BRUCE DICKINSON : « Tyranny Of Souls » (c) 2005

BRUCE DICKINSON : « Tyranny Of Souls » (c) 2005

Tyranny Of Souls
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Publié: 23/05/2005
J’ai découvert Bruce Dickinson en 1985 lors de l’achat de « Live After Death ». Plus rien ne fut pareil par la suite. Iron Maiden me fit entrer dans un nouvel univers, celui de la passion pour un groupe, une musique, ses à côtés, ses fans, et 36 ans plus tard, jamais ma passion n’a été aussi forte. Et Bruce Dickinson a été un personnage très important et ayant un rôle essentiel dans mon amour du hard et du heavy metal, mon « héro » en quelque sorte pour l’ado que j’étais .. et que je suis encore un peu quelque part. Bien sûr il y avait cette voix exceptionnelle et unique à la fois lyrique et énergique, mais aussi le frontman d’exception qu’il a toujours été, tellement à l’aise, interagissant en permanence avec le public, faisant des discours souvent piquant, ce côté acteur également. Il a tellement apporté à Maiden mais aussi à la musique. Et même lorsqu’il s’échappait en solo, il y mettait toute son âme, quelques fois pour le fun (« Tattoed Millionnaire »), d’autres pour rebondir après son départ de Maiden avec l’excellent « Balls To Picasso », ou pour surprendre son monde et couper temporairement les ponts avec le heavy sur « Skunkworks » pour mieux revenir au sommet de son talent avec les perles de heavy metal « Accident Of Birth » et « The Chemical Wedding » composés en grande partie avec son binome Roy Z. Alors qu’on le pensait totalement rassasié depuis son retour dans la Vierge de Fer en 1999, Bruce retourna en studio après la tournée « Dance Of Death » avec Roy Z pour enregistrer un nouvel opus qui vit le jour en 2005. Le chanteur anglais avait bossé sur des riffs envoyés par Roy durant la tournée précédente de Maiden. Cette fois ci, Adrian Smith n’était plus de la partie et la section rythmique était composée de Dave Moreno et Ray « Geezer » Burke (et Juan Perez sur 2 titres). Roy Z assurait toutes les guitares, quelques parties de basses, la production et le mixage de l’album.
A quoi pouvait on s’attendre sur ce nouveau LP ? La suite de « The Chemical Wedding » ? Oui et non … oui car on retrouve ici et la des riffs lourds, des ambiances sombres qui avaient fait la force du précédent album, non car on ne trouve pas trace ici de longs morceaux épiques à la « Jesuralem », « Book of Thel » ou « The Alchemist » . La durée des titres oscillent entre 3 et 5 minutes et visent avant tout l’efficacité mais aussi une certaine diversité et sur ce point, cet album se rapproche un peu de « Accident Of Birth ». Je pense notamment au très beau acoustique, mélodique et mélancolique « Navigate the Seas of the Sun » sur lequel la voix de Bruce est belle à pleurer, tantôt calme et posée tantôt s’envolant vers des sphères stratosphériques magnifiques, et puis Roy Z plaçant un solo électrique enchainé avec un soli acoustique hispanisant de toute beauté. « River of No Return » joue également sur les ambiances. Après un riff heavy en intro un peu trompeur, les couplets sont posés avec un Bruce tout en retenu, avec quelques notes de piano en fond puis les riffs heavy refont leur apparition durant le refrain avec un Bruce lachant les chevaux, quelques notes de synthé origniales ici et le là et ce riff magnifique me rappelant un peu le Dio des 80s tandis qu’un break étonnant survient, très heavy avec des sonorités de guitares peu communes pour Bruce, une basse bien grondante et un solo de guitare court mais très bon. Bruce arrivait encore à surprendre avec ce titre au final très riche malgré ses 5 minutes. Mais on retrouve bon nombre de titres heavy, tantot accrocheurs comme « Abduction » ayant un air de « Freaks » ou « Soul Intruder » très efficace … mais le côté inquiétant et sombre qu’on avait adoré sur « The Chemical Wedding » se retrouve sur le très bon « Kill Devil Hill » surtout durant les couplets tandis que le refrain se veut plus lyrique .. et que dire ce petit break calme avec piano, guitare acoustique et léger orgue absolument magnifique prouvant que le duo avait encore beaucoup de chose à exprimer. « Believel » confirme ce côté lourd, puissant avec son tempo pachydermique , son ambiance malsaine .. et cette légère accélaration bourgrement heavy avec la guitare de Roy Z nous vrillant les oreilles avec ses riffs implacables. Ca défrise et étonne et est en adéquation avec la pochette superbe mais terrifiante.
Mais le chanteur anglais n’oublie pas des pistes plus accessibles comme ce brûlot rapide, heavy mais tellement accrocheur qu’est « Power Of The Sun » immédiatement mémorisable, donnant une bouffée d’air frais entre plusieurs titres d’une sacrée lourdeur et ambiance étouffante.
Par contre le titre « Devil On a Hog » fait un peu figure d’ovni sur cet album car d’une légereté n’ayant finalement que si peu à voir avec le reste de l’album. Une ambiance assez hard rock . Surprenant mais le titre est réussi .
Ce 6eme opus solo de Mr Dickinson se termine par un joyau, un grand morceau de heavy metal, « Tyranny of souls » que n’aurait pas renié le Black Sabbath époque Dio. Le riff est heavy, très Iommi, le chant de Bruce très lyrique. L’ambiance s’énerve à 3min avec des riffs saignant et le chant de Bruce qui s’affole, le chanteur prenant plusieurs voix différentes comme pour exprimer cette folie et tyrannie de âmes. Roy Z se laisse aller à une belle série de soli et d’harmonies de guitares de toute beauté. On retiendra aussi ce refrain tellement magnifique. Un grand morceau et la meilleure façon possible pour terminer cet album magnifique.
Il était très difficile de donner un successeur au chef d’oeuvre « The Chemical Wedding » mais avec « Tyranny Of Souls », Bruce Dickinson prouvait qu’il avait encore de belles choses très intéressantes à exprimer en musique avec toujours une inspiration fertile. Un très bon disque complétant une superbe trilogie.

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