WITCHSEEKER : « Scene Of The Wild » (c) 2021

WITCHSEEKER : « Scene Of The Wild » (c) 2021

Scene Of The Wild
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Publié: 26/03/2021

On a tous des préférences musicales. Pour ma part, la mélodie a toujours été primordiale dans la musique qui me fait vibrer. Avant d’écouter du hard, j’ai été bercé aux sons de Survivor, Marillion, Asia, Yes. Ensuite la puissance des riffs, les parties de guitares en solo et en harmonies m’ont rapidement attiré chez les Scorpions, Maiden, Accept & co. Je m’y retrouve aussi dans les Metallica, Slayer ou Anthrax même si la musique se voulait bien plus agressive, on y retrouvait toujours de la mélodie. Pour d’autres styles extrêmes .. c’est plus difficile pour moi. Par exemple le death .. en dehors du groupe Death qui savait mettre de la mélodie dans ses guitares, le reste ne me parle pas trop .. idem avec le black metal et encore moins avec le grind. Chacun son truc. Des groupes ont très bien réussi quelques fois à faire l’alliance du meilleur des 2 mondes en mélant mélodies à des riffs bougrement heavy et véloces. On pense bien entendu à l’ Helloween du 1er EP / Walls Of Jericho (voire du 1er Keeper), Riot sur « Thundersteel », Scanner sur « Hypertrace » ou encore Exciter et Raven. D’autres par contre ont oublié que l’accroche et la mélodie étaient importantes dans leur musique .. et joué à 200km/h durant 10 morceaux de façon monotones pouvait s’avérer rapidement fatiguant voire insupportable pour les oreilles. En tout cas pour ma part, je ne supporte pas. Et je suis bien content que bon nombre de jeunes groupes n’oublient pas l’importance de rendre leurs morceaux intéressant au delà de la puissance des riffs et du tempo rapide comme l’éclaire. Ainsi le 1er album des gamins de WITCHSEEKER de Singapour m’avait mis une bonne claque il y a quelques années. Question énergie à revendre, les musiciens en avaient mais ils l’avaient mis en musique en rendant leurs morceaux toujours bougrement accrocheurs, que ce soit dans les lignes vocales ou dans les riffs. On pensait rapidement au 1er album d’Enforcer mais aussi au jeune Metallica. Tout n’était pas parfait, la prod était un peu légère .. mais les compos avaient le niveau et l’énergie et la sincérité dégagées par le groupe faisaient chaud au coeur et laissaient espérer le meilleur pour la suite … s’ils arrivaient à se faire repérer par un label occidental. 4 ans plus tard, le fameux label Dying Victims Productions annonce la sortie du 2nd album des singapouriens et cela fait franchement plaisir … car cela signifie que le groupe n’a rien laché et qu’il possède une volonté d’acier pour imposer sa musique et sa passion .. Et c’est ce qu’on ressent de suite à l’écoute de ce « Scene of the Wild » .. la passion pour le hard transpire de chaque note, de chaque riff et de chaque roulement de toms. Ici pas de révolution musicale (vous savez ce que j’en pense hein de ce « concept » (sic)). Dès le 1er titre, je me sens replonger au début des 80s au Marquee avec ce riff au petit air de « Twilight Zone » mais ne vous affolez pas, il ne s’agit pas d’un énième clone de Maiden .. non nous sommes loin de la Vierge de Fer. Le groupe alterne brûlots heavy rythmés et speederies intenses à la frontière du thrash. On remarque de suite le gros progrès au niveau du son … dont le mastering a été fait par un certain …Olof Wikstrand (Enforcer), et cette basse au son distordu à la Lemmy assez étonnant. Les 2 premières pistes « Scene of the Wild » et « Rock this Night Away » montrent un visage très accrocheur et étonnent par rapport à leur 1er album, mais la musique reste toujours heavy .. ça ne rigole pas. Puis les musiciens changent de braquet et passent la démultipliée sur « Lust for Dust » durant 3 petites minutes de furie intense speed metal avec ce riff me rappelant celui de « Phantom Lord » et donnant une envie irresistible de secouer la tête mais le groupe