STONECAST : « Heroikos » (c) 2013

STONECAST : « Heroikos » (c) 2013

Heroikos
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Publié: 11/11/2013
Il y a des attentes interminables qui aboutissent malheureusement à de grosses déceptions… et d’autres qui donnent naissance à des chefs d’œuvres qui justifient largement ces longues années. Et c’est le cas pour Stonecast et leur tout nouvel album, « Heroikos », véritable ode au heavy metal épique nous plongeant quelques deux mille ans en arrière au temps des Spartes, du voyageur Pythéas parti depuis Massilia découvrir les pays nordiques, de Quintus Batialus propriétaire d’une école de gladiateurs romains.
Cet univers rappelle forcément celui des américains de MANOWAR et rien d’étonnant à cela, les Marseillais étant des fans absolus de la bande à Joey DeMaio.
Et du reste, l’influence des Kings Of Metal est bien plus présente sur cette nouvelle galette que sur le déjà excellent « Inherited Hell » : tout d’abord l’énorme son avec la basse mise en avant (rassurez-vous, rien à voir le son horrible du dernier album de MANOWAR !), une guitare rythmique sonnant comme celle de Ross The Boss et surtout la batterie jouée par… Rhino Kenny Earl, fantastique batteur qui avait tenu les baguettes sur « The Triumph Of Steel ».
Alors oui, on pense souvent à l’ex groupe de Rhino mais les Marseillais arrivent aisément à apposer leur griffe sur chaque chanson grâce à une touche d’originalité bien venue. Mais c’est surtout la qualité des compositions qui fait la différence : imaginez donc, en comparaison, MANOWAR n’a pas pondu de chansons aussi bonnes que celles présentes sur ce « Heroïkos » depuis… « The Triumph Of Steel » justement !
L’album démarre très fort avec le très puissant « Jukata (cult of the bolthrower) » et sa basse claquante (Lionel Beev Antornosi est irréprochable tout au long de l’album), ses chœurs virils et le chant puissant de Franck Ghirardi alternant chant haut perché et plus rauque avant qu’une splendide partie musicale déboule sur le rythme de double pédale grosse caisse avec des soli de guitares beaux à pleurer (mais quel soliste de talent ce Bob Saliba !) enchainés avec des harmonies rappelant le IRON MAIDEN des grandes années.
The « Barbaric Rhyme » continue sur la lancée telle une cavalcade heavy nous plongeant au temps des Spartes. On imagine parfaitement cette chanson comme bande son du film 300.
Changement d’ambiance avec l’interlude musical « Elysean Winds » très calme et ses belles parties de guitares (rappelant l’instrumental joué par IRON MAIDEN lors du Somewhere On Tour) suivi par l’une des plus belles pièces de l’album, « Triumph » et ses plus de 7 minutes, commençant par des arpèges de guitares et un chant très mélodique de Franck avant que les autres instruments entrent en jeu avec une omniprésence des guitares avec les riffs acérés de Séb Casula et les soli / harmonies de Bob tous plus beaux les uns que les autres. Ce morceau, bien que bougrement heavy, est une belle pièce de heavy… progressif dans le sens où elle est en constante évolution / progression (pas le temps de s’ennuyer une seconde !) jusqu’au final et ses chœurs qui pourront rappeler le meilleur de GAMMA RAY.
Petite pause acoustique avec le très beau « Substance » sur lequel le chant de Franck se fait très poignant et émouvant avec les instruments tout en nuances, comme ce splendide solo de guitare acoustique. Quand je vous parlais de diversité !
La question se pose : est-ce que la qualité de cet album va s’essouffler dans sa seconde partie ? Absolument pas ! STONECAST balance un « Of Fire And Ice » sur fond de légers claviers, avec une musique plus aérée et encore une fois avec un final en forme de feu d’artifice guitaristique !
« Kings Unborn », splendide pièce entièrement acoustique enrichie d’une cithare, arrive à inscrire sa mélodie dans votre cerveau pour ne plus en ressortir !
Le calme avant la tempête car « Gods Of Lust » déboule sans prévenir, avec ses growls étonnants et alternés avec les cris de Franck le tout sur un riff monstrueusement heavy et entêtant dans la première partie de la chanson avant un break entamé par des énormes roulements de batterie de Rhino, donnant le signal pour un final apocalyptique et rapide à souhait !
Nouvel interlude acoustique (avec en fond le bruit de la pluie), « The Place », annonçant le dernier morceau de l’album, l’excellent « Savage Princes » et sa mélodie légèrement celtique et dansante sur fond des riffs heavy de Seb. Encore une fois, les guitares sont à la fête avec de superbes harmonies alternées avec des soli rappelant l’influence de MAIDEN. Et bien évidemment, il y a ce refrain guerrier qui fera un carnage en concert et permettra au public de participer, n’en doutons pas.
Le titre se termine par un « We are heavy metal » hurlé par Franck et on ne peut que lui donner raison, tant ce disque respire le heavy metal… et pas n’importe lequel : un metal des plus précieux aux mille éclats, tranchant comme une lame sortant des forges de Vulcain, pouvant vous caresser et vous donner le frisson pour l’instant d’après mieux vous terrasser.
STONECAST vient d’accoucher du meilleur album du genre sorti ces dernières années, et renvoie dans leurs pénates les opportunistes nordiques si stéréotypés et peu inspirés ainsi que les grosses cylindrées teutonnes sur le retour manquant singulièrement de finesse.
Donnez-leur une chance en achetant leur album et en allant les voir en concert car ce groupe mérite toutes les éloges.

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