ULTRA RAPTOR : « Tyrants » (c) 2021

ULTRA RAPTOR : « Tyrants » (c) 2021

Tyrants
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Publié: 09/11/2021
Ce qui est passionnant dans notre musique préférée, le hard, c’est sa diversité dans les styles musicaux mais aussi dans les thèmes ou concepts abordés impactant quelques fois l’image du groupe et de ses musiciens. La fin des 70s voyait des groupes comme BLACK SABBATH ou LED ZEPPELIN aborder des sujets de l’époque, la guerre au Vietnam (« War Pigs ») et ce besoin de s’évader se rapprochant ici et là du mouvement hippi avec des titres évoquant la drogue, la défonce. Les 80s s’étaient voulues plus joyeuses avec l’explosion des groupes de glam (MOTLEY CRUE, POISON & co) avec des paroles légères incitant à la fête mais aussi des groupes nous donnant des leçons d’histoire ou cinématogaphique (IRON MAIDEN) et vers la fin des 80s des sujets de sociétés et politiques avec QUEENSRYCHE et METALLICA. Les 90s virent l’apparition des groupes de death aux paroles souvent mordibes et sanglantes (DEATH, CANNIBAL CORPSE, OBITUARY…) .. nous avons eu même des épopées futuristes et de science fiction grace à des groupes comme VOIVOD, SCANNER(« Hypertrace ») et plus récemment BLAZE BAYLEY (sa trilogie « Infinite Entanglement ») … . bref il y a toujours eu moyen de satisfaire à tous les appétits !
Et puis en 2018, les québécois d’ ULTRA RAPTOR débarquent sans prévenir avec leur 1er EP autoproduit véritable bombe orgasmique au concept et pochette déjantés … avec des superbes guerrières peu vétues chevauchant les raptors avec des paroles parlant de ces damesoiselles (« Raptor Riders »), d’autoroutes de glace (« Highways Of Ice »), de Cadiallac et de Dinosaures (« Cadillacs And Dinosaurs »)…Un monde parallèle crée volontairement par les québécois pour laisser libre court à leur imagination débordante (et non une hérésie chronologique comme celle faite par erreur par Steve Harris dans « Quest For Fire » mettant en scène à la même époque hommes et dinosaures). Musicalement les soldats de l’ère Jurassic balançaient un heavy/speed metal à nous claquer les cervicales. Dans les morceaux les plus rapides, je retrouvais un peu des géniaux péruviens de COBRA de même que la voix unique et parfaite de Phil T. Lung. On aurait pu croire à un délire one shot … mais que nenni … voilà que le groupe s’est pris au jeu et croit dur comme fer à leur concept et revient fin 2021 avec leur 1er disque longue durée, « Tyrants » sorti sur le label espagnol Fighter Records suffisamment fou pour croire en ces grands malades maîtres des raptors !
D’entrée de jeu, la pochette nous en met plein la vue et va encore plus loin dans ce délire (de fous) mettant en scène des T-Rex s’en prenant au monde des guerrières et des raptors …. et reprenant un peu le scénario de King Kong avec ces amazones donnant des offrandes aux T-Rex en espérant sa clémence.
Le décor est planté … et nous pouvons poser la galette sur la platine disque … et là énorme BIM !! Ca démarre pied au plancher avec le furieux et frénétique « Missile (Metal Warrior) » avec une intro aux licks de guitares sentant bon le « Hypertrace » de SCANNER puis tout part à 200km/h sous les coups de martellement de double grosse caisse et de riffs acérés joués à une vitesse hors limite pendant que Phil .T.Lung pousse sa voix et se permet des cris de fous durant le refrain « Missiiiiillllllllllle ! » à vous faire exploser les cages à miel . Les 2 guitaristes n’oublient pas leurs influences et balancent une belle série de soli et harmonies dignes des meilleures heures de la NWOBHM avec toujours ce côté mélodique. On note les nets progrès côté prod, en restant toujours bien ancrée dans les standards des 80s et 90s, bien loin de ce gros son des prods actuelles que je trouve personnellement insupportable.
Retour aux Dinosaures avec « Cyborg Rex » évoquant des T Rex robotisés construits dans le plus grand secret dans le désert, doués d’intelligence artificielle et « pilotés » à distance. Ici le groupe alterne couplets mid tempo (malgré des rafales de double grosse caisse) et refrains speed énervés et faisant mouche.
Le rythme s’accélère avec le très réussi « Take Me Back » avec une ligne vocale accrocheuse en diable avec Phil T. Lung s’en donnant à gorge déployée . Vraiment ce chanteur a quelque chose d’unique et de très attachant. Certains vont détester …moi j’adore. Ce morceau est une pépite de speed metal avec un côté mélodique avec toujours les riffs des guitares de Criss Raptör et Steve Force joués à une vitesse vertigineuse .. à croire qu’ils ont des poigners d’acier ! Et puis quelle série de soli au poil .. et bien sur ce refrain avec cette mélodie qui s’incruste dans votre cerveau pendant que vous secouez votre tête comme un maniaque ! Quel skeud les amis !
