans les thèmes abordés dans les paroles. « Goddness » continue sur la lancée, un brûlot allant droit au but dans lesquels le duo de guitaristes s’éclate . Nous avons un break inattendu mené par la basse … et la voix inquiétante de Tyson sur cette histoire du narrateur adorant une divinité maléfique.
Changement d’ambiance avec l’excellent « Pandemonium » introduit par un basse galopante digne de Steve Harris … on se dit alors qu’on va avoir droit à une cavalcade à la Maiden .. mais que nenni car le morceau part sur un tempo … lent et lourd nous ramenant directement dans le camp de Black Sabbath avec une ligne de chant parfaite de Tyson vivant totalement ses paroles et rendant son chant tellement vivant et passionnant sur ce personnage se prenant pour le Diable, le Roi de la corruption et du vice dans ce monde qu’il prend pour la capitale des Enfers. Et quel riff que Iommi n’aurait pas renié !
Place maintenant au joyau de l’album, le magnifique « Her Spectral Armies » .. changement de décors, ici l’ambiance se veut avant tout mélancolique commençant par ces voix féminines introduisant le morceau avant qu’une belle mélodie de guitare prenne le relai soutenu par une basse très présente donnant de l’épaisseur au son du morceau puis un riff puissant arrive avant que tout s’arrête. Tout devient calme dans une ambiance posée comme la voix magnifique de Tyson contrastant avec son chant théatrale et halluciné des 1eres titres. Les couplets sont donc calmes et mélancoliques comme pour évoquer cette communauté refugiée dans les forêts et étant comme un hymne à la Nature, le refrain se veut puissant et plus heavy. Cette magnifique power ballade nous embarque dans ce voyage progressant vers un superbe partie musicale à partir de 4min avec une avalanche de soli de guitare tous plus beaux les uns que les autres, le tempo s’accélère légèrement. Le morceau se termine comme il a commencé avec ses voix féminines de Mère Nature.
« The Witch Of Ridley Creek » nous replonge dans des ambiances malsaines sur cette histoire datant de 1683 sur Margaret Mattson accusée de sorcellerie mais qui fut finalement acquittée. Un morceau directe et hyper efficace, un heavy blues bougrement accrocheur dont le groupe a trouvé la recette imparable sur cet album.
Place maintenant au title track, le bien nommé « Deadly Charms » au groove imparable, avec un rythme saccadé ici et là donnant envie de prendre sa guitare en carton et de secouer la tête et puis quel refrain addictif nous faisant lever les bras au ciel charmés et envoutés que nous sommes par ces charmes mortels glissés dans le chant parfait de Tyson … et puis quel final ! Comme je l’avais déjà évoqué dans ma chronique du 1er album, les américains ont un don pour la composition car la structure de ce morceau est juste parfaite.
Changement de tempo avec la longue pièce « Night Of Doppleganger » qui part à fond les ballons avec Tyson hurlant comme un damné … il en a dans les tripes le bougre !
Les 3 premières minutes sont un ouragan mené par une sacrée bonne ligne de basse suivie par les guitares rappelant le fameux « Paranoid » de qui vous savez .. et tout s’arrête à 3 minutes…un break calme à l’ambiance inquiétante avec juste quelques notes de guitares, puis un riff doom comme pas possible sorti de nulle part déboule …vraiment étonnant car le morceau reprend sans prévenir son tempo rapide du début comme si rien de s’était passé pour laisser place à des échanges magnifiques des 2 duellistes de la guitare . Sacrée rouste que cette pièce de 7 minutes dont on ne voit pas passer le temps !
Comme pour se remettre de cette succession de tornades à l’ambiance lourde et glauque, le groupe nous propose une piste plus légère et reposante avec « Out For Blood », avec des guitares sans distorsion dans la 1ere partie du titre, un chant enjoué de Tyson et un refrain assez pop. Les guitares deviennent un peu plus heavy au fur et à mesure que le morceau avance, les guitaristes lachent quelques chouettes soli, un léger clavier en fond, sur cette histoire de vampires quelques peu .. mélancolique et pas du tout effrayante.
Le pari de faire mieux que leur 1er album n’était pas gagné tant « Magick & Mischief » m’avait convaincu et agréablement étonné, mais les yorkais y sont parvenus avec un album différent et plus cohérent, brougrement accrocheur avec un sens du riff imparable et un don pour la composition de pièces ayant chacune son ambiance particulière grandement aidé par un chanteur extraordinaire. La grande force du groupe cette fois ci est d’avoir réussi à trouver leur propre chemin et d’avoir laissé sur le bord de la route des influences peut être un peu trop voyante (mais pas du tout génantes) de leur 1er opus. Un grand bravo aux musiciens, car rares sont les groupes récents arrivant à me convaincre autant sur 2 albums de suite.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rate this review