IRON MAIDEN : « The X Factor » (c) 1995

IRON MAIDEN : « The X Factor » (c) 1995

The X Factor
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Publié: 02/10/1995

Belfort, Crous campus universitaire février 1993, je suis dans ma piaule d’étudiant en train d’écouter l’émission radio animée par Zégut et dédiée au hard rock comme tous les jeudi soir, et là c’est le drame !!! Tonton Z. annonce le départ de Bruce Dickinson de Maiden … Je dois dire que sur le coup, c’était le monde qui s’écroulait pour moi … mon groupe favori que je chérissais tant, qui comptait autant pour moi voyait son frontman si charismatique, mon héro se faire la malle au moment où le groupe semblait de nouveau au top … Quelle énorme douche froide pour moi, pour les fans et certainement pour le groupe et son management !
2 ans et demi plus tard, j’allais à la Fnac d’Avignon pour acheter le nouveau single de Maiden le jour de sa sortie, et qui présentait le nouveau chanteur du Géant anglais qui se relevait, puis quelques semaines après j’achetais le nouvel album, « The X Factor », le 10ème LP du groupe.
L’attente fut longue, la plus longue entre 2 albums studios de Maiden et forcément nous étions inquiets mais aussi terriblement curieux et remplis d’espoir, malgré le goût amère toujours un peu présent suite au départ du « traitre » …
1er choc .. la pochette … une première pour le groupe car il ne s’agissait pas d’un dessin mais d’une composition artistique avec une marionnette plus que réalise d’Eddie en sale état sur une chaise de torture. 1ère division entre les fans : certains ont adoré (c’est mon cas) d’autres ont détesté .. Du reste cette pochette fut censurée dans bon nombre de pays et le verso fut choisi comme pochette alternative.
Et le groupe ayant décidé de continuer à surprende, avait choisi de commencer l’album avec le titre le plus épique de la galette, « Sign Of The Cross » et ses 10 minutes (inspiré du « Nom de la Rose »). Choix vraiment étonnant mais le titre est absolument magnifique, avec ses chants grégoriens mystérieux en intro puis cette cavalcade heavy sur laquelle on découvrait la voix du nouveau chanteur, plus grave, plus profonde et moins haute perchée que son prédécesseur (la question se posait déjà de savoir comment il allait réussir à interpréter les titres de l’époque Bruce .. mais c’est une autre histoire ..) mais collant tellement bien au titre. Les couplets sont entrainants avec un Blaze chantant avec une réelle conviction et ce refrain épique et mémorable qui sera chanté par le public lors de la tournée de l’album. Harris démontrait qu’il n’avait rien perdu de sa faculté à pondre des longues pièces épiques de toute beauté. La paire Gers / Murray est à la fête dès ce 1er titre enchainant soli et harmonies à 2 guitares. Nous sommes en terrain connu et cela est très rassurant surtout que suivent 2 brulôts courts et efficaces réussis : « Lord Of The Flies » d’une sacrée lourdeur avec un excellent riff (s’inspirant de la nouvelle de William Golding, qui servit également d’inspiration au génial album « The Sound of the Shell » de Silver Machine). Il me faudra pas mal de temps pour me faire au refrain de ce titre, mais au final, ce titre passe très bien .. puis la tornade speed « Man On The Edge » montre encore une fois que le groupe n’est pas mort, loin de là et que la paire Gers / Bayley aura des choses à dire dans le future. Quel titre, quel single n’ayant pas à rougir de ses prédécesseurs. Ce titre fera un malheur en concert (et Blaze le reprend toujours à chacun de ses shows provocant l’hysterie dans le public à chaque fois !). A noter que les paroles s’inspirent du film « Chute Libre » avec un Michael Douglas pétant totalement les plombs dans un embouteillage.
C’est sur cet album que le boss va commencer à composer des titres assez longs commençant par une intro calme progressant vers des passages plus heavy et débouchant généralement sur une accélération / cavalcade .. formule reprise sur tous les successeurs de « The X Factor ». Et c’est le cas sur « Fortunes Of War » commençant par une intro à la basse avec un léger clavier en fond sur lesquels se pose la voix calme de Blaze. Les couplets sont bien trouvés, accrocheurs .. par contre je trouve le refrain loupé avec un chant bien trop grave de Blaze, donnant sur une accélération et ses ohohoh destinés au live.