Vous vous doutez bien que le groupe ne balancera pas de ballades sur cet opus, par contre ils ralentissent quelques fois le tempo mais en gardant une sacrée puissance de feu dans leurs riffs comme sur le très bon « An Offering To The Tyrant » évoquant ces cérémonies d’offrandes humaines aux T-Rex. A 2min, le groupe balance un changement de tempo avec une succession de riffs super heavy imparables avec toujours cette section rythmique redoutable d’efficacité et énervée n’ayant qu’une envie, d’accélerer le tempo.
Un morceau un peu atypique dans sa construction mais très réussi.
La très grande force de cet album sont ses riffs portant tous les titres et ceux de « Nightslasher » en sont la preuve encore une fois. On peut penser au JUDAS PRIEST de « Painkiller », à EXCITER, à COBRA comme déjà évoqué et à des groupes plus récents de la nouvelles vague du thrash comme GAME OVER … mais avec un côté thrash moins prononcé et avec un pied bien ancré dans la musique anglaise des 80s. Un brûlot de speed metal de haute volée.
On remarque le choix du groupe d’alterner décharges speed et coups de poing heavy mid tempo et cela rajoute au plaisir de l’écoute de l’opus . Ainsi « Gale Runner » voit les 5 musiciens lever le pied avec cet hymne avec un riff heavy (pas demain que les québécois feront un « Still Loving You » !) et une ligne vocale super bien trouvée et une performance de Phil T. Lung que je trouve hallucinante.
Et que dire de ce déluge de notes lors de ces soli de fou de Chris Raptor. Des speed freaks complétement fous mais aussi virtuoses !
Vous voulez un cassage de cou en règle ? Et bien passez vous « The Quest For Relics » joué à fond la caisse et bien énervé et toujours Phil arrivant tellement bien à chanter de façon agressive mais avec une touche de mélodie faisant qu’on retient ses mélodies vicieuses (un peu comme celles Tom Araya dont il aime bien emprunter les cris sur-aigus ici et là déchirant nos esgourdes !). Un titre qui n’aurait pas déparaillé sur le « Show No Mercy » de SLAYER qui justement avait réussi à marrier à la perfection leurs influences NWOBHM et plus extrêmes.
Sur « Winds Of Vengeance », ULTRA RAPTOR nous sort le grand jeu avec un titre heavy mid tempo mélodique de toute beauté avec cette mélodie au chant de Phil T. Lung à tomber par terre prenant sa plus belle voix, moins rauque et montrant qu’il en a sous le capot ! Et puis cette mélodie de guitare drivant le titre est parfaite mais attention, les riffs heavy sont toujours là mais ce côté plus mélodique va à merveille à nos cousins et montrent qu’ils ont beaucoup de choses à nous faire décrouvrir dans leur musique. Un de mes titres préférés de l’album.
Retour un speed metal hyper agressif avec la bombe nucléaire « Caustic Shower » où tous les musiciens montrent leur côté le plus énervé. Double grosse caisse, riff ultra rapides et heavy, basse nous vrillant les oreilles et Phil T. Lung crachant ses poumons. Ils ne font pas semblant !
Et pour conclure cet album de fous, les québécois  nous offrent une pièce de heavy speed épique de très haut vol nous plongeant dans une histoire narrant une invastion extraterrestre et le combat desespéré des humains s’étant unis pour défendre la planère bleue. Musicalement c’est magnifique avec ce riff heavy et rapide très anglais sur un tempo alternant parties rapides et d’autres moins tandis que le chanteur nous régalent encore une fois …écoutez sa performance sur ce refrain tellement bon témoignant de ce combat désespéré. Les 2 six cordistes nous font un feu d’artifice guitaristique avec soli et harmonies sur fond de riff puissant. Un régal terminant ce 1er longue durée des québécois de la meilleure des façons.
En toute honnêté, avant de poser le galette noire sur ma platine Technics (moment pub !), je ne m’attendais pas à une telle claque et mes apprioris se sont vite envolés. Sous ses airs d’allumés du cerveau avec leurs délires de raptors et T-Rex, le groupe ne fait pas semblant et délivre un speed heavy de très haut vol et d’une qualité irréprochable, arrivant à marrier puissance de feu et mélodies atteignant toujours leur cible, le meilleur des deux mondes heavy et speed avec une pointe de thrash. Je n’ai plus qu’une envie maintenant, les voir sur scène (et pourquoi pas les faire jouer chez nous) car leur musique et leurs titres doivent tout fracasser en live.
Enorme bonne suprise !

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