ORACLE : « Oracle » (c) 1989

ORACLE : « Oracle » (c) 1989

Oracle
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Publié: 01/01/1989

La vie est parfois mal foutue. On se dit « mais pourquoi suis je né à cette époque plutôt qu’à une autre qui aurait permis à mon talent d’être reconnu à sa juste valeur ». En l’occurence, je ne pense bien sur pas à moi en écrivant cela, mais à certains groupes ayant sorti de véritables pépites mais quelques années trop tard. C’est ce qui me vient de suite à l’esprit quand j’écoute ce joyau d’ ORACLE, groupe d’un endroit peu commun : Gibraltar.
Sorti en 1989, cet opus frise la perfection à tous les niveaux. Imaginez un peu, la musique du groupe évoque tour à tour PRAYING MANTIS, IRON MAIDEN, HEIR APPARENT et des groupes plus softs ou hard rock. Tous les titres ont en commun une grande qualité d’écriture, des superbes mélodies, des parties de guitares magnifiques à la fois pleine de virtuosité et mélodiques jouées par le très talentueux Peter Montegriffo qui brille tout au long des 9 pépites composant l’album, la très belle voix Allan Alman, une section rythmique bien en place.
La 1ère partie du disque se veut plus hard rock mélodique comme sur « Don’t Stop It » démarrant l’album, mené par un très bon riff, bien rythmé avec un 1er solo de Montegriffo montrant qu’il est le maitre à bord. Le tempo s’accélère avec « Goodtimes » brûlot accrocheur sur lequel la guitare est encore à la fête. Sur « Teaser » le groupe étonne car on pense à un Van Halen qui serait né en Angleterre ! Et cela le fait grave !
Après un début bien hard rock et punchy, le groupe va commencer à montrer qu’il souhaite montrer bien plus de choses avec la magnifique pièce « Never Want to Cry » démarrant comme une ballade avec ces quelques arpèges de guitare et cette bien belle voix d’Alman avant que Montegriffo balance un riff bien heavy durant le refrain. Le calme revient et le guitariste glisse un 1er solo de fou. Le titre se termine sur un tempo plus énervé avec une avalanche de notes de 6 cordes. Un bien chouette titre.
Avec « Fool for your Love » , ORACLE nous régale dans un registre hard rock mélodique avec un refrain parfait avec ces quelques choeurs très 80s. Le côté très mélodique de la musique et du chant est toujours contrebalancé avec les riffs très mordants de Montegriffo et on se régale à chacun de ses (très) nombreux soli. On note un léger clavier, comme sur d’autres morceaux, servant surtout à remplir l’espace sonore, d’ambiance.
La mélodie prend une grande place dans ce heavy / hard rock mais on entend souvent les influences de la NWOBHM surtout dans la 2nde partie de l’album comme sur « Dreaming » commençant pourtant calmement avec cette guitare acoustique andalouse et la spendide voix d’Alman avant que le titre ne parte en brulot épique mené par un sacré bon riff de Montegriffo et puis quelle belle avalanche de soli de guitare bien mis en avant dans le mix. « Back on the Road » est un cavalcade digne des plus grandes heures de PRAYING MANTIS du 1er album tout comme le hit nerveux et bougrement accrocheur « Murder In The Streets » (avec le son de sirène / clavier durant le refrain !), clin d’oeil peut être au « Panic In The Streets » des frères Troy.
Avec ce trio de chansons de malades, on se dit que le groupe a tout donné .. mais que nenni !!! Car voilà que le meilleur titre de l’album se profile, « Killer Queen » qui va nous en mettre plein les cages à miel durant plus de 7 minutes. Nous voilà plongés à l’époque du IRON MAIDEN de « Somewhere In Time » et « Seventh Son Of A Seventh Son » avec un festival de guitares durant une partie calme de 2 minutes de toute beauté. On pense au début d’ « Infinite Dreams », à l’instrumental « Walking On Glass » joué durant le « Somewhere On tour », puis le tempo s’accélère mais la régalade des guitares continue évoquant maintenant les morceaux rapides de « Somewhere In Time » tels « The Loneliness Of A Long Distance Runner » ou « Déja-Vu ». C’est juste beau à pleurer. La voix d’Alman n’arrive qu’au bout de la 4ème minute avec une mélodie au chant imparable durant les couplets et puis quel refrain. Le rythme ne faiblit pas, et voilà que Montegriffo se lance dans une série de soli mordant puis d’harmonies de guitares à tomber par terre. Mais quel titre les amis ! Un titre qui avait TOUT pour devenir un immense classique de la NWOBHM.
C’est bien simple, cet album est l’un des meilleurs opus de hard/heavy mélodique influencé par la NWOBHM qu’il m’est été donné d’écouter, à ranger à côté du fabuleux « Time Tells No Lies » de PRAYING MANTIS. Il est tout bonnement incompréhensible qu’un tel disque et groupe soient passés inaperçus en 1989 et qu’ORACLE soit si peu évoqué de nos jours. Un groupe qui méritait d’avoir une carrière et d’autres albums à nous offrir.
Jetez vous dessus, il n’est pas trop tard 🙂

Side A
1. Don’t Stop It 03:23
2. Goodtimes 04:07
3. Teaser 04:21
4. Never Want to Cry 05:51
5. Fool for Your Love 04:54
Side B
6. Dreaming 06:04
7. Back on the Road 05:07
8. Murder in the Streets 04:52
9. Killer Queen 07:23
46:02:00