WARLORD : « Free Spirit Soar » (c) 2024

WARLORD : « Free Spirit Soar » (c) 2024

Free Spirit Soar
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Publié: 10/05/2024

Quand j’ai appris la nouvelle d’un enregistrement d’un nouvel album de WARLORD sans son « père » William J Tsamis décédé en 2021, je dois bien avouer que j’étais resté sceptique, n’étant pas fan des albums « posthumes ». Mais rapidement, ce projet monté par 2 membres du groupes, le batteur Mark Zonder et le chanteur Giles Lavery, a pris forme et est allé dans le sens de me rassurer, de rassurer les fans : tous les titres sont composés par Tsamis et des parties de guitares enregistrées par le guitariste seraient utilisées. Le line-up est complété par Philip Bynoe à la basse (déjà présent sur « The Holy Empire ») et Eric Juris (Crystal Viper) à la guitare et le groupe communiquait en disant qu’ils feraient tout pour rester dans l’esprit de William J Tsamis et rendre justice à ses compositions. Et je dois dire qu’ils avaient bien raison, 1000 fois raison tant ce « Free Spirit Soar » est réussi, fidèle au grand WARLORD qu’on vénère depuis 1983. Le travail effectué est juste fantastique, les arrangements, la performance dantesque de musiciens de très haut vol conjugués aux compositions sublimes de William J Tsamis et complétées par les paroles et lignes vocales composées à 90% par Giles Lavery, donnent l’un (le ?) des meilleurs albums de WARLORD, tout simplement. Alors oui, cela choque d’écrire (et de lire) cela, mais après une bonne dizaine d’écoutes, c’est le sentiment que j’ai, même si cela n’est pas politiquement correct d’exprimer cela. En effet il s’agit de l’album des américains le plus homogène en terme de qualité, le plus epic et celui ayant de loin le meilleur son, très naturel, organique et avec une excellente dynamique, bref tout ce qu’on attendait d’un album des maîtres du epic heavy metal !
Dès les 1ères notes de « Behold a Pale Horse », Mark Zonder nous en met plein la oreilles avec ses parties de batterie hallucinantes sur ce titre sorti à l’origine sur l’album « Sinners in the Hands of an Angry God » de LORDIAN GUARD en 1997. Cette version 2024 enterre cette version très synthétique et à la prod faiblarde avec ici un son en béton armé, des riffs de guitares heavy, la batterie démente de Zonder, la basse qui gronde, et puis le chant de Giles Lavery prenant ici sa voix la plus grave. Une version qui rend enfin honneur à cet excellent titre, le rendant plus épique,avec cette mélodie de guitare récurrente, ce break avec les claviers magnifiques de Jimmy Waldo. Quelle entrée en matière et ce n’est que le début !
« The Rider » démarre sur les chapeaux de roues avec cette mélodie de guitare doublée imparable, ces choeurs mystiques, ces twin guitares si belles et puis Giles Lavery se lache enfin et nous fait entendre la puissance de sa voix et ses « pipes », et il en a le bonhomme. Eric Juris rend hommage au soli et lignes / mélodies de guitare de William J Tsamis de la plus belle des façons.
« Conquerors » était le 1er extrait rendu public il y a plusieurs mois. Ce brûlot rapide m’avait de suite convaincu et il s’intégre à la perfection dans l’album. Tous les instruments sont à la fête et sacrément bien mis en évidence dans le mix, ce duo guitare / clavier est vraiment l’un des points forts de l’album et nous régalent dans ce titre avec leurs nombreuses interventions. Giles Lavery reprend sa voix « grave » durant les couplets mais se lache durant ce refrain juste fantastique : on ne peut pas faire plus épic que ça ! Du heavy metal 5 étoiles.
Des choeurs étonnants lancent « Worms of the Earth » pour un mid tempo ressemblant à une fable très théatrale (les lignes de chant) mise en musique par William J Tsamis et interprétée divinement bien par les musiciens , Eric Juris balance un solo démontrant sa virtuosité tout en gardant le feeling et le côté mélodique si cher au Destroyer.
