WITCHSPELL : « The Blind Disease » (c) 2021

WITCHSPELL : « The Blind Disease » (c) 2021

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Le heavy metal n’a pas de frontière, mais cela est une vérité connue de tous, par contre certains pays sont moins connus que d’autres pour nous proposer des groupes de riffeurs. Nous en connaissons bon nombre en Amérique du Nord ou du Sud, mais bien moins du Mexique alors qu’il ne fait aucun doute que ce pays est une nation de heavy metal (cf les concerts d’Iron Maiden ou Metallica là bas dans des stades bondés). Et pourtant … un groupe mérite vraiment d’être connu dans nos contrées tant leur talent éclabousse leur 1er album et le tout dernier présenté ici, « The Blind Disease » .. je veux parler de WITCHSPELL. En l’espace de 3 petites années, les mexicains ont déjà sorti 1 EP et 2 albums studios et tous les 3 d’une grande qualité. Leurs 2 premiers opus nous montraient un groupe bien ancré dans les 80s mélangeant des riffs et des harmonies sentant bons la NWOBHM à des parties ultra heavy fleurtant avec le thrash . Cette impression de puissance et musique couillue était accentué par la voix brute de décoffrage de Adrián Carbajal (aussi guitariste) loin des standards des chanteurs de heavy à voix haute perchée, mais plutôt proche d’un Di’Anno ou de certains gueuleurs de thrash mais avec toujours une pointe de mélodie présente.
Le groupe reprend sur ce 2nd album les mêmes recettes mais en durcissant légèrement le propos et en continuant à varier et enrichir leur musique .. et c’est vraiment la grande force du band. Car il faut dire que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer durant la petite quarantaine de minutes que dure cette galette dont le titre évoque une maladie rendant les gens aveugles les obligeant à se montrer tels qu’ils sont vraiment.
Cela démarre avec l’intro martiale portant bien son nom « Dawn Of Doom » heavy au caractère solennel avec ce riff et ce côté grandiloquant et épique avec déjà cette petite mélodie de guitare accrocheuse .. puis déboule le fantastique « Misery’s child » véritable tornade de plus de 6 minutes qui va nous secouer dans tous les sens résumant parfaitement la musique de nos 4 pistoleros. Le tempo est rapide mené par la nouvelle recrue derrière les futs Jonathan Mxra, les riffs rappellent ceux du Metallica des débuts avec ce poignet de fer d’Hetfield moulinant des riffs heavy et rapide, le chant d’Andrian est agressif comme pas possible comme un mix de Di’Anno et de Cronos donnant sur un refrain imparable suivi d’un pont chanté sur un tempo moins rapide puis par un solo étonnemment mélodique. Mais ce n’est pas fini, le groupe nous gratiffie d’un break de toute beauté avec guitare acoustique puis heavy avec une avalanche de soli de guitare splendide et d’harmonies bien senties contrastant avec le début frénétique du morceau .. et puis d’un coup et sans prévenir, le groupe balance un passage typiquement .. black metal … avant de repartir sur ce refrain addictif avec ces « ohh ohhh ». 6 minutes carrément étonnantes et à dire vrai bien jouissives durant lesquels le groupe nous a balancé dans tous les sens et mis une bonne rouste !
Les musiciens ont le sens du riff et de l’accroche, c’est évident dès les premières mesures de « Devil Inside », un heavy mid tempo remuant ayant tout l’air d’un tube. La basse se fait plus présente, les 2 duellistes de la six cordes jouent en harmonies et distillent quelques superbes soli toujours mélodiques. La partie musicale après le 1er solo vous rappelera certainement le meilleur de Maiden .. c’est un très bon signe. En à peine 2 titres, il est clair que le groupe a un sacré sens de la composition et un don pour nous briser le cou !
Les mexicains ont cru bon de mettre à l’intérieur du gatefold cd (mais pas dans la version vinyle) la mention « We are not a thrash metal band … » .. alors est-ce à prendre au 1er degré ? J’espère que non car « Death Row Waltz » lorgne méchamment vers les mid-tempi thrashy d’EXODUS et le titre sonne comme un clin d’oeil au fameux « The Toxic Waltz ». Les riffs sont saccadés donnant une irresistible envie de headbanger, le chant agressif suivant les riff rappelle le groupe américain. Là ou le groupe apporte sa touche personnelle est par ces soli et harmonies de guitares toujours mélodiques. Efficace et redoutable encore une fois.