Le groupe est toujours prêt à surprendre et c’est le cas sur « Look For The Truth », atypique pour le groupe. Après une très belle intro calme avec un chant magnifique de Blaze, le titre prend une tournure légèrement celtique (flagrant sur les soli) avec des couplets chantés avec une sacrée hargne par Blaze. J’adore ce titre un peu oublié.
« The Aftermath » reprend le même schéma que « Fortune Of War » mais avec plus de réussite, avec des changements d’humeur ici et là, sur un rythme pachidermique pour déboucher sur une accélération bien sentie où Gers et Murray balancent une belle série de soli mélodiques.
« Judgement of Heaven » par contre ne fait pas trop le job et j’ai beaucoup de mal avec ce titre avec un refrain loupé … Je n’ai jamais compris pourquoi le groupe avait préféré garder ce titre plutot que l’excellente face B « Judgement Day ».
L’ambiance de l’album est très sombre (le Boss était en plein divorce), avec des paroles parlant souvent de la réligion, de la folie des hommes, de la guerre et c’est encore sur le cas sur l’excellent « Blood on the World’s Hands » heavy en diable, ayant l’originalité d’avoir une intro à la basse acoustique par le Boss .. puis le titre démarre avec l’une des meilleures performances vocales de Blaze, enragé et sur une tonalité qui lui va bien (bien mieux que « Fortunes Of War » ou « Judgement of Heaven »). Les guitares fusent et là, un léger clavier d’ambiance fait son apparition, les riffs moulinent et sont heavy … un titre vraiment très bon résumant parfaitement ce qu’était le groupe à l’époque et ce qu’il voulait proposer.
Arrive maintenant l’un de mes titres favoris de Maiden, tout simplement, « The Edge Of Darkness » .. et oui … (on se calme hein les gens LOL). Tout ce que j’aime dans la Maiden miousik se trouve dans ce titre. Une intro calme magnifique avec ces guitares acoustiques, ce chant inquiétant de Blaze donnant le frisson, l’arrivée progressive des instruments dont les cymballes de Nicko puis l’explosion avec un Blaze si convainquant, si imprégné de cette histoire sombre et horrible (tiré d’ « Apocalypse Now ») chantant et vivant les paroles. La basse cavale, Murray et Gers assènent des mélodies tout au long du titre puis des soli et harmonies à 2 guitares de toute beauté … Quel titre épique et sacrée réussite !
Les anglais sortent les guitares acoustiques (assez rare chez eux pour être souligné) au début de « 2 A.M » durant l’intro avant qu’un riff bougrement heavy déboule. La mélodie vocale est bien trouvée …et originale pour les anglais, la partie instrumentale excellente (toujours ces guitares .. la grande force de Maiden … et malgré toutes les critiques faites à l’égard de Gers, il est injuste d’ignorer tout l’énorme boulot qu’il a fait sur les albums de Maiden dont celui-ci).
L’album se termine avec une pièce épique de 8 minutes, « The Unbeliever » encore une fois étonnante pour du Maiden alternant passages acoustiques calmes et passages plus heavy avec une tonalité de guitare suprenante puis encore une fois un break bien vu.
Ce qu’il ressort de ce « The X Factor », c’est un énorme boulot de composition, de travail, d’arrangements effectués par le groupe, et une volonté de proposer quelque chose de différent .. car OUI, cet album, malgré un début très Maidenien, propose une majorité de titres dans des styles nouveaux pour le groupe … avec en plus un nouveau chanteur … C’était très risqué de la part du groupe, mais aussi très courageux .. mais malheureusement beaucoup de fans n’étaient pas prêts à un tel virage, à un tel écart stylistique avec ses prédécesseurs …il marquait et posait les jalons qui allaient être utilsés sur les albums suivants et acceptés petit à petit par les fans.
« The X Factor » est peut être sorti trop tôt, ne bénéficiait peut être pas d’une production à la hauteur des ambitions du groupe .. et c’est dommage qu’il n’ait pas « rencontré » son public à sa sortie car il s’agit véritablement d’un très bon album, certainement le plus sous-estimé de la discographie de Maiden mais aussi le plus innovant. En dehors de 2 titres un peu loupés, le reste est vraiment très bon et permettait au groupe d’explorer de nouveaux horizons musicaux.
J’adore cet album, vous l’aurez compris et j’espère que ceux l’ayant laissé de côté il y a 25 ans, lui redonneront une chance.

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