Voilà l’un de mes moments préférés de l’album, le court et hyper accrocheur « The Watchman » à la mélodie de guitare imparable (toujours secondée par le clavier de Jimmy Waldo) mais l’homme fort de ce brûlot est sans hésitation Giles Lavery qui balance tout ce qu’il a avec sa fantastique voix sur une ligne vocale composée par Steve Blaze de LILLIAN AXE , et que dire de ce solo de synthé nous faisant adorer cet instrument car si bien utilisé et incorporé à ce cette pièce musicale de même que cette petite partie de guitare acoustique si bien amenée, du génie ! . Il n’y a que WARLORD pour arriver à composer un morceau épique si riche, en moins de 4 minutes, avec un refrain tellement efficace, contagieux nous donnant envie de suivre le groupe n’importe où il voudra bien nous emmener.
Nous revoilà repartis pour un voyage épique de 6 minutes avec « Free Spirit Soar » commençant par ces claviers inquiétants avant d’être lancé sur un tempo rapide et la pédale de double grosse caisse de Mark Zonder, qui fait un festival tout au long du morceau, jouant de ses cymbales durant les couplets moins rapides, avant d’accélérer sur ce refrain tellement grandiose rappelant le meilleur du WARLORD de « Deliver Us » et « And the Cannons of Destruction Have Begun… » mais aussi du sous estimé « The Holy Empire ». Les guitares sont superbes, en harmonies ici et là comme souvent avec WARLORD et Eric Juris nous régale d’un solo de malade encore une fois. Si vous en doutiez encore, WARLORD est LA définition même du heavy metal épique. Vous ne me croyez pas ? Ecouter ce morceau juste fantastique !
La piste suivante « The Bell Tolls » (qui s’appelait initialement « For Whom the Bell Tolls? » (instrumental) sur la démo du groupe datant de 1981) est sans doute mon morceau préféré de l’album, ce riff (et son de guitare !) parfait, ce clavier s’intégrant tellement bien et rajoutant une ambiance cinémascope à la musique, et puis surtout le chant fabuleux de Giles Lavery tellement investi dans son interprétation. Il y a une telle dynamique dans la musique de ce titre, porté par les parties de batteries démentielles de Mark Zonder (ce mec est un Dieu !!) mais aussi par la basse Philip Bynoe au poil.
Et le festival n’est pas terminé car le groupe enchaine avec un « Alarm » épique à souhait, sur un tempo un peu plus soutenu. Les musiciens s’amusent, prennent leur pied, cela s’entend et forcément cela nous procurre aussi un grand plaisir auditif.
Les amoureux des twins guitares comme moi vont se régaler avec l’entame de « Twin ». Et que dire du chant de Giles Lavery. Je me répète mais ce chanteur me bluffe totalement sur cet album, et ici sur ce titre, c’est un véritable festival. Quelle voix, quelle interprétation si juste (je rappelle que c’est lui qui a écrit ses lignes de chant). Un morceau d’une grande beauté mélodique, avec ce chant et ces mélodies de guitare , ce clavier et ce son « sifflement » tellement bien trouvé rajoutant au côté épique et grandiose du morceau.
Toute bonne chose ayant une fin, « Revelation XIX » (titre qui figurait sur le 1er album de LORDIAN GUARD) termine de la plus belle des façons cet opus en nous démontrant encore une fois le génie musicale du Destroyer et de l’immense talent des musiciens arrivant à sublimer cette musique ici : cette intro magnifique au clavier suivi de cette mélodie de guitare belle à pleurer avant que le titre ne se lance de façon martialle à 1m40. Les musiciens nous régalent et font étalage de leur virtuosité mise au service d’un morceau épique à souhait. Plus de 7 minutes de pur bonheur.
Ma chronique parle d’elle même et vous vous doutez de sa conclusion : cet album est un chef d’oeuvre, l’un des meilleurs disques de ce genre si passionnant (mais pouvant être casse gueule) qu’est le epic heavy metal. William J Tsamis peut être fier de son héritage musical repris avec un talent immense par ses musiciens ayant permis à ses anciennes fantastiques démos de prendre enfin vie et de la plus belle des manières. Mark Zonder a mené ce projet de la plus belle des façons, entourés par des musiciens hors pairs et un chanteur qui dévoile enfin son immense talent et sa grande voix. L’âme du Destroyer plane durant toute l’écoute de ce fantastique « Free Spirit Soar » qui s’avère déjà être l’un des meilleurs albums du genre jamais sortis.

1. Behold a Pale Horse 07:49
2. The Rider 04:25
3. Conquerors 05:18
4. Worms of the Earth 05:46
5. The Watchman 03:43
6. Free Spirit Soar 05:57
7. The Bell Tolls 04:37
8. Alarm 05:50
9. Twin 05:35
10. Revelation XIX 07:26
56:26:00