n’oublie pas d’ajouter une petite dose de mélodie dans les soli et harmonies de guitares. Pas le temps de respirer que « Be Quick or be Dead » le bien nommé déboule dans les enceintes pour nous sacager nos oreilles et torturer une fois de plus nos cervicales. Les 2 guitaristes envoient des moulinets de riffs de folie et doivent avoir des poignets en acier !! La voix Sheikh Spitfire possède toujours cette hargne et arrive à mettre toujours de la mélodie ici et là .. et encore une fois les 2 six cordistes balancent des soli au poil tandis que le travail de sape de la partie rythmique nous achève (cette pédale de double grosse clair rapide comme pas possible et toujours cette basse distordue ). Le tempo ralentit un »petit » peu sur le très bon « Sin City » mais impossible de rester assis et boire une tisane en l’écoutant .. non on se lève, on prend notre chope de bière et on secoue la tête sur ce putain de bon riff entrainant et rythmé, sur cette ligne chant vicieuse et accrocheuse encore une fois. Nous y sommes dans le meilleur des 2 mondes …..et que c’est bon par tous les Dieux du metal ! Et que dire de ce petit break de basse enchainé par une avanche de soli de guitares où la mélodie prime toujours. Un sacré hit de hard !!
Au fil de l’écoute de l’album, on découvre que chaque piste est un diamant brut, ici aucun morceau n’est à mettre de côté et le mot « filler » est à banir … « Nights in Tokyo » se veut plus séducteur sur un mid-tempo restant toujours heavy, avec ces « hoohooo » .
Le groupe appuie de nouveau sur champignon sur le très bon « Screaming in the Moonlight » introduit par un riff d’une efficacité redoutable et un refrain entêtant rappelant Enforcer. C’est très bon. Le côté fonceur et thrashy des jeunes de Singapour revient au galop sur la tornade speed « Break Away » duant laquelle la basse fait jeu égale avec les 2 guitares et le groupe a toujours à l’esprit de poser un break ici, des soli et harmonies de guitares là .. rendant l’écoute toujours passionnante. Il est évident que le groupe maitrise son sujet en matière de composition et ce n’est pas la furie hyper speed et thrash « Hellions of the Night » concluant l’album qui contradira cela. Quelle baston …. imaginez un mix de « Whiplash » et « Roll the Dice » … Speederie sauvage dans les riffs et le chant dans les couplets mais un brin de mélodie durant le refrain et bien sur dans ces soli de guitares.
10 morceaux et 37 minutes qu’on ne voit pas passer. Enorme claque du 1er au dernière titre, ce 2nd album de WITCHSEEKER est un coup de poing à répétition et aussi une énorme source de plaisir car il arrive à condenser dans chacune des pistes tout ce qu’on aime dans le hard. Ces gamins ont tout compris et les progrès faits depuis leur 1er album (déjà réussi) sont bluffants. La musique s’est diversifiée un petit peu, enrichie également mais le groupe a su garder leur énergie débordante en la lachant aux bons (nombreux) moments. Ce genre d’album procurre un plaisir incroyable par sa fraicheur, son insouciance et ses quelques imperfections témoignant du caractère humain de ses interprêtes. On est à cent lieu des grosses productions ou des disques d’artistes pour qui la rigueur et la perfection sont plus importantes que le feeling et le caractère humain que la musique doit garder.
Vous l’aurez compris, cet album est mon gros coup de coeur et me fait un bien fou, il est aussi synonyme d’espoir pour notre belle musique démontrant qu’en 2021, on peut prendre son pied en écoutant un disque nous replongeant dans l’esprit et la moiteur des clubs anglais ou américains du début de 80s, là où beaucoup de bonnes choses ont commencé.
Enfin un petit mot sur cette pochette magnifique, ayant un petit air de celle du « Lock Up The Wolves » de DIO.
Jetez vous sur cette pépite et donnez leur chance à ces jeunes qui portent hautes les couleurs de notre musique préférée

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