VAN HALEN : « Van Halen » (c) 1978

VAN HALEN : « Van Halen » (c) 1978

Van Halen
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Publié: 10/02/1978

Ce 1er VAN HALEN avait été une révolution à sa sortie en 1978. Pour le replacer dans le contexte, il faut se rappeler qu’on assistait à l’époque à un essoufflement des Dinosaures du hard après une décennie de génie musicial mais aussi d’excès. Durant les 70s, les groupes sortaient 1 voire 2 albums par an, partaient en tournée tout en profitant un max de la vie et se plongeaient corps et âmes dans le trip sex drugs & rock’n’roll …. et ces groupes sortaient usés, fatigués de cette décennie de gloire et de décadence …. Black Sabbath vivait ces derniers instants avec un Ozzy au bout du roulot, Led Zeppelin avait tout dis, Deep Purple avait jeté l’éponge, Rainbow marquait le pas. Certains autres faisaient de la résistance comme UFO ou Kiss, mais leur musique commençait à tourner en rond ayant déjà 7/8 albums à leur actif. La relève se faisait attendre et c’est dans ce contexte que le 1er album de ces 4 californiens découverts par un certain Gene Simmons débarqua dans les bacs début 1978 provoquant un véritable électrochoc dans la sphère ronronnante du hard. Et bien entendu ce qui frappait en 1er était ce son énorme de guitare pour l’époque qui d’un seul coup faisait prendre 20 ans à tous les autres groupes alors en activité.
Van Halen c’était bien entendu avant tout Eddie Van Halen, ce son de guitare inimitable et identifiable à la 1ère note, au 1er riff, un sens du rythme et du groove peu commun et bien sûr une technique et une virtuosité qui ont marqué l’histoire de la guitare. Il y a un après Eddie Van Halen … et des wagons de guitaristes l’ont pris pour modèle durant 4 décennies … s’en approchant .. sans jamais atteindre le maitre. En plus d’être un guitariste d’exception, il était un compositeur hors norme, d’une inspiration totalement « libre » et osant tout souvent avec succès comme en témoigne ce 1er album. Mais Van Halen, c’était également 3 autres musiciens bourrés de talent apportant chacun sa pierre à l’édifice .. comme le déjanté et exhubérant David Lee Roth indissociable de la musique du groupe avec son chant unique et si fantasque comme sur ce « Running With The Devil » ou sur l’énervé « On Fire » avec ses cris de malade, pouvant se montrer sensuel comme sur le génial « Little Dreamer » ou vieux crooner sur « Ice Cream Man ». Chaque titre est pour lui un terrain de jeux dans lequel il s’éclate, en fait des tonnes mais avec une telle classe, un tel groove qu’on ne peut qu’être séduit. Et que dire de la section rythmique …la basse de Michael Anthony se fait souvent bien entendre rajoutant à ce groove et ce swing de la plupart des titres et bien entendu sa voix dans les choeurs marque de fabrique du groupe. Alex Van Halen complète ce line-up de fou à la batterie avec ce jeu vif et solide.
Mais ce qui frappe sur ce 1er skeud des américains, ce sont les riffs de folie d’Eddie Van Halen entrés dans la légende du rock comme celui de « Running with The Devil », mon préféré .. celui de « Ain’t Talkin’ ’bout Love » : comment ne pas prendre sa guitare en carton à l’écoute de ce riff, de pas se tortiller en essayant d’immiter Lee Roth en gueulant ce refrain addictif et ses « oh oh » … et puis ce petit break idéalement placé pour mieux relancer le titre … et que dire des soli de malades à la fois d’une virtuosité exceptionnelle et gorgés de feeling et de mélodie. Impossible de ne pas évoquer ce riff de malade démarrant « You Really Got Me », cover survitaminée du titre des Kinks que le quatuor s’est totalement approprié au point que des millions de personnes sont encore persuadées qu’il s’agit d’un titre de Van Halen. Le groupe avait un goût prononcé pour les brûlots rapides dégageant une énergie folle comme ce « I’m The One », ce « Atomic Punk » au riff de fou sur lequel Eddie Van Halen nous en met plein les cages à miel se permettant d’innover avec des sons de guitare peu communs et sa patte unique de ses rythmiques si expressives. Et bien sûr il y a le titre qui avait mis tous les guitaristes de l’époque à genoux … « Eruption » ….. En un peu moins de 2 minutes, Eddie Van Halen révolutionnait la guitare, chamboulait les habitudes, donnait un coup de pieds au postérieur de la scène musicale de l’époque qui s’était endormie sur ses lauriers. Plus rien ne serait plus pareil désormais.
Avec ce 1er album tout simplement fantastique, Van Halen faisait entrer le hard de plein pied dans la décennie suivante avec 2 ans d’avance … montrant la voie et ce qu’était l’avenir du rock (même si Montrose quelques années auparavant en avait également montré quelque chose). Un disque essentiel ayant marqué plusieurs générations de musiciens et de fans, et dont une bonne partie des groupes de hard US des 80s se sont inspirés … sans jamais l’égaler.
Et aussi incroyable que cela puisse paraitre, ce 1er jet du quatuor de Pasadena n’a pas pris une seule ride et sonne toujours aussi fantastiquement bien en 2022.
Un chef d’oeuvre, tout simplement.

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