Changement d’ambiance avec l’intro du title track « The Blind Disease » avec ces arpèges de guitares acoustiques de toute beauté, cette batterie en retrait, la voix calme et légèrement murmurée d’Adrian qui nous étonne et nous ravit. Le groupe aurait il cédé à une ballade ? Oh que non ! Toute la puissance du groupe arrive tout riff dehors sur le refrain hyper heavy Adrian crachant les mots et cette mélodie vicieuse et inquiétance à l’image des paroles .. puis à 3 minutes le tempo s’accélère démontrant que le groupe a du mal à rester en place et déborde d’idées mais leur grande force est de toujours de faire à bon escient. Ici les changements de rythme et les riffs foisonnent … pour se terminer sur une fin calme avec ces notes de guitares tout en touché et retenu. Quel voyage encore une fois dans ce monde torturé des mexicains.
Le speed vous manquait ? Et bien prenez ce « The Walls of Tartarus » dans les gensives, un instrumental sauvage au tempo frénétique, avec des ralentissements imparables pour relancer la seconde d’après la machine à toute vitesse avec des riffs décapants, et puis quelle splendide partie avec les 2 guitares en harmonies, sur fond d’une basse très harrissienne. Quelle rouste !
Comme pour nous permettre de souffler un peu après avoir mis à mal nos cervicales, Adrian nous propose une petite pièce de 40s de guitares acoustiques .. un intermède avant un titre étonnant et très heavy rock’n’roll (mais toujours avec ce son ultra heavy des guitares), « I Got No Time ». Le groupe nous avait déjà fait le coup avec « She’s a Killer » sur leur 1er album, ici le tempo est plus soutenu et super entrainant, avec ces sonorités de guitare durant les soli rappelant un certain … Slash ! Un titre plus léger mais où la puissance de quatuor reste bien présente.
Il ne manquait à l’appel de cette bombe de Wichspell qu’une pièce épique .. et bien « Darrell King (E.M.W.A) » arrive à point nommer pour conclure ce superbe album. Le début du morceau est calme avec cette guitare acoustique, le chant empli de mélancolie d’Adrian, cette douce mélodie de guitare électrique. On sent la tristesse dans la voix du chanteur/guitariste .. avant de se transformer en heavy furieux où les riffs dévastateurs résonnent dans les enceintes sur un tempo enlevé, Andrian adaptant son chant agressif rappelant ici Hetfield voire le Matthew Barlow énervé. Cette pièce évolue sans arrêt comme ces harmonies à 2 guitares puis ce break calme très maidennien avant cette reprise pour une succession de soli et d’harmonies de guitares. 7 minutes du pur bonheur auditif montrant le côté épique d’un groupe vaiment inspiré et libre d’exprimer leurs idées sans aucune contrainte. Un bijou.
La version cd de l’album contient 2 titres bonus supplémentaires : « She’s a killer » issu du 1er album et « Demons » de leur 1er EP.
Après un 1er album réussi, WITCHSPELL enfonce le clou avec ce « The Blind Disease » et améliore son heavy ultra puissant en le diversifiant à bon escient en rendant leurs morceaux passionnants car non linéaires mais au contraire gavés de riffs heavy et de parties de guitares sentant bon la NWOBHM. Une franche réussite à découvrir impérativement par les amoureux de heavy de grande qualité. Un grand merci à STEEL SHARK Records d’avoir signé le groupe et d’ainsi permettre la diffusion de leurs disques facilement chez nous.

1 réponse

  1. Raskal dit :

    Je connaissais tes talents de chroniqueurs passionné, mais là tu m’as mis la larme à l’œil ! Vraiment heureux de lire que nous sommes petit à petit de plus en plus nombreux à adorer ce groupe aux multiples facettes comme tu le décris très bien ! Ils annoncent un troisième album d’après Adrian « très Heavy 1983 » …..J’en frissonne déjà ! Merci encore pour ton soutien actif qui nous aide beaucoup !

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