THE ROLLING STONES : « Hackney Diamonds » (c) 2023

THE ROLLING STONES : « Hackney Diamonds » (c) 2023

Hackney Diamonds
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Publié: 20/10/2023

Je n’ai jamais été le plus grand fan des ROLLING STONES mais j’ai toujours suivi, d’assez loin il est vrai, leurs sorties d’albums depuis que je suis en age d’écouter la musique. Ce qu’il en ressort, pour moi bien entendu, est seulement une poignée d’excellents albums sortis dans les 70s, d’autres assez inégaux mais contenant des titres ayant marqué l’histoire du rock dans les 60s. Ensuite, plus grand chose de mémorable depuis les 80s. Et puis voilà que le groupe nous produit ce qui ressemble à leur album d’adieu, « Hackney Diamonds » sorti aujourd’hui, dont le « Hackney » fait référence au quartier de Londres où tout avait commencé pour le groupe au début des années 60. Ce nom de quartier me parle particulièrement car Mr Adrian Smith (IRON MAIDEN) est également originaire de là, et avait monté avec ses amis et Nicko McBrain le groupe THE WHOLE POPULATION OF HACKNEY en 1985 après l’interminable tournée de Maiden, le World Slavery Tour, pour faire passer le temps durant la pause méritée du groupe avant l’enregistrement de leur album « Somewhere In Time » en 1986.
Je n’étais même pas parti pour écouter cet album des Stones, mais en mémoire des « Paint in Black », « Jumping Jack Flash », je me suis laissé tenter d’écouter quelques titres …. et là grosse surprise je me suis pris au jeux de donner sa chance à l’album car chaque titre écouté m’a fait son petit effet, aucun déchet alors que cela a toujours été la mauvaise habitude du groupe depuis plus de 40 ans. Autre surprise, cette énergie, ce côté très rock présent et qui a fait la réputation du groupe, avec pléthore d’excellents riffs de Keith Richards et Ronnie Wood, et bien sur Mike Jagger mes ami(e)s, juste impériale avec sa voix toujours présente, cette gouaille reconnaissable entre mille.
L’album est définitivement rock mais aussi varié. On commence avec ce « Get Close » mid tempo bougrement accrocheur avec déjà le chant et la voix de Jagger illuminant le morceau, les riffs présents sans trop en faire, une basse se faisant bien entendre et puis ce sacré bon solo de saxo, instrument qu’on entend rarement de nos jours. Que c’est bon. Le Pierres qui roulent poursuivent leur chemin avec le 1er single, « Angry » et son riff typique du groupe pour une piste plus légère mais tellement entrainante et qui tape dans le mille. Il y a longtemps que le groupe n’avait sorti un single si réussi.
Moment de séduction et de mélancolie avec la très belle ballade « Depending On You » à la très belle mélodie et me faisant penser par moment à ce que faisait Bon Jovi dans les 80s.
Grosse surprise avec l’énervé et presque punk (anglais) « Bite My Head Off » avec en invité de luxe Paul McCarney à la basse qui se fait plus que bien entendre et se payant le luxe d’un solo ! Si on m’avait dit que le groupe serait capable de balancer un titre à la Clash en 2023 avec les musiciens approchant les 80 ans, je vous aurais rigolé au nez !
Déjà le 5ème titre et aucun signe de faiblesse, bien au contraire le groupe propose avec « Whole Wide World » un superbe titre rock entrainant avec encore une fois des lignes de guitare super bien trouvées avec un côté brit-pop assumé mais avec les guitares au 1er plan et également 2 belles séries de soli. Il se dégage une belle énergie de ce titre, l’un de mes préférés de l’album et puis quelle mélodie sur des paroles évoquant notre monde partant en sucette.
Les anglais se rappellent leurs débuts et d’où ils viennent avec cette pièce calme et bluesy « Dreamy Skies » avec leur savoir faire dans ces guitares acoustiques, cet harmonica joué par Jagger nous transportant de l’autre côté de l’Atlantique en Nouvelle-Orléans. Les Stones ont toujours eu un côté groovy et dansant dans leur rock et on retrouve cette envie de bouger le bassin sur le réussi « Miss It Up ». Encore une fois, je suis agréablement surpris par l’énergie dépoyée par Jagger et ses comparses. Et ce n’est pas le rock nerveux « Live By The Sword » (hommage à Charlie Watts) qui va venir contredire cela, avec les riffs acérés de Richards et Wood, ce piano de bar jouissif, cette voix roquailleuse prise par Jagger rappelant l’influence que les anglais ont pu avoir sur des groupes comme Aerosmith ou les Guns n’Roses. A noter que la basse est tenue sur ce titre par Bill Wyman, bassiste des Stones de 1962 à 1993, et la batterie est issue d’une session d’enregistrement avec Charlie Watts (de même que sur « Mess it Up »).
Tous les titres sont réussis, certains avec des invités prestigieux : McCartney déjà évoqué, mais aussi Elton John dont la participation se veut discrète sur « Get Close » mais excellente et bien vue sur « Live By The Sword », et puis il y a Lady Gaga qui confirme une nouvelle fois quelle grande artiste et interprête elle est comme en atteste sa prestation parfaite sur la pépite « Sweet Sounds Of Heaven », titre le plus long de l’album avec ses 7min22 dans ce blues qui progresse d’un début calme posé, pour monter en puissance petit à petit, avec l’apparition de cuivres, Jagger et Lady Gaga se donnant la réplique et de leur voix et également Stevie Wonder au piano ! Que c’est bon et réussi ! Ce baroud d’honneur se termine de façon très juste avec « Rolling Stone Blues » minimaliste avec juste une vieille guitare acoustique, la voix de Jagger et son harmonica comme si le groupe voulait revenir à leurs origines dans le Hackney , là où tout avait commencé pour eux il y a plus de 60 ans. C’est épuré au maximum, on a l’impression que le groupe joue dans un garage mais c’est tellement gorgé d’âme, avec un blues venant de leur coeur et de leurs tripes. Le groupe ne pouvait pas mieux conclure cet album et peut être leur carrière discographique.
Vous l’aurez compris, j’ai été bluffé par ce « Hackney Diamonds » résumant à la perfection ce qu’étaient et sont encore les ROLLING STONES avec qui ce représente pour moi leur meilleur album depuis les 70s.