RIOT : « Thundersteel » (c) 1988

RIOT : « Thundersteel » (c) 1988

Thundersteel
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Publié: 24/03/1988

Je faisais une boufouille il y a quelques temps du 1er « Keeper Of The Seven Keys », disque absolument génial et fondateur de la vague speed mélodique / power des 90s. Et bien je pense Mark Reale n’avait pas du être insensible à ce disque et surtout à ce savant mélange de rapidité et de mélodie avec un chanteur à la voix haute perchée. Ensuite on dira que les comparaisons entre les 2 albums s’arrêtent là car ce « Thundersteel » est quand même différent de la pépite des Citrouilles allemandes … et également bien différent des 5 premiers albums du groupe. Ceux-ci donnaient dans le hard / heavy (même si certains titres du groupe montraient déjà une certaine vélocité comme « Warrior », « Fire Down Under » …) alors qu’ici la nouvelle bombe des américains donnait dans le speed mélodique très puissant. Et c’est ce qu’il ressort de cet album transpirant l’envie d’en découdre, avec une énergie folle même dans les titres mid-tempo. Mark Reale voulait marquer le coup de son retour à une époque où les ténors du heavy metal / thrash se calmaient (Maiden avec 7th Son, Slayer avec « South Of Heaven », Judas Priest avec « Ram It Down » …) …et pour se faire il avait besoin d’un line-up solide … et ce fut mission accomplie avec le bassiste Don Van Stavern avec qui il avait remonté le groupe, l’excellent batteur Bobby Jarzombek sachant marteler la double grosse caisse comme jamais et puis l’autre homme fort et marquant de l’album, le chanteur Tony Moore à la voix hallucinante, capable de grimper très très haut, mais à l’inverse d’un Kiske, il était aussi capable de durcir son chant avec un côté agressif proche des cris d’un Rob Halford. Pour compléter le tableau, le groupe proposait ENFIN une pochette sans son phoque, avec ici un robot tank décider à tout défoncer … et étant à l’image de Mark Reale et de cet album.
La rouste démarre à fond les ballons avec la tornade speed « Thundersteel » détruisant tout sur son passage. Ca va à 200km/h mené par la double grosse caisse déchainée, les riffs de guitare de Reale tranchant comme pas possible et le chant haut perché et énervé de Moore pour un titre qui entra dans la légence car également si accrocheur. Le speed mélodique à son apogée .. A peine remis de cet uppercut en pleine poire, voilà que déboule déjà « Fight Or Fall » faisant encore claquer le double grosse caisse et Reale dégainant un riff sacadé et heavy à souhait. Le refrain et le chant de Moore se veulent plus mélodiques mais le titre reste vraiment puissant et ce son guitare tout bonnement énorme ! Premier mid-tempo de l’album, « Sign Of The Crimson Storm » est une totale réussite, avec ce riff heavy rappelant DIO, et ce refrain encore si bien trouvé. Il est à noter l’énorme travail porté sur les mélodies et leur accroche, mais toujours incisives. Reale en profite pour balancer un solo magnifique sur ce titre heavy et rampant. « Flight Of The Warrior » repart de plus bel pied au plancher … Décidément, le guitariste a la rage …et cela ne se calme pas sur le rapide et heavy « On Wings Of Eagles » avec un riff tellement bien trouvé après le refrain. Mark Reale illumine encore une fois le titre de ses soli si bien trouvés, à la fois mélodiques et véloces. Quand on vous dit que Reale a bouffé du lion enragé … il poursuit le matracage en règle de nos oreilles et de nos cervicales avec l’excellent « Johnny’s Back », avec toujours Jarzombek martelant sa double grosse caisse, avec un Moore s’énervant en chant avec ses cris très halfordien malgré un refrain mélodique. A noter un excellent final du morceau. L’album défile et déja 5 speederies bougrement efficaces … qui laissent la place à un titre plus calme, le magnifique « Bloodstreets », véritable perle de l’album débutant par une guitare acoustique et un clavier / flûte du plus bel effet avec la voix magnifiquement belle de Moore arrivant .. avant que ne déboule un riff encore une fois fichtrement heavy de Reale … et non il ne s’agit pas d’une ballade même si son aspect mélodique et mid-tempo comparée aux autres titres énervés de l’album pourrait le laisser paraître. Un titre heavy et mélodique très émouvant où toute la classe de Reale (quel soli !) et Moore crèvent l’écran (ou les enceintes plutôt !).
Le joyau de speed metal ne termine de la plus belle façon avec l’épique et glauque « Buried Alive (Tell Tale Heart) » narrant l’histoire d’un homme porté pour mort et se réveillant dans son cerceuil (bonjour l’ambiance !). Cette pièce démarre durant plus de 2 minutes avec la guitare géniale de Reale démontrant quel grand guitariste il est avec une avalanche de soli magnifiquement mélodiques et beaux. Puis le morceau démarre sur un rythme lent et très heavy et d’une noirceur glaçant le sang … musicalement et vocalement rappelant Judas Priest. Certainement le titre le moins accessible de l’album mais à ne surtout pas négliger car vraiment réussi. Et puis ce final qui à chaque écoute me hérisse le poil et me fait froid dans le dos avec les gémissements de l’homme toujours vivant qu’on enterre (on entend les coup de pèle bouchant la tombe) …
Un disque, comme vous pouvez vous en douter à la lecture de cette chronique, m’a grandement marqué. J’avais acheté le 33t pour le Noël 1988, l’année de sa sortie donc et j’en étais de suite devenu accro .. et cela n’a pas changé. Un chef d’oeuvre de speed metal mélodique mais toujours avec une agressivité dans les riffs, dans le chant, dans l’ambiance des titres et dans cette prod à la fois claire et bougrement puissante. On est bien loin des productions dites speed mélo des 90s tellement soporiphiques et asceptisées ! Un album je trouve même avant-gardiste et ayant certainement eu une influence sur le « Painkiller » sorti 2 ans plus tard, tant certaines similitudes sont frappantes, aussi bien musicalement que dans la démarche.
On découvrait un « nouveau » RIOT, bien plus agressif et vindicatif que dans sa 1ère carrière mais tout aussi intéressant. Difficile pour moi de dire laquelle je préfère tant j’aime autant ce « Thundersteel » que les « Narita » et « Fire Down Under ». Le groupe ne fera jamais mieux par la suite et signe là son dernier chef d’oeuvre